‹ Lettre pastorale de Mgr. Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 1 sur 2 · SALUT ET BÉNÉDICTION · texte numérisé non relu

SALUT ET BÉNÉDICTION

Nos BtEn-Aimés FRÈRES,

La voix pleine d’auterité du Souverain-Pontife, Vicaire de Jésus-Christ et le Chef visible de l'Eglise sur la terre, invite de nouveau les membres &e son nombreux troupeau à unir la prière, le jeûne, l’aumône, avee la digne réception des sacrements de Pénitence et de la sainte Eucharistie, — conditions ordinaires pour gagner une indulgence plénière, -- tandisque lui même de son côté emploie le pouvoir des clefs qui lui est confié pour euvrir le trésor spirituel de l’Eglise,----les mérites de Jésus-Christ at de ses Saints,---en accordant l’Indulgence d’u:. Jubilé à tous les Fidèles qui remplissent les conditions prescrites.

La Sainte Ecriture nous enseigne que «la vie de l’homme sur la terre est un combat.» (Tob. vir. 1.) Le royaume des cieux souffre violence et les violents seuls le ravissent. (Mat. xr. 12.) « Le démon votre ennemi rôde sans cesse autour de vous comme ua lion rugissant, cherchant qui dévorer. Résistez-lui donc en demeurant fermes dans la Foi. (S. Pierre, 8. v.)

Les armes du chrétien dans ce combat spirituel sont la vigilance, la prière, le jeûne, l’aumôûne et la fréquentation des Sacrements.

J.G. notre maître ei medèle, dans le commencement de sa vie publique, immédiatement après som baptôme par St. Jean, lorsque en confirmation du témoiguage de St. Jean le St. Esprit,

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sous la forme d’une colombe, vint se reposer sur la tête de No tre-Seigneur et que le Père le proclama du sein d'un nuage en disant : « Celui-ci est mon Fils bien aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances,» J..C. alors se retira dans le désert pour se livrer au jeûne pendant quarante jours et communiquer avec son divin Père dans la prière et ainsi se préparer pour sou COMbat spirituel avec le tentateur avant qu’il cemmençât son miaistère public.

Durant teute cette période de ce ministère actif,--les trois années pendant lesquelles « Il passait en faisant le bien,» app®lant ses apôtres, instruisant ses disciples, guérissant les malades, ressuscitant les morts, convertissant les pécheurs, etc.,etc., c'était sa coutume de se retirer sur les montagnes ou bien dans d’autres lieux isolés pour prier, et ILavertissait ses apôtres de « prier toujours,» leur enseignant qu’une certaine classe de démons ne peut être chassée et bannie que « par la prière et le jeûne»

La nuit avant sa passion, Il pria avec anxiété et ardeur pour se préparer aux terribles épreuves du lendemain qu’il prévoyait qu’il aurait à souffrir, et Il avertit ses apôtres dans le jardin «de veiller et de prier, de peur qu’ils ne succombent à la tentation»

Ainsi NotreSeigneur ron-seulement nous enseigne et Rous exhorte,par des préceptes souvent répétés, à la prière,mais aussi il nous donne l'exemple de son recours personnel à ce deveir sacré de prier Dieu en tout temps mais surtout dans les afllictions et les tentations.

Dans le douzième chapitre des Actes des Apôtres meus lisons que, après le martyre de St. Jacques, St. Pierre fut aussi arrêté et gardé en prison pour être mis à mort, par l’ordre d'Hérode afin de plaire aux Juifs. ‘ Mais l'Eglise toute entière se mit en prière pour lui.” [Verset 5.] Dieu envoya un ange pour délivrer St. Pierre des chaînes et &e la prison ; tandis que de son cruel persécuteur, le roi Hé;éde, nous lisons vers la fin du même chapitre: ‘Et au mêm; :yatent l'Ange de Dieu le frappa, ru, 6t étant mangé par les vers, il expira. [Verset 23.

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= Telle fut l'efficacité des prières des fidèles qui obtinrect la délivrance de St. Pierre, le premier Pape—tel fut le châtiment

dont Dieu punit le persécuteur des Pasteurs de son Eglise, surtout son Pasteur en chef!

