‹ Lettre pastorale de Mgr Joseph-Alfred Archambeault, évêque de Joliette [microforme]Chapitre 4 sur 36 · INFLUENCE DE L'EUCHARISTIE SU*Z LES VERTUS CHRETIENNES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE L'EUCHARISTIE SU*Z LES VERTUS CHRETIENNES

Il est certain que les vertus infuses croissent dans l'âme avec la grace sanctifiante elle-méine. En augmentant celle-ci, la digne reception de l'Eucharistie produit donc nécessairement un certain développement des vertus ; elle les enracine davantage dans nos facultés intellectuelles, l'intelligence et la volonté, les rend aptes à produire des actes plus intenses, par suite, plus méritoires. Mais cette action de l'Eucharistie est commune à tous les sacrements. Hormis d'obstacles extérieurs, chaque sacrement de la nouvelle loi agit directement sur la vie de l'ame ; 1l la donne, ou, si elle existe déjà, il la fait grandir ainsi que les vertus qui en sont le royal cortège. De plus, l'Eglise n'a jamais défini que les vertus morales sont infuses, ni qu'el-

les suivent la mystérieuse évolution de la grâce sanctifiante.

C'est pourquoi, il faut, semble-t-il, chercher ailleurs le secret

de l'influence propre à l'Eucharistie sur la floraison des vertus chretiennes, et leur perfection dernière. Quelque soit le degré de grace sanctifiante déjà atteint, quelque soit le pouvoir que possedent nos facultés de se mouvoir vers Dieu, nous demeurons toujours libres cependant d'agir ou de ne pas agir, de faire, avec plus où moins de fréquence et de ferveur, des actes surnaturels où de résister aux appels même les plus puissants de la grace, Dieu en effet ne violente jamais nos volontés. La vie de la grace, Si développée soit-elle en nous, peut donc y ètre inactive ; les vertus peuvent y rester au même degré,

ne recevoir d'autre influence de progrès que celle inhérente à la

réception des sacrements. Mais combien nombreux hélas ! sont les chrétiens que la tiédeur, l'indifférence ou les soucis temporels tiennent habituellement éloignés des sacrements de pénitence et d'eucharistie ! La mise en activité des vertus surnaturelles, nous l'avons dit, assure, au contraire, où du moins prépare une augmentation constante de la grâce et des vertus proportionnée au nombre et à la ferveur des actes surnaturels ; ces actes sont inème, dans bien des cas, la sauvegarde nécessaire de la vie de nos âmes. Déterminer la multiplicité des actes surnaturels, en rendre plus facile l'exécution, en favoriser l'intensité, c'est donc assurer le véritable triomphe de la vie chrétienne, lui permettre de s'épanouir et d'atteindre sa perfection. Or, c'est précisément en cela que consiste surtout, à nos yeux, l'influence eucharistique. Les vertus surnaturelles, vertus théologales et vertus morales, trouvent dans l'Eucharistie, dans le sacrement et dans le sacrifice, dans la présence permanente au milieu de nous de Jésus-Hostie, dans les leçons qu'il nous donne, dans les invitations amoureuses qu'il nous fait, dans les secours qu'il nous promet, la source la plus féconde de leur affermissement et de leur progrès. L'Eucharistie offre constamment l'occasion de pratiquer les vertus avec énergie, de briser les obstacles à leur action, de prendre un élan vers des hauteurs que sans l'Eucharistie nous ne pourrions jamais atteindre.

Nous nous placerons principalement à ce point de vue pour établir l'influence eucharistique. Afin d'éviter des répétitions fastidieuses et inutiles, afin de mettre plus d'unité dans notre exposition, nous nous contenterons de parler de l'influence de l'Eucharistie sur les trois vertus théologales, auxquelles du reste il est facile de rattacher les vertus morales, vertus insé-

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