‹ Lettre pastorale de Mgr. de Montréal sur les quarante heures de 1872 et 73 [microforme]Chapitre 1 sur 4 · QUARANTE HEURES DE 1872 ET · texte numérisé non relu

QUARANTE HEURES DE 1872 ET

EGnace BourGer, par la grâce de Dieu et du Siége Apostolique, Evêque de Montréal, etc.

Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés Reli-

gieuses et d tous les Fidèles de notre Diocèse, SALUT ET BÉNÉDIOTION EN NOTRE SEIGNEUR.

Depuis l'institution des Quarante Heures, Notre Sei &neur, dans son infinie bonté, veut bien, N. T. C. F., faire, Chaque année, le tour de tout le diocèse, en allant de ville en ville, de paroisse en paroisse; de communauté en communauté, pour ‘évangéliser les âmes et courir après les brebis égarées de la maison d'Israël.

Il répand partout les bienfaits de son amour, et son passage est marqué par des prodiges éclatants, qui annoncent la présence d’an Dieu aussi bon que puissant. ‘Car les pécheurs sont convertis, les justes affermis, les tièdés ranimés, les faibles fortifiés, les afligés consolés. Ne faut:il pas en conclare que cet incomparable Maître fait aujourd’hui, pendant les Quarante Heures, ce qu'il faisait pendant sa vie mortelle, en parcourant les villes et les bourgades de la Judée ? La même puissance qui

s’échappait alors de son adorable personne, qui était visible aux hommes, ne s’éxhale-t-elle pas de son divin corps, caché dans la sainte hostie ? Wirtus de illo exibat et sanabat omnes.

Ainsi, N. T.C.F., une heureuse expérience vous a appris que les’ Quaranté Heures sont Vraïment des temps extraordinaires de miséricorde : tempus acceptabile ; de vrais jours de joie et de salut, dies salutis. C'est donc avec bonheur que vous les voyez revenir au bout de chaque année, et que vous vous préparez à cette grande solennité, avec tout:le soin possible, pour participer abondammenñt'aux précieux avantages/qui y bont attachés! Aussi, n’avons-nous rien à vous dire, pour vous engager à célébrer avec piété les Quarante Heures, puisque vous en avez déjà contracté la sainte habitude.

Toutefois, Nous ne laisserons point passer l’époque ordinaire de l'ouverture des Quarante Heures pour tout lé Diocèse, sans élever la voix pour m’entretenir avec vous de ces saints exercices. |A cette: fin, Nous allons, dans cette Lettre Pastorale, nous arrêter à considérer les touchantes cérémonies qui s’observent dans cette grande solennité, Car elles sont, pour les âmes pieuses, des signes sacrés qui renferment des trésors de grâces, des nuages bienfaisants qui répandent la céleste rosée dans les cœurs bien préparés et des ruisseaux intarissables qui coulent le lait.et le miel, c’est-à-dire l'abondance des douceurs spirituelles. Puisse cette Instruction être comme la trompette bruyante qui annonçait chez les Juifs le retour des grandes fêtes de la nation et vous tenir lieu de Prédicateur. Car, comme vous le savez, il n’y a pas d’autres prédicateurs, pendant les Quarante Heures, que Notre Seigneur. Aussi, allez-vous l'écouter, dans l’intérieur de votre âme, avec une sérieuse attention ; prêtez bien toute votre attention; car il va parler à vos cœurs et vous attirer à lui par le ravissant spectacle des saintes cérémonies, D Po Ra Or, toutes ces pieuses cérémonies ont été instituées

par l'Eglise pour nous faire bien comprendre que Notre Seigneur doit être honoré, dans le très Saint Sacrement, comme .notre Dieu et souverain maître, comme notre Sauveur et Rédempteur, comme notre père et notre ami, comme notre compagnon de voyage dans le pèlerinage de la vie. Or,il nous sera facile, en contemplant ces augustes cérémonies, de nous bien pénétrer du religieux sentiment qui doit nous animer tous, en offrant à ce roi des siècles, à ce Dieu qui se rend invisible, en se cachant dans son vénérable sacrement, tout honneur et toute gloire. Regi sæculorum. immortali et invisibili, soli Deo honor et, loria in sæcula sæculorum. Amen.