Maintenant ce qui est arrivé au commencement de l’histoire de l'Eglise, comme nous venons de le citer, est survenu aussi dans la suite mille et mille fois et s’est renouvelé même de nos propres jours. Nous pourrions citer des faits bien connus de l'histoire moderne pour confirmer ceci; mais nous préférons passer à notre propre sujet sans entrer dans le champ de l’histoire profane ou politique.

Matre-Seigneur nous dit : “Que le serviteur ne peut pas ie vlu: grand que le maitre.” [Matt. x. 24] Comme J. C. a Ge traité, aivsi le seront ses disciples. IL était infiniment bon, at cependant i. fut csalomnié, insuité, persécuté jusqu’à la mort et méme jusqu'à a plus ignomimieuse des morts!

Mais vasuite viut la gloire de sa résurt'ection, son ascension trioctpcante, la éercente du St.-Esprit pour compléter et perfecuenner l’éiabli.. ment de son Eglise, les succès miraculeux de ses premiers pasteurs, les apôtres, malgré toutes les persécutions auxquelles ils furent si souvent el si injustement soumis. Comme ilen a été avec J. C. ainsi il doit en être de son Eglise. Son histoire est une série alternative d'épreuves et de triomphes. Elle est l’église militante, toujours combattant contre le mal, contre les principes faux ou erromés sur la Foi ou la Morale.

Quoiqu’elle soit La Colonne et le Fondement de la Vérité, [Timot. ui. 15.] l'Eglise du Dieu vivant, n'ayant ni tache ni ride, ai rien de semblable, [Eph. v. 25.] l'épouse immaculée de J. C. sanctifiée, dirigée et préservée de toute erreur par le St. Esprit, néanmoins ils ont calomnié, persécuté, méconau, haï cette Eglise, comme ils l’avaieni fait pour d. C. sen Fondateur. Mais comme lui aussi, quoiqu'’elle soit forcée de souffrir les plus grands maux et les plus criantes injustices, cependant elle finit toujours par triompher, elle avance dans sa course en remplissant toujours sa mission tandis que ses plus grands et éminents persécuteurs sont frappés comme Hérode ! Ils disparaissent comme l'herbe des champs et ils sont oubliés comme s'ils n’a.

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vaient jamais existé—à moins qu’ils ne se convertissent en devenant ses apôtres comme St. Paul par les prières de ceux qu'ils persécutaient.

Maintenant le Pape, de sa position élevée et avec la prévo yance de son état,voit le danger se lever devant nous ; aussitôt il fait entendre à son troupeau ja voix de l'alarme, La guerre incessante qui a été soutenue contre la papauté depuis l’époque de la Réforme traverse une de ces nombreuses crises de ce conflit qui a occupé avec des succès si divers, des hommes de talent des deux partis, depuis le commencement de cette grande révolte contre l’autorité spirituelle. Le jugement privé dans l'interprétation de la parole de Dieu qu'ont adopté les Réformateurs en laissant l’arche du salut, la barque de Pierre, a conduit plusieurs des plus grandes intelligences, par des voies différentes quoique rigidement logiques, à des conclusions contre lesquelles leur bons sens et leur naturelle piété se sont révoltés; mais au lieu de reconnaitre dans leur strictement logique mais absurde conclusion, la fausseté du principe qui formait leurs prémisses—à ia manière des géomètres dans ce qu’on appelle 4x démonstration indirecte ou reductio ad cbsurdum, — ils n’ont fu abandonner leur principe favori du ‘JUGEMENT PRIVÉ” jusqu’à ce que, égarés dans le labyrinthe des contradictions mentales où mène ordinairement cet ignis fatuus en matière religieuse, ils sont venus même jusqu’à douter de la vérité de tout ce qui n’est pas matériellesnent palpable et évident, c’est à-dire, qu'ils ont cessé de croire à l’ordre surpaturel, au monde des esprits, à l’âme, aux anges, et quelquefois même à l'existence de Dieu.

