‹ Lettre pastorale de Mgr. Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 2 sur 2 · CONDITIONS DU JUBILE · texte numérisé non relu

CONDITIONS DU JUBILE

Le temps pour ce Jubilé dure depuis son ouverture (19 mars) jusqu’au 31 décembre iaclusivement. [En Europe le Jubilé finit le ler novembre.]

Les conditions pour gagner les Indulgences de ce Jubilé sont les suivantes :

1. Jeûner un jour qui n’est pas d’ailleurs un jeûne d’obligation, usant seulement des aliments de l’abstinence stricte -c’est-à dire, ni œufs, ni beurre, ni lait, etc., etc.

9... Donner une aumône par charité pour quelques œuvres pies. [Suivant le désir du Pape, l'Evèque désigne la Société de la Propagation de la Foi, et aussi les Fonds du Denier de Si. Pierre pour venir en aide au St. Père dans la générale admi nistration de l’Eglise.|

3. Faire six visites ou pélérinages à l’église ou aux églises désignées par l’Ordinaire du Diocsèse, et là prier selon les intentions du Pape. [Gomme n'ayant qu’une seule église dans chaque mission ou localité de ce Diocèse l’Evêque dési. gne chacune et toutes les églises et chapelles de son Diocèse à l'une ou plusieurs desquelles les visites prescrites peuvent être faites, selon la dévotion de chacun. Si ces visites sont faites processionnellement par des Confréries Religieuses telles quelles sout mentionnées dans la lettre du Pape, lEvêque les réduit à deux : c’est à-dire, qu'une telle visite procession. nelle équivaudra à trois visites faites par chacun séparément.]

4... Se confesser et communier dignement. [Ceci doit être à part de la confession annuelle et communion pascale.

N. B.--- L'Indulgence de ce Jubilé peut être gagnée aussi souvent que les conditions requises sont répétées pendant le temps du Jubilé.

Encyclique de Sa Sainteté Léon XIII relative au nouveau jubilé.

Aux patriarches, primals, archevéques, cé évêques en communion avec le SE Siége.

Vénérables frères, salut et bénédiction apostolique.

L'Eglise militante de Jésus-Christ, qui peut souveraine. ment assurer le salut de l'humanité, est dans ces temps malheureux, si éprouvée que chaoue jour de nouvelles tempètes l’assaillent, et qu’on peut la comparer à cette barque du lac de Génésareth qui, pendant qu’elle portait Notre Seigneur Jésus- Christ et ses disciples, était frappée par les tempêies et par les flots. En réalité, ceux qui, sous le nom de catholiques, se livrent contre l'Eglise à lhostilité, sont plus nombreux, plus forts, plus hardis dans leurs desseins que jamais, et ce n’est pas assez pour eux de répudier ouvertement les doctrines célestes, ils font des efforts extrêmement violents afin de chasser absolument l'Eglise de la société civile, ou de faire au moins qu’elle n'ait plus aucune action sur la vie publique de l’hamanité. Il résulte de là qu’elle se trouve contrariée et arrêtée dans l’accomplissement de la mission qu’elle a reçue üe son divin auteur. Les effets de cette détestable conspiration se produisent surtout contre le Saint Siége. On l’a destitué de ses droits légitimes; on l’a empêché de mille manières de remplir ses plus importantes missions; il semble que ce soit par dérision qu'on lui ait laissé comme une image de la majesté royale. A cause de cela, Nous qui avons été placé, par un dessein de la divine providence, à ce faîte souverain de la puissance sacrée, et chargé de pourvoir aux besoins de l'Eglise universelle, depuis longtemps Nous avons ressenti, et bien des fois Nous avons exprimé combien la situation, dans laquelle les vicissitudes des temps Nous ont placé est dure et calamiteuse. Nous ne voulons pas rappeler chaque fait séparément, mas le monde entier connait ce qui se passe dans notre ville de Rome depuis déjà longtemps. C’est

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là, au centre même de la vérité catholique, qu'on insulte à la sainteté de la religion : là qu’on blesse la dignité du Siége apostolique, et que la majesté du Souverain Pontife est livrée aux injures des méchants. Des institutions qui avaient été fondées par le piété et la générosité de Nos prédécesseurs, et qu’ils avaient transmises à leurs successeur” pour les conserver inviolablement, ont été enlevées à Notre autorité; on ne s'est pas arrêté que les droits des établissements faits pour la propagation du nom chrétien (la Propagande) ne fussent violés. Jamais dans le passé la violence des temps n’avait méconnu les services rendus par cet établissement non-seulement à la religion, mais aussi à l'humanité.

Les églises catholiques ont été fermées au cuite ou profanées en grand nombre, les temples consacrés aux cultes héritiques se sont multipliés, les doctrines les plus perverses sont répandues par la parole et par les actes tout à fait impunément, Ceux qui sont devenus les maîtres s'occupent à faire des lois injustes contre l'Eglise et le catholicisme, et cela sous Nos yeux, à Nous qui avous reçu de Dieu même le mandat de garder le christianisme et de sauver les droits de l'Eglise.

