‹ Lettre pastorale de Mgr. de Montréal sur les quarante heures de 1872 et 73 [microforme]Chapitre 2 sur 4 · SIL.—DR L'RGLISR ET DE L'AUTEL DE L' BXPOSITION · texte numérisé non relu

SIL.—DR L'RGLISR ET DE L'AUTEL DE L' BXPOSITION

Si Je son béni des cloches: fist les oibilles, pour porter au fond des âmes les douces émotions de la foiet. de la piété, la décoration de l'église et'de l'autel où est exposé le Vénérable Sacrement, frappe les: yeux, pour inspirer, par leur éclatextérieur, la religieuse vénération dont doivent être pénétrés tous les cœurs en peuon de ce grand Roi. ::

‘Eten effet, l'église, par l'extrême minaesé qui règne. dans toutes ses: parties, par lPélégance de ses tentures, par l’éclat de ses décorations,se trouve comme métamorphosée en un temple: tout nouveau. En y entrant;:on sent-intimement-que l’on est dans le: palais du Roi du ciel et de la terré ; que c’est là le‘temple du Seigneur, la maison de prières, le sanctuaire de la divine Majesté, le lieu terrible où l’on n'entre que: pénétré d’une crainte respectueuse, la maison de Dieu lui. sens la rt ms ciel. Vocabitur aula Dei. î |

À l’extrémité de ce temple, devenu. south oèye megni. fique, s'élève l’antel sur: lequel:doit être exposé: aux

-adorations des anges et des hommes, le Très-Saint Sacrement pendant les Quarante Heures. Au sommiet de cet autel brille, au milieu d’une multitude de flambeaux ardents; le trône du Dieu de majesté, qui règne au plus baut des cieux, dans la splendeur des saints. Au pied sont placés des prie-Diew ornés pour les ministres de la Religion, qui étant les anges de la terre, doivent se succéder pour adorer jour et nuit le Pasteur des Pesteurs en la compagnie des Anges. SN

C'est à cet autel! que se: célèbre guiriadiment, la Messe que l'on appelle de l’Erposition, pour y consacrer l’hostie sainte, qui recevra, péndant les Quarante Heures, tant d'hommages, et à laquelle seront offerts tant d’honneurs, tant d'adorations, tant de louanges. : Une onction divine se répand dans les esprits et les cœurs de tous les assistants, qui se sentent plus vivement pénétrés et touchés par le spectacle des saintes cérémonies qui se dérou lent à leurs regards. par les chants sacrés qui retentissent

à leurs oreilles, par l'attitude religieuse des pieux fidèles qui sé présentent en foule à la: sainte table. Tous alors éprouvent ces vives émotions qu’exprimait si éloquemmentSt J:-Ghrysostome parces paroles : Lorsque, disait-il à son peuple, vous vous trouvez réunis dans le lieu saint, pour y assister à nos redoutables mystères ; lorsque vous apercevez à la sainte table la multitude des commuuniants qui s'en approchent avec un profond respect ; lorsque vous voyes leurs lèvres teintes du sang de Jésus-Christ, eu vérité, vous croyez-vous encore sur la terre? Ne vous semble-til pas plutôt que vous êtes au ciel, au pied du trône de Dieu et au milieu des anges et des:sainis? : Cette messe solennelle n’est pas plutôt terminée, que Fôn comrience à rendte à Notre Seigneur, présent dans ke divine Bucharistie, les honneurs qu'il vient recevoir pendant les Quarante Heures. . On accueille d’abord en triomphe, en le portant en procession tout autour de l'église qu'il a choisie pour y être adoré, loué et:aimé par ss dévots et fidèles serviteurs. On lui offre, sur:son

passage, le pur encens des plus ferventes. prières et on salue sa bienheureuse arrivée dans ce lieu de misères par les cantiques les plus affectueux. Pendsat que l'encens brûle et que le son harmonieux des cloches se mêle à celui des voix et des instruments de musique, ce bon Maître répand à pleines mains ses grâces et ses bénédictions. Pertransiit benefaciendo et sanando omnes,, Après celte procession pompeuse, qui exprime si admirablement bien l'entrée triomphante de Notre Seigneur dans la ville et le temple de Jérusalem, l’adorable Sacre-

ment es! respactueusement déposé sur le trône qui lui a

été préparé. Alors se chantent, avec un saint ,enthousiasme, les litanies des saints, pour inviter la, glorieuse Mère de Dieu, tous les anges et tous les bienheureux do la Cour du ciel à s'unir aux enfants des hommes qui gémissent, dans cette vallée de larmes, pour, honorer dignement le Dieu,qui ne cache ici-bas sa divinité et son humanité que pour mieux faire éclater sa Charité dans la divine Eucharistie., Latet divinitas, latet humanitas : sola patent viscera charitatis. S, Bern.

.: Remarquons maintenant, N.'T. C, F., que cette pompe extérieure, ces majestueuses cérémonies, çette musique religieuse, ce chant sacré, ne sauraient manquer de produire des inypressions salutaires ; en, voici. un, exemple entre mille. , Dans le dernier siècle, deux hommes sans religion.se rençontrèrent dans une église en,un jour où l'on, y. célébrait uge, grande. et belle fête, Après avoir

contemplé quelque temps ce spectacle, qui était nouveau

- pour eux, car ils n'assistaient guères aux saints offices, l’un

ALny,a plus à, tenir. 11 faut avouer que, par ses ‘beaux, chants, ses grandes cérémonies, son, brillant ‘ luminaire, ses éclatantes parures, la religion s'empare ‘de, Lespnit.et du, cœur”; Hélas! il parlait, ainaj parue que,son cœur dépravé. refusait opinidtrément de,se rendre aux toughes intérieures, de, la grâce divine qui. le pressait. fortement de revenir à Dieu par une sincère

pénitence. Mais pour ce qui est des bons chrétiens, qui ne considèrent qu'avec les yeux de la foi, les saintes solennités de l'Eglise, que de pures et délicieuses jouis-

sances ils y trouvent! Satiabor cum apparuerit gloria |

tua.

Page 1