Quand la foi à l’ordre surnaturel est bannie du cœur des hommes, quand ils sont amenés à ne plus croire à l’existence de leur âme, d’un lieu futur de récompenses et de châtiments où la vertu patiente et héroïque recevra sa digne récompense et le crime son juste châtiment, alors il n’y a plus de guide pour la conscience, et il ne reste plus rien dans le fonds de leur être pour réprimer ces instincts mauvais que la crainte du châtiment présent et immédiat,et ce châtiment,ils essaieront naturellement de le fuir ou d’y résister, tout en continuant de satisfaire leurs

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Plus dé conscience pour les réprimer, plus de motif pour se renoncer à soi-même, plus de crainte de l'œil de ce Dieu infiniment juste et puissant qui voit tout, plus rien à espérer où à craindre dans la vie future, la jouissance du plaisir présent et de désirs promptement satisfaits constituera nécessairement leur Summum Bonum, leur plus grand bonheur. Une fois arrivés à ce degré d'éducation moderne, de lumière scientifique, qu'y a-t il pour les faire agir différemment de la brûte? Cette dernière emploie la force de sa nature et la finesse de son instinct pour satisfaire ses appétits. Le matérialiste agira-t-il autrement ? Se conformera-t il aux justes lois de la société civile? Certainement non, s’il peut les violer quand elles s'opposent à ses inclinations où à ce que ses passions lui montrent comme son intérêt. Nul autre motif que la crainte d’être surpris et puni par la loi ne reste encore pour le contraindre. D'où, quand la loi et ses officiers deviennent le seul obstacle à la jouissance de ses passions, il les regardera bientôt comme ses ennemis. Elles lui deviendront un objet de haine quand il cessera 4e voir dans la juste loi civile le pouvoir délégué de Dieu dans l’orére temporel, administré par des magistrats iutègres et dûment autorisés, pour le bien commun de la société et en conformité à la loi suprême du Très-Haut. Qu’'arrivera.til ? La raison nous répond : opposition ou mépris de la loi, anarchie, bouleversement de la société civile et retour des hommes à la barbarie !

Telle est la leçon que nous enseigne la logique des faits et telles sont les lecons de l'expérience. Tels sont les enseignements de l’histoire—l’stoire des révolutions populaires à plusieurs époques et dans plusieurs contrées, mais surtout de cette terrible Révolution Française de 1789, répétée de nouveau sur une plus petite échelle pendant la Commune de Paris en 1871.

Hélas! l'expansion de l’incrédulité aujourd’hui par le nombre d'hommes instruits dans les hautes connaissances scientifiques--hommes cependant estinables sous bien des rapports, mais dont l'esprit est infecté d’infidélité--qui enseignent ex professo du haut de leurs chaires académiques,publient dans les brochures et dans la presse périodique, défendent dans les lectures publiques et discéminent de différentes manières leurs vues et exercent leur influence contre la Religion et la morale

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chrétienne,—tout ceci est bien une juste cause d'alarme peur le Paps et pour tous les bons chrétiens qni craignent les terribles conséquences pour la seciété civile, pour les peuples et les gouvernements, qui doivent découler inévitablement de tels enseignements, si elles ne sont pas détournées par l'intervention miséricordieuse de ja Divine Providence.

C'est peur implorer cetie protection, montrer au peuple chrétien le péril du danger et le porter au devoir d’use humble, ardente et suppliante prière à Celui qui empêcha la des truction Je Ninive à cause de la pénitence publique et généra le de ses habitants revêtus du cilice et couverts de cendre, et qui calma la tempête sur la mer de Galilée grâce à l’ardente supplication de ses apôtres : “ L.igneur, sauvez-nous Car nous allons périr !”” que le Pape proclame le présent jubilé.

Ecoutons la voix du Pontife Suprême, ce Bon Pasteur qui nous avertit de la présence du leup. Prenons avec une aimante docilité les moyens de salut que sa sollicitude pastorale indique à son troupeau.

Quant aux instructions générales sur l’indulgence du Jubi!é, Nous renvoyons au catéehisime composé sur ce sujei par feu Sa Grâce Mgr. Walsh, archevêque du siége métropolitain d'Halifax, et publié en rappert avec Nos anciennes Lettres Pasierales à l’occasion des Jubilés précédents.

Les conditions que le St. Père prescrit peur le présent Jubilé sont les mêmes qu’il a prescrites puur le dernier Jubilé en 1879, et se trouveront ci-après avec l’Encyclique du Pape, qui devra être lue avec la présente Lettre par le Pasteur, selon l’usage ordinaire, dass chaque église et mission de Notre Diocèse, aussitôt que possible après réception.

