CUVE ÉVITE CET
“par l'Esprit de Dieu, en sorte qu'il a une connaissance expé- “ rimentale de la suréminente science de la charité, c'est-à-dire “ cette grâce unissante cette chère et précieuse unité avec la très simple divinité ” (°°°),
Le séraphique saint François d'Assise nous a laissé une page d'amour pleine d'ivresse au sujet de la sainte folie que met au coeur des saints leur union fruitive en Jésus par l'Eucharistie. Nous couronnerons, en la citant presqu'en son entier,
l'enseignement des auteurs mystiques sur les joies eu-
“charistiques que Dieu accorde parfois à ses amis. ‘* A la vue “ de tant de bonté, je suis entrainé hors de moi sans savoir où, “mon coeur s'amollit comme la cire, et j'y trouve l'empreinte “du Christ. Jamais on ne vit une telle métamorphos ; mon “ coeur transformé se dépouille de lui-même pour se revêtir du “Christ. ... Mon âme doucement enchaïinée se précipite “ dans les embrassements du Bien-aimé ; plus elle contemple sa ‘‘ beauté, plus elle est hors d'elle-même; riche du Christ, elle ‘met tout en lui, et n'a plus aucun souvenir d'elle-même. “ Transformée en lui, elle est presque le Christ lui-même ! “ Unie à Dieu, elle devient presque toute divine... Comme le “le fer rougi au feu, comme l'air pénétré des rayons du solei) ‘“ perdent leur forme et leur premier aspect, ainsi mon âme est “ revêtue de Dieu par le pur amour... O Christ, tu n'as pas “su te défendre toi-même de l'amour... Donc, Jésus, si je “ suis enivré d'amour qui peut me reprocher d’être devenu fou, “d'avoir perdu la raison et la force, puisque l'amour t'a en- “ chaïiné, t'a privé de toute grandeur? Cet amour qui me rend “’insensé t'a Ôté la sagesse; cet amour qui me fait languir, t'
(**) Gerson, cité par le Père Nouet.
“ravi pour moi ta Puissance. Ma sentence est rendue ; je dois “mourir d'amour et je ne veux d'autre consolation que cette “mort ” (3%),
Après avoir fait entendre de tels accents, il ne nous reste plus qu'à presser les âmes ferventes, les âmes religieuses, les âmes contemplatives Surtout, qu'elles vivent dans le cloitre ou dans le monde, à faire toujours de l'Eucharistie l'objet de leurs pensées habituelles, et de la communion leur nourriture de Chaque jour. Nous leur adressons donc ces paroles de feu de sainte Angèle de Foligno: “ Oh! approchez d'un tel bien et “d'une telle table avec un grand tremblement resplendissant "d'amour! Allez dans votre blancheur, allez dans votre splen- ” deur; car vous allez au Dicu de toute beauté, au Dieu de "gloire, qui est la sainteté par excellence, la félicité, la béati- “tude, l'altitude, la noblesse. l'éternelle joie de l'amour sans "mensonge: allez donner et recevoir l'hospitalité trois fois "sainte: allez dans la blancheur de votre pureté, pour être pu- “rifiées : allez dans la force de votre vie, pour ètre vivifiées, “allez dans l'éclat de votre justice, pour être justifiées ; portez "à l'autel l'intimité de l'union divine Pour recevoir l'unité très “intime, pour être incorporées à Celui qui vous attend! O Dieu “’incréé et doucement incarné, l'homme a mangé votre chair, il “a bu votre Lang: qu'il ne fasse plus qu'un avec vous dans les “siècles des siècles ” Re
Epouses aimées du Christ, parce que vous l'aimez vousmêmes au-dessus de tout, laissez-nous vous demander, en terminant, de redire souvent aux pieds de Jésus-Hostie, et à la
(Ze Cantique de saint l'rançois.
() Visions et instructions.
table de l'hôte divin, ce Cantique de l'âme que nous avons formé en unissant, comme en une gerbe d'amour pour Jésus, les textes les plus beaux, et les plus enflammés des auteurs inspirés par l'Esprit de Dieu, par la Charité incréée et substantielle : “ Seigneur, Dieu des vertus, que votre tabernacle a de charmes ” pour moi! Mon âme aspire à s'en approcher et son ardeur “la consume... Le Passercau trouve une maison où il s'abri- ‘te, et la tourterelle un nid où elle pose ses petits ; moi, j'aurai “vos autels, Dieu des armées, mon Seigneur et mon Roi. Heu- ‘reux ceux qui habitent dans votre maison, Seigneur, dans les “siècles des siècles ils vous loueront ” (#3), « Je languis d'a- ” mour” (%%#), “ Mon âme vous a désiré pendant la nuit. Je ” méveillerai dès la pointe du jour pour vous chercher de toute “l'étendue de mon esprit et de mon coeur ” ÉRET le te “lèverai... Je cherchcrai Celui qui est le Bien-aimé de mon "HMS Ce VS que l'hiver est passé: les pluies se sont ” dissipées et ont entièrement cessé... les fleurs ont paru sur
“la terre” (#7), car “voilà mon bien-aimé qui parle: lève-
‘toi, hâte-toi, mon amie... et viens ” (#7), “ J'ai rencontré ” Celui que chérit mon âme... et je ne le laisserai point aller ” (#%). “Je me suis reposé à l'ombre de Celui que j'avais désiré "et son fruit est doux à ma bouche ” (5%). Mon bien-aimé
Cr) Ps: 83 CAPRORNENE (°°) Is. XXVvr, 9, (%) Cant., ur, 2.
(#7) Cant. 11, 14, 1% (%%) Idem., 11, 10.
C®) Idem., 111, 4.
C*) Idem., 11, 3.
“est à moi, et moi je suis à lui qui se repaît parmi les lis (31), “m'a introduite dans son cellier, et il m'a enivrée du vin de “la charité" (#4), Aussitôt qu'il me parla, mon âme s'est ‘liquéfiée (8%). “II m'a épousée dans la foi” (4) et a “blessé mon coeur d'un seul de ses regards ” (3%). “ Mon "coeur s'est enflammé et mes reins ont été bouleversés ” (5), car, ses lampes sont des lampes de feu et de flammes ” ÉD (Mais) ‘après le feu, vint le souffle d'une brise légère ” (3°). * Mon coeur et ma chair ont (alors) tressailli d'allégresse dans “le Dieu vivant ” (%%), c'est pourquoi “tous mes os diront
“ Seigneur, qui est semblable à vous ” (5%) ? “Vous avez “changé mes gémissements en réjouissances: vous avez dé- * chiré le sac dont je m'étais revêtu, et vous m'avez couronné “de joie” (#1). Comparée à votre infinie beauté, “toute ‘grâce est vaine et trompeuse ” (**). Aussi, “ j'ai regardé la ‘terre, et voici qu'elle était vide et de nulle valeur : j'ai regardé
“les cieux, et il n'y avait pas de lumières en eux ” (*#), parce
EHNGaNnt: Ent:
{"*) Cant,, IF, 4, (CS) Idem. v, 6.
(%) Oxée, 11, 20, CPPAFECART., IV 9:
EPST
C#) Cant., VIT, 6.
() EST Rois: XIx, 19:
(PE a
À É GeRE