Sans aucun respect, pour le pouvoir d'enseigner qui appar tient au Pontife romain, ils écartent Notre autorité de l’instruction de la jeunesse, et s’il Nous est permis, ce qui ne peut être interdit à aucun citoyen, d'ouvrir à nos frais des écoles pour les jeunes gens, la force et la rigueur des lois civiles les envahissent. Nous sommes d'autant plus ému du spectacle de toutes ces choses que le pouvoir d'y rémédier, que Nous souhaiterions par dessus tout, Nous fait défaut. Nous dépendons de nos ennemis plus que Nous-même, el cette jouissance de la liberté qu'on Nous accorde, par cela seul qu'elle peut Nous être retirée ou être diminuée par le bon plaisir d'autrui, n’a aucune stabilité ni aucune certitude.

Cependant, il est bien manifeste, par l’expérience de chaque jour, que la contagion du mal s’introduii de plus en plus dans le reste de la chrétienté et s'étend de plus enplus. Les nations séparées de l'Eglise subissent des épreuves chaque jour plus grandes, et là où une fois la foi catholique a élé éteinte ou s’est évanouie, la route s'ouvre aux folles opinions et aux passions

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révolutionnaires, Lorsque l’action de celui qui tient sur terre la place de Dieu, cette autorité, la plus grande et la plus noble de toutes, est méprisée, il est évident qu’il n’y a pas de frein humain assez fort pour conteuir les esprits en révolie st arrêter dans les foules le désir insensé de la liberté. C’est pour ces cau. ses que le pouvoir civil, quelques grandes épreuves qu’il ait déjà subies, est effrayé de la crainte d'épreuves plus terribles encore |

Il faut donc que l'Eglise travaille beaucoup et lutte sans relâche, afin de repousser les efforts de ses ennemis et d’accomplir, pour l’utilité de tous, son œuvre de salut. Pour ce combat violent et divers dans lequel il s’agit de là gloire de Dieu et du salut éternel des âmes, la vertu et la science des hommes seraient impuissantes et vaines, si des secours d’en haut n'étaient pas, au moment, opportun, fournis. Aussi, dans les angoissos et les afflictions de la chrétienté, le grand remède contre les peines et les troubies a toujours été de demander à Dieu, par des prières, qu’il secourüt son Eglise dans l’épreuve, qu’il lui donnât la force de combattre et la puissance de triompher. Nous conformart à ce noble usage et à cette tradition antique, sachant bien que Dieu est toujours d'autant plus exorable que les hommes font plus pénitence et veulent plus hautement recouvrer sa grâce, Nous prescrivons par ces lettres au monde entier un jubilé extraordinaire, à l'effet d'obtenir le secours d’en haut et de fortifier les âmes.

En conséquence, par la miséricorde de Dieu tout puissant et par l'autorité des bienheureux apôtres Saint Pierre et Saint Paul, en vertu du pouvoir de lier et de délier que Dieu Nous a conféré, tout indigne que Nous fussions, Nous accordons à tous les fidèles de l’un et de l’autre sexe la plus complète indulgence de leurs péchés, à la manière d’un jubilé général, à la condi tion que ceux qui habitent l’Eurvpe.—depuis le prochain jour 19 du mois de mars, consacré à la mémoire de Saint Joseph, époux de la bienheureuse Vierge Marie, jusqu’au 1er novembre, jour de la Toussaint, inclusivement,—et ceux qui habitent hors de l’Europe, depuis le 19 du mois de mars jusqu’au dernier jour de l’année 1881 inclusivement, auront rempli les prescriptions suivantes ;

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Tous ceux qui habitent Rome ou y sont en passage visite ront deux fois la basilique de Saint-Jean de Latran et la basilique du Vatican, et là ils prieront Dieu pendant quelque temps pour la prospérité et le triomphe de l'Eglise catholique, et du Siége apostolique, l’extirpation des hérésies, l4 concorde des princes chrétiens, la paix et l'unité du peuple fidèle, selon Nos intentions ; ils jeûneront un jour en dehors du carème et des jours où l'Eglise prescrit le jeûne ; ils recevront ie 1rès saint sacrement de l'Eucharistie, après s'être confessés et avoir fait une aumône pour quelque œuvre pie. Nous rappelons à cette occasion nominalement les œuvres de la Propagation de la foi, de la Sainte Enfance de Jésus-Christ et des Ecoles d'Orient, œuvres que Nous avons déjà recommandées à la sollicitude des fidèles ; œuvres dont Nous voudrions voir s'étendre le bienfait jusqu'aux contrées les plus reculées et les plus sauvages.

