‹ [Lettre] [microform]Chapitre 4 sur 4 · AL · texte numérisé non relu

AL

D UE ie DD 0 DONNE

B. Oui, Allemand en effet, et je descends des an. ciens Germains,

G. C’est une belle-bibliothèque que vous avez ici vous autres ?

H, Oui, il y a joliment des livres.

G. Avez-vous des livres de Docteur aussi, car je voudrais consulter sur un cas qui... :

P. Ah ça, Docteur, laisses tes cas-là, et approches ici. (1! lui fait lecture de la lettre suivante.)

“ M.lEpiTEUR,—Que sont donc devenus les mouchards de la Gazette? Quoi! en être réduits à demander des affidavits sur ce qui s’est passé à cinq à six lieues de chez eux, aux yeux et au su de tout un comté. Celà n’est pas concevable. Y aurait-il eu défection dans la confrérie ?

“ Avez-vous bien senti toute l’effronterie...non, tout le ridicule de la proposition que vous me faites, M. UN An du statu u0, d'affirmer sous serment des déclarations que j'ai faites moi sous mon propre nom, accompagnées d’autres faits que je suis prêt à appuyer de la même manière à la demande d’un gentilhomme? Oui, un gentilhomme, car je ne sais si j'ai affaire à un polisson, ou un honnête homme, et le ton ni la manière D'UN Ami du statu quo ne sont de nature à éclaircir mes doutes à cet érard. Faites comme moi l’Ami; n’ayez pas honte de votre nom, ou plutôt écrivez de manière à n’avoir pas honte de le mettre au bas de vos écrits, et je suis prêt a vous rencontrer. Je vous aurais satisfait en homme d'honneur, si votre conduite n’eût été insultante au dernier point; mais je dois garder le silence tant que vous ne vous présenterez pas devant le public avec la même responsabilité que moi.”

“ Château-Richer, 18 avril 1834. #** Médecin.”

P. Allons, signe tout de suite, Docteur ?

G. Attends un peu... ; il y a une erreur ici... : tu l’a datée du Château-Richer, et je suis à Québec....., ainsi j’efface Château.

P. Eh non !... non..., tu vois bien que c’est pour faire croire au public que c’est toi-même qui a écrit cette lettre du C'hâteau-Richer ?

H. Oui, oui, il comprend bien cela à présent.

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Joix. Il est vrai que de ce temps-ci je ne me pos-

G. Eh! ma foi, mettez-y Château-Richer ou

Château Saint-Louis, ç’a m'est égal, quoique j'aimerais mieux être au dernier... Allons, signons.… mais je voudrais bien, réflexion faite, y mettre un petit post-rectum.

+ Dis donc un post-scriptum sac. . dié.... à la

fin tu me fera fâchér !

G. Eh bien ! passe pour Post-scriptum comme tu dis. Je veux que tu y mettes.… ‘ que si je rencontre maître statu quo au détour de quelque coin de rue, et qu’il ne soit pas plus fort que moi, que j'ai un bistouri, et que je lui...

P. Tiens, prends garde de te faire donner une dégelée, chose qui pourrait bien t’arriver si son poing est aussi bon que sa plume... Mais arrêtonsnous là ; nous avons fini de toi pour aujourd’hui ; tu viendra me trouver ici demain en cas que nous ayons besoin de tes lumières ?

+ Ah! ça, écoutez donc un peu ?.... Croyez- Vous que vous allez me tenir sur les chemins da Château-Richer jusque ici pendant long-temps eucore. Souvenez-vous que je suis à mon quatrième Yoyage depuis dix jours pour cette belle affaire-là.… J'ai un malade à qui Je devais arracher ayant-hier quatre dents, et pour avoir retardé Je serai peutêtre obligé de lui casser une bonne partie de la machoire.

H. Allez, Docteur, je vous mettrai dans les contingens.

G. A la bonneheure, et bon jour donc.

Tous trois : Bon jour, bon Jour.

G. revenant sur ses pas : Tiens, pendant que J'y penses, je voulais chercher un mot dans le diction-

naire de l’Académie, pour m’assurer d’un certificat que j’ai donné pour empêcher un témoin de paraître. Eh ! maisje ne le trouve pas ?... Qu'’estce que cela veut dire ?

P. Tu l’a peut-être mal écrit ?

G. Tonnerre ! c’est pourtant vrai. .… Imaginetoi que pour dire qu’il avait le mal de foie, j'ai écrit

\ sèdes pas,

P. Tu en a probablement fait bien d’autres ? |

G. C’est une affaire faite enfin.

Il sort.