Nous allons donc entrer dans l'esprit de ces saintes cérémonies et tâcher d'en saisir le sens pour qu'elles soient comme les symboles de notre foi, les images de notre piété, l’enseignement de notre religion dans les pieuses pratiques que nous avons à suivre, pour honorer, glorifier et aimer Notre Seigneur Jévus. Christ dans l’adorable Sacrement qui est l'invention la plus admirable et l'œuvre la plus fasomgrhenelble de son amour pour les hommes

S1.—Du.S0N DES CLOCHES.

Les Quarante Heures s’annonçent dans les villes comme. dans les campagnes, pa; le son joyeux des cloches de l'église dans laquelle elles doivent se fai . Le son béni de ces cloches remplace, chez les chrétiens, le bruit éclatant des trompettes, qui annonçaient aux Juifs les fêtes de. la nation: Canite tuba in Sion. Avertis par. ces instruments retentissants, ils se réunissaient dans le lieu saint pour la prière et le sacrifice: Quibus. ….populus monitus, ad. te adorandum fieret. praparatus. et. ad celebrandum sacrificia conveniref, etc. Pont. Rom.

Aussi l'Eglise, on, bénissant les cloches, ne manque. telle pas d’avertir ses enfants qu’un des usages sacrés, auxquels elles sont destinées, est d'inviter les fidèles à la.

récompense qui attend ceux qui sont attentifs à rendre à Dieu les honneurs qui lui sont dûs: Ut per tllarum tactum fideles invitentur ad præmium. Mais, N.T.(:F. que faut-il entendre par ce prix, cette récompense, dont il est ici question, sinon la vraie dévotion, le sentiment affectueux d’une foi vive, la paix délicieuse d’une bonne conscience, enfin toutes les émotions, les douceurs intérieures que l’on ne peut comprendre qu'en les goûtant et savourant. Ut cum melodia illarum auribus insonuerit populorum, crescat in eis devotio fidei.—(Ibid.)

Les cloches, par la bénédiction qu'en a faite l'Eglise, font donc sur les âmes des impressions singulières, quand elles annoncent la grande solennité des Quarante Heures. Et en effet, dans leur langage secret, mais toutà fait entraînant, elles. invitent tous les fidèles à se bien préparer à la visite du Seigneur. Venez, leur disent elles, vous réjouir dans le Seigneur, faites retentir les airs de vos jubilations dans ces beaux jours de fête, invitez le Dieu du ciel 4 descendre sur la terre et venez l’adorer sur le trône qui lui est préparé et où il va s’asséoir plein de grâce et de vérité. Venite, exultemus Deo salutari nostro

Venite, adoremus et procidamus ante Deum.

À ce son téni, la joie se répand dans les âmes, les cœurs se dilatent et de douces larmes coulent sur toutes les figures attendries. Ah! c'est que la grâce des Quarante Heures commence ses divines cpérations et fait entendre cette voix: Voici l'Epoux qui arrive; allez au devant de lui, en préparant vos cœurs à recevoir les bénédictions célestes qu’il vous apporte eten rendant droits les sentiers qui conduisent à lui: Ecce sponsus “venit ; eite obviam ei.

Ces mêmes cloches sonnent le jour et la nuit pendant le saint temps des Quarante Heures, pour inviter tous les fidèles qui sont à leurs travaux ou à leurs maisons à s'unir aux ferventes prières qui se font au pied du saint Autel, afin que tous n'aient qu'un cœur et qu’une âme pour louer, honorer etaimer à jamais le Frès-Saint Saoreinent. Elles

les avertissent, par leur douce harmonie, de venir à leur tour rendre leurs hommages au Roi des Rois qui les attend pour les combler de ses dons. Elles leur disent que ce Roi bienfaisant y donne un grand ?sstin, et qu'il désire Aardemment que tous s’y rendent avec empressement. Venite ad nuptias. Elles se font entendre à tous ceux qui sont dans la peine et l’afliction, pour les engager à venir chercher auprès de lui le soulagement à toutes leurs misères. Venite ad me :qui laboratin et onerati estis; et ego reficiam vos. Oh! que de beaux sentiments de piété et de religion ces cloches excitent et font naître dans les Ames :ferventes! Prêtez toujours, N. T: OC. F:,' une oreille attentive à … appel e mi vousen serez oi eng émus. : {

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