[Lettre] [microforme]
C’est avec chagrin et étonnement que j'ai lu la lettre que Votre Grandeur a adressée la 6 Courant à Monsieur le Docteur Trudel. et qui a été Publiée avec votre Permission dans lo “Monde ” du 9 courant (Edition de 4 h.).
Je dis avec chagrin, Parceque je ne puis voir dans cette lettre, destinée à la publicité, qu'une déclaration de Suerre à l’Université Laval, à la presqu'unanimité de l'épiscopat de la Province, en particulier à celui qui aujourd'hui Souverne Ie diocèse 4e Montréal, et au Saint Siège lui-même, À plusieurs reprises on m'avait dit que Votre Grandeur était au fond de cette Opposition faite À une Institution Catholique et à l’évêque de Montréal ; je
dans un document public ce que J'étais disposé à regarder comme un jugement téméraire.
Je dis avec étonnement, parce qu’en lisant le second alinéa de cette lettre, on est en droit d’attendre que Votre Grandeur se conformcra au devoir qu'Elle s’est imposé de ne Plus se méler en
de ne pas être un obstacle à la paix. Par malheur, la suite de ce documént ne s’accorde guère avec ce devoir et ce désir, qui sont de nouvezu exprimés à la fin,
Votre Grandour Proteste qu’'Ælle va s'arrêter à certains faits sans prétendre les discuter, encore moins les juger. N ouvelle surprise ménagée aux lecteurs, car immédiatement après cette protestation viennent la discussion et le Jugement d’un fait. La déclaration du Saint Siège est discutée, puis Votre Grandenr Juge qu'aujourd'hui :/ est Prouvé que l'Université Laval n'a pas le groït d'établir une succursale à Montréal, La Preuve est encore à faire devant les tribunaux auxquels l'Ecole s’est adressée, imitant certains hommes de France qui disent tout crument aux Institutions
Catholiques : Vous n'êtes pas autorisées, allez-vous en. Quand le pour et le contre auront eté exposés je les habiles légistes chargés de cette cause, il est très possible que le jugement porté d'avance et ex arte par Votre Grandeur contre l'Université, ne soit pas confirmé.
Lu lettre continue: Puisque aux yeux du Saint Siège cette succursale n'existe pas, aucun catholique n’est obligé d'en prendre la défense. Nouveau fait discuté et jugé par Votre Grandeur malgré sa propre protestation de ne vouloir faire ni l’un ni l’autre. Tout à l'heure, c'était un jugement civil, maintenant c’est un jugement canonique et apostolique. Voyons un peu s’il est bien fondé.
Son Eminence le Cardinal Simeoni, l’unique organe du Saint Siège pour cette Province, en sa qualité de Préfet de la S. C. de la Propagande, et de plus l'organe unique ct spécial en ce qui concerne l’Université Laval, dont il est nommé le protecteur par la bulle du 15 mai 1876, n’ést pas de l'opinion de Votre Grandeur, car il croit que la succursale de l'Université Laval existe bien et dument à Montréal. Le 14 juin 1880, Son Eminence écrit au Recteur : ‘“ Cela me réjouit de pouvoir vous assurer que, de son ‘ côté, la S. C. NE CESSERA CERTAÏNEMENT PAS DE SOUTENIR, AVeC “ toute la fermeté possible, les décisions émanées après long et “ mûr examen pour l’Université de Québec et POUR SA SUOCUR- ‘ SALE À MONTRÉAL .”?
Je prie Votre Grandeur de remarquer que le mémoire de l'Ecole avait été distribué deux mois auparavant aux membres de la $S. C. de la Propagande, comme Son Eminence m'en a informé par une lettre du 13 avril. On avait bien eu le temps dans ces deux mois de connaître et d’apprecier l’objection faite contre la légalité de la succursale, et cependant, loin de dire que cette succursale n'existe pas aux yeux du Saint Siège, le Cardinal déclare que la S. C. ne cessera certainement pas de la soutenir !
Le 7 janvier dernier, dix mois après la distribution du susdit mémoire de l'Ecole, à l’occasion d’une lettre du Recteur qui informait le Saint Siège du procès dont on menaçait l’Université Laval, à l’occasion de la succursale, le même Cardinal Préfet écrit au Recteur, ‘“ J'ai appris avec chagrin qu'on préparait de “ nouvelles misères à la succursale de l'Université Laval à Mont- “ réal.” Pourquoi tant de chagrin si la succursale n'existe pas ?
Son Eminence ajoutait ces paroles qui indiquent non seulement sa foi, mais son dévouement à l’existence de la succursale : “ Pour aider, autant que je le puis, à la démarche que vous m'ap- “ prenez de l’Archevèque et des Evèques de la Province (il s’agit “ de la pétition à la Reine, signée par tous les Evêque), je vais