Quant aux aumônes du Jubilé, Nous suggérons comme auparavant, que chaque pasteur fasse poser un tronc avec ce titre : « AUMONES DU JUBILÉ,» dans un lieu visible et convenable de l’église et des chapelles de sa mission, pour recevoir les offrandes des fidèles, lesquelles seront envoyées dans la suite à Notre secrétaire à la chancellerie d'ecésaine.

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de la Propagation de la Foi, nous appliquerons les aumônes du Jubilé reçues dans notre L'iocèse --- la moitié pour les fands de ja dite noble ‘euvre de la Propagation de la Foi, et l'autre moitié au Denier de St. Pierre, pour pourvoir aux dépenses du Souverain Pontife dans l'administration des affaires de l'Eglise.

Enfin, bien aimés Frères, comme le St-Père à choisi la fête de Si. Joseph, le 19 mars, pour l'ouverture du Jubilé dans Rome et ailleurs, pour montrer sa propre dévotion et encourager la dévotion des fidèles envers ce patriarche, l’époux de Marie etla père reurricier de Jésus; ainsi nous :‘ ames heureux de profiter de ce jour, troisième dimanche ap : Pâques, fête du Patronage de St. Joseph, pour vous communiquer cette Lettre Encyclique du Pape sur le Jubilé, qui ne nous est parvenue que quelques semaines après le 19 mars, date de la dite première fête de St. Joseph.

St. Joseph qui fut le gardien de Jésus et de Marie est vénéré en ce jour comme le Parnon pe l’EGLise UNIVERSELLE. * Getle Fête … 3ième dimanche après Pâques -- tombe ceite année le 8 mai, date anniversaire de deux brefs apostoliques : l’un érigeait le Diocèse de Chatham et l’autre nommait l’humble premier Evôque qui devait en assumer la sollicitude pastorale. Ainsi, c’est donc une occasion de remercier Dieu pour toutes les grâces et les bienfaits reçus par l'érection de ce nouveau Diocèse. Pour l’Evêque c'est aussi pour lui une occasion de faire un retour sincère sur lui-mème et de demander par la plus ardente et suppliar.ie prière à Dieu, iniséricorde et pardon pour les nombreuses fautes et omissions de vingt et un ans d’administration,

En demandant pardon à Dieu ainsi qu'à tous les hommes nos frères que nous avons pu avoir offensés, nous prenons aussi occasion de remercier nos dignes voisins auxquels nous sommes redevable d’une dette de reconnaissance pour les nombreuses preuves de leur bonne volonté et de leur amabilité. Aux membres de notre troupeau nous voulons exprimer notre sincère el paternelle appréciation de leur promptet généreux dévouement à répondre à nos justes appels, et à coopérer dans toute l’ete due de leur capacité et de leur influence, avec leur Evêque et

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leur clergé, pour la promotion des intérêts de la Religion … de l’éducatio» religieuse, des œuvres de charité et d'utilité morale, selon les circonstances.

Aux dévouées Religieuses que la Paternelle Providence de Dieu a inspirées de venir dans motre nouveau et pauvre Diocèse pour y remplir les œuvres de miséricorde et de piété, en soi gaantles malades, élevant la jeunesse et glorifiant Dieu par leur sainte vie de prières et de bonnes œuvres nous devons une dette particulière de remerciements sincères, paternels et affectueux.

À tous nos bien aimés et vénérables collaborateurs du clergé —- quelques-uns d’eux nos doyens dans le ministère, d’autres promus au Sacerdoce sous notre administration -- - nous leur offrons nos fraternels et affectueux remerciements pour leur fidé lité et dévouement à la toute importante mais laborieuse œuvre de leurs devoirs de Prêtre et de Pasteur.

Nous les remercions pour cette docilité, cette charité fraternelle, ce zèle éclairé que nous avons toujours vus en eux. Nous prions Dieu avec une paternelle sollicitude de les bénir, eux et leurs travaux et tous ceux qui sont sous leur ministère !

Pax et Benedictio Dei--. Que la Paix et la Bénédiction de Dieu descendent sur vous et demeurent toujours avec vous!

Donné à Chatham, N. B., en la Fête du Patronage de St. Joseph, IIT Dimanche après Pâques, le 8 mai 1881.

+ JACQUES ROGERS, Evéque de Chatham.

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