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sance, Aussi mon accusateur a-t-il, en omettant d'informer mes Juges de toutes ces choses, failit à la justice d'une façon déplora-
ble sous tous les rapports.
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Mais il a, deplus, manqué à l'honnêteté.
€ La Grande Guerre Ecclésiastique, » aceusait l'autorité ccelésiastique de n'avoir point condamné publiquement, avec éclat, la Comédie Infernale et d'avoir permis à l'auteur d'entrer dans le sanctuaire,
Pour le réfuter sur ce point et défendre l'autorité ecclésiastique, je cominençai par reconnaître que la forme de la Comédie Pnfernale avait un côté déplorable, mais qu'elle avait aussi un côté invulnérable ; que si on pouvait blâmer fortement la forme de ce livre, 11 n'était pas urgent de le mettre à l'Index ; que l'Evéque de Montréal et que Rome n'avaient point condamné prbliquement cette œuvre, mais qu'ils avaient donné à l'auteur les
conseils et les avis qui lui étaient nécessaires ; que la Comédie Infernale ne renfermait point de doctrines désavouées du St. Sié-
ge ; que l’auteur, étant connu de tout le monde pour un homme respectable et ayant conservé l'estime publique même après la publication de son œuvre, Mer de Montréal ne pouvait pas sans injustice lui refuser l'accès aux ordres sacrés,
Enfin, en terminant cette «Neuvième Lettre», je fis une déclaration couverte de mon propre nom, et dans laquelle je confessai ouvertement qu'en choisissant la forme de mon œuvre, j'avais eu tort. Je répétais que Rome ne m'avait pas mis à l’Index, mais j'ajoutais que le St. Siége m'avait dit ce qu'il fallait me dire. Je ne désavouais pas mon œuvre, par la simple raison qu’elle n’était point ouvertement condamnée et que le St. Office n'avait pas jugé à propos d’en défendre la lecture ; mais j'annonçais qu’à l'avenir j'évitcrais avec un soin scrupuleux de retomber dans les défauts que je confessais et qu’on m'avait reprochés.
En écrivant ces choses, je restais, je crois, dans le vrai. En effet, le St. Office, en censurant la forme de la Comédie Infernale,
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Puis, comme le décret du 24 Juin se contentait de dire qu'il réprouvait la forme de la Comédie Jnfernale, sans préciser en quoi elle était repréhensible : em cute opus quod ad formam attinet reprobusse, ne pouvais-je pas croire que tout ce qui tenait à la forme de la Comédie Jnfrrnale n'était pas également mau vais? La forme de cet ouvrage pouvait en effet être condamnable sous un rapport et ne pas l'être sous l'autre. Comme le St. Office ne précisait rien R-dessus, ne pouvaisje pas avoir le droit de dire: Bien que le forme del Comédie soit déplorable, elle 0 pourtant 1n côté vulnérable ? C'est ce cûté qu justifie l'autorité ecclésiastique de n'aroir pas condininé publiquement ce lirre el de s'êlre contentée de donner a l'auteur les avis et les conseils
qu'il réclamitit,
C'est ainsi que j'ai parlé de la Comédie Tafernaule. Mon aceusateur ne pouvait l'ignorer, Pourquoi done n’en a-til pas informé la Sacrée Congrévation ? Au lieu de prendre ma lettre dans son entier, il a eu le soin de choisir un seul passage, celui que publiait le Ærane-Purleur en date du 16 Janvier.
ce passage
Et comme , pris tsolément, &'est-à-dire sans le rapprocher du reste de la lettre, était la justification de ce que j'appelais le côté in vulnérable de la forme de la Comédie, 15 pu aisément faire croire au St. Office que, confondant la forme et la doctrine, je me permettais de justifier ce que le St. Siége avait réprouvé. A coup sûr, c’est à un manque d'honnêôteté qui n'est pas du tout rassurant pour moi. Car, pour peu que cet accusateur continue à me frapper ainsi injustement, en tronquant ct mes écrits et mes pensées, je serai bientôt devenu le mépris de ceux qui ne me connaîtront que par cet accusateur.
Ah ! les consciences honnêtes, les esprits élevés qui ont pu lire toute ma “ neuvième lettre ”, qui ont pu ainsi jugé du véritable