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“écrire à l’Em. Cardinal Manning, Archevèque de Westminster, ‘“ pour le prier de recommander favorablement, si cela lui est ‘“ possible, auprès du gouvernement anglais, la requête présen- “ iée à la Reine par leurs Grandeurs .” Le 9 février, le Cardinal Préfet m'informe que S, E, le Cardinal Manning offre ses servi-
ces et est prêt à donner son appui à une nouvelle démarche auprès de Sa Majesté,
Comment expliquer cette sollicitude du Cardinal Préfet, si la succursale n'existe pas ?
Personne ne songe à faire du projet de loi un article de foi dont la dénégation soit entachée de schisme et d’hérésie.
Mais il y a d’autres graves considérations dont un bon et sincère catholique peut et droit tenir compte.
Pour expliquer et Prouver ma pensée, j'en appellerai aux propres sentiments et aux souvenirs de Votre Grandeur,
À l’époque où il était question de faire reconnaitre par l’autorité civile l'érection des paroisses de Montréal, faite par l’ordre et suivant la forme prescrite par le Saint Siège, qu’eût pensé et dit Votre Grandeur si son Coadjuteur avec future succession, où quelque membre de son chapitre, ou l’Archevêque de Québec, eût adressé, avec permission de la publier, une lettre au chef des Opposants, contenant, avec les propres paroles dont Votre Gran-
deur se sert aujourd’hui, la solution d’un cas de conscience comme suit:
“Il s’agit Maintenant, pour donner une existence légale à “ cette paroisse, de recourir à la Législature provinciale, Mais “on en fait dès lors une mesure civile et politique. Pour agir « constitutionnellement, il devient nécessaire de la soumettre aux ‘“ discussions publiques dans les.chambres et dans les journaux. # Chacun est libre par là-même de l’admettre ou de la rejeter “ selon sa conscience, et le Saint Siège n'interviendra certaine. “ ment pas pour imposer silence à ceux qui s’opposeraient à cette ‘ mesure; où pour obliger les députés à voter pour, contrairement “à leur sentiment. Aucun décret à ma Connaissance n’est émané “de la S. C. et approuvé par le Pape, pour intimer aux catholi. “ques l'obligation de se conformer au projet de bi!! soumis aux “ chambres et leur defendre, par conséquent, de s’y opposer en “aucune manière. Ce qui a pu se Cire À ce sujet est trop vague “ pour imposer à la conscience catholique une si grave obliga- “tion”,
Quiconque connaît combien Votre Grar l'autorité diocésaine fût respectée, devine Grandeur aurait dit en pareille circonst
eur tenait à ce que ‘a aisément ce que Votre ance à celui qui se serait
interposé entre cette autorité et ceux qui auraient voulu trouver contre ele un appui à leur liberté, Il me fait grandement peine, Monseigneur, d’avoir à écrire ainsi à Votre Grandeur, mais comme Archevèque de cette Province, je Gois protéger mes suffragants quand on cherche à miner leur autorité; comme chancelier ED ed eu l’Université Laval, je dois protester contre ces influences indues et extérieures que l’on met en jeu contre elle ; j'ajouterai un motif que Votre Grandeur ignore probablement, mais qui me justifiera pleinement dans ma démarche,
Le 17 septembre 1878,.quelques semaines après la mort de Monseigneur Conroy, Son Eminence le Cardinal Siméoni, après avoir rappelé les principales questions réglées par le Délegué Apostolique, ajoute ces paroles qui sont pour moi un ordre manifesté sous forme d’exhortation :
“ (est pourquoi j'exhorte Votre Grandeur à vous appliquer ‘“ avec un très-grand soin (sammopere studeas) à procurer l’obser- ‘“ vance stricte des résolutions de cette S. C., et des déclarations “ de la S. Inquisition, et de veiller à ce que personne ne s’en ‘“ écarte, jusqu’à ce qu'un nouveau délègué puisse continuer “ l’œuvre de Mgr Conroy.’”’
Or, Votre Grandeur sait parfaitement que la succursale a été solennellement et authentiquement établie à Montréal en présence et du consentement de tous les Evêques de la Province. Il est donc de mon devoir, du moins je le comprends ainsi, de la maintenir aussi longtemps que le Saint Siège ne l’aura pas abolie.
Encore un mot et je finis. Votre Grandeur sait que le Saint Siège a érigé en France des Universités sans attendre le consentement de l'autorité civile; et aucun bon catholique n’oserait lui contester ce droit. En France, aucun bon catholique n’aurait ose faire opposition à la reconnaissance civile de ces institutions. Qui peut plus, peut moins; le Saint Siège a établi ot sanctionné et maintenu une succursale à Montreal, malgrè les longs mémoires présentés pour l'empêcher ou la faire détruire; je laisse à la conscience de tout bon catholique à tirer la conclusion pratique.
Je prie Votre Grandeur d’agréer l'assurance de mon respect et de mon dévouement,
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