Ceux qui habitent hors de Rome devront visiter deux fois trois églises désignées par l'ordinaire ou ses délégués, et même à défaut par les confesseurs: Si deux églises seulement étaiant désignées, les visites devraient être au nombre de trois; si ane seule église était désignée, les visites devraient être au nombre de six. Les mêmes actes prescrits plus haut devront être également accomplis.

Nous voulons que cette indulgence puisse être, par forme de suffrage, appliquée aux âmes qui ont quitté cette vis en union avec Dieu.

En outre, Nous accordons aux ordinaires le’droit de réduire le nombre des visites pour les chapitres, les congrégations, tant séculières que régulières, les associations, les confréries, les universités et les colléges qui feraient en procession les visites aux églises.

Nous accordons encore à ceux qui se trouvent sur mer et qui sort en voyage de pouvoir gagner la même indulgence dès qu'ils seront de retour dans leurs domiciles ou seront arrivés ailleurs dans une résidence fixe, pourvu qu'ils accomplissent les œuvres ci dessus indiquées et qu'ils visitent six fois l'église principale ou l’église paroissiale,

Quant aux réguliers de l’un et de l’autre sexe, même à } En ceux qui vivent perpétuellement dans les cloitres comme aussi : saint aux autres personnes tant laïques qu'ecclésiastiques, tant sécu- ,; lières que régulières, soit qu’elles se trouvent en prison ou en At captivité, ou qu’elles en soient empêchées par la maladie ou et Nc toute autre juste cause, qui ne pourront faire les œuvres susdi- ciaux tes ou du moins quelques-unes d’entre elles, Nous leur accor- : âmes dons et octroyons également qu'un confessseur puisse commuer : des p ces œuvres en autres de piété ou les proicger jusqu’à une pro- sa jui chaine époque, avec pouvoir même de dispenser @e la commu- ) dicati nion les enfants qui n’ont pas encore fait leur première corn- î gner munion. : : dit pl

En outre, Nous accordons à tous et à chacua en particulier é - I des fidèles du Christ, tant laïques qu’ecclésiastiques, tant sécu- le liers que réguliers d’un ordre quelconque ou d’un institut mê- ja me à nommer spécialement, la faculté de pouvoir se choisir sh comme confesseur un prêtre quelconque, tant séculier que ré- vetue gulier, parmi ceux actuellement approuvés, faculté dont pour- uque ront jouir même les religieuses, les novices et les autres femmes ) siell qui vivent dans les cloîtres, pourvu que le confesseur seit ] approuvé pour les religieuses. Nous accordons au confesseur, le 12

à l’occasion de ce Jubilé et pour tout le temps dé sa durée, toutes les mêmes facultés qui leur ont été attribuées par Nous lors de l’autre Jubilé accordé par Nos lettres apostoliques du 15 février 1879 et qui commence par ces mots : Pontifices maximi, toutes les exceptions énumérées dans ces lettres demeurant maintenues.

Pour que ce saint Jubilé procure plus sûrement et plus abondamment les effets de salut que Nous Nous sommes proposés, Nous recommandons à tous les fidèles de s'appliquer particulièrement par ce temps à honorer et à prier la Mère de Dieu. Nous mettons ce Jubilé sous la protection de St. Joseph, le très- \ chaste Epoux de la Bienheureuse Vierge Marie, Saint Joseph, que le Pape PieIX, de glorieuse mémoire, a déclaré le patron de l'Eglise universelle, et dont Nous désirons que le secours soit invoqué chaque jour par tous les chrétiens. Nous exhor- | tons également les fidèles à faire par piété le pèlerinage des a lieux qui sont daus chaque pays tenus pour saints et vénéra: È

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bles ; entre ces lieux, pour l'Italie, l'emporte par la grandeur des mystères dont elle rappelle le souveair, ia demeure trèssainte de la Vierge Marie à Lorette.

A ces fins, en vertu de la sainte obéissance Nous prescrivons et Nous ordonnons aux ordinaires, à leurs vicaires et au: efliciaux, et, à leur défaut à ceux qui exercent le ministère des âmes lorsqu'ils auront reçu les copies ou exemplaires imprimés des présentes lettres, d’avoir soin de les publier chacun dans sa juridiction, et les populations ayant été préparées par la pré dication de la parole divine autant qu’il sera possible de désigaer l’église ou les églises qui doivent être visitées comme il est dit plus haut.

Et afin que les présentes lettres, qui ne peuvent être portées en tout lieu, arrivent plus facilement à la connaissance de tous, Nous voulons qu’on ajoute à leurs transcriptions ou copies même iraprimées, signées de la main d’un notaire public et revêtues du sceau d’une personne constituée en dignité ecclésias. tique, la même foi qui serait ajoutée à ces lettres elles mêmes si elles étaient exposées.et montrées.

Donné à Rome, à Saint-Pierre, sous lanaeau du pêcheur, le 12 mars 1881, la quatrième année de notre pontficat.

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