P. Eh ! bien, qu’en pensez-vous ?

B. Je penses moi qu’il faut que nous soyons terri- Lblement bas, pour être réduits à employer de pareils gens.

P. C’est bien vrai...mais après-tout.….....… conmdérez donc sac...dié que c’est le nombre et non la qualité qu’il nous faut pour une affaire de signatures.

B. Oui en effet, c’est comme parmi ceux qui ont voté les 92 résolutions.

P. Tenez, je vous dirai moi que toute cette affaire du Château Richer vient de l’échaffourée de B....d,... Il n’en fait jamais d’autres comme vous le savez ? Il a d’abord fait trois ou quatre voyages coup Sur coup dans l'endroit, tout de suite cela a éveillé la curiosité... Il a été faire des discours à des gens qui se moquaient de lui; et puis il a fini par confier la direction d’une affaire qui demandait, toute l'adresse, l'astuce, Pintrigue et le secret, et vous voyez par l'échantillon de l’homme qui vient de nous laisser comment ça devait tourner, et que cela a tourné en effet à notre honte sac..dié, et je ne m’en cache pas...et voyez.

Les deux autres ensemble. Ah! oui ce n’est que trop vrai.

H. Voyez comment je m’y suis pris moi à la Pointe-aux-Trembles, dans mon comté de Portneuf J'avais tous préparé d'avance ; j'étais sûr de mon monde. Je n’ai pas été si fou d’y aller moi-même, mais j’y ai envoyé un autre moi-même (et je vous le nommerai une autre foi). Tout ne s’y est-il pas passé admirablement, superbement.....il n’y a pas ea d’anicroches,..vous n’avez pas vu de réclamations, et j'espère qu’il n’y en aura pas non plus.

B. Vous n’aviez donc pas employez votre c....….e qui est sur les lieux ?

H. Quoi..cette vielle machine qui n’est bonne qu'à se gratter les dents... Ah! oui; Ilen aurait ait de belles !

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B. J'admire votre adresse! Mais surtont à lé. gard de cette affaire de la gratture ou de la rature du billde.… Ah! celle à !.…celle là!

H. Et qu'est-ce que vous y trouvez à redire ?— N’était-ce pas bien arraugé, bien imaginé... Quand j'y pense...

B. Ah ! oui, c’est fameux cela.

H. Je vous en conterais bien d’autres si javais le temps, mais il ÿ a une certaine affaire qui se brasse,

il faut que je vous laisse pour en avoir des nouvel. les. Adieu,

II sort, 3ME SCENE.

B. Nous avons dans H. un trésor... Vraiment ses intrigues sont admirables! Je ne puis m’empécher de lui rendre ce témoignage, quoiqu'il se soit servi des mêmes intriy nes, Pour opposer mon élection,

P. Oui, mais avec toute soi intrigue, sa brigue et tout le reste... sac..dié il ne m’a pas fait avoir un seul sol durant la dernière session. et.

n domestique entre et remet un billet à M. P.— M, “hé l'avoir lu P. Tiens c’est un billet de Bd qui m’annonce qu'il y a réunion chez lui dans un quart-d’heure, pour affaires pressantes… Allons. On trouvera là quelques bonnes têtes... et nous en viendrons à quelque conelusion sans doute.

B. De tout mon cœur, je vous suis.

P. Attendez, il faut que J’emporte avec moi mon ouvrage chéri.

B. Le quel.

P. Celui-ci “ Essai sur les Révolutions?

B. En effet, c’est un ouvrage de circonstance. Je le lis assidument tous les jours, et je l’explique tous les soirs à mes voisins du Faubourg... Si vous voyez comme ils ouvrent les yeux à de certains passages. Us s’imaginent déjà être à la tête des affaires, sous le nouvel ordre de choses. Mais entre nous soit dit, il n’en tâteraient guères. Car après que nous

serions tous placés, il resterait peu de’ chose pour eux.

P. C’est pourtant bien vrai dans le fonds. Mais tâchons de Aire en sorte qu’ils ne s’en apperçoivent que dans ce temps-là.

B. Ga leur a déjà été dit par ce Statu quo de la Gazette.

P. Je voudrais bien le voir au diable Mtre. Statu-

B. Il faut avouer qu’il nous a mal menés depuis quelque temps, et il n’a pas la mine de vouloir en rester là.

P. On le découvrira et il s’en rappellera

L’Ami DU Statu quo. Oui, tâchez de l’attraper. UN aux pu Stéatu quo.

Québec, ler mai 1834.

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