‹ Lettre pastorale de Mgr Joseph-Alfred Archambeault, évêque de Joliette [microforme]Chapitre 6 sur 36 · NT · texte numérisé non relu

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de Dieu ? L'acte de foi, indispensable aux autres vertus chrétiennes, l'est particulièrement à la vertu de foi elle-même qui, sans culture, sans entrainement, finirait par se débiliter, par chanceler, par se perdre peut-être entièrement.

Il importe donc de bien connaître jusqu'à quel point la divine Eucharistie rend faciles les actes de foi, donne lieu à leur fréquence et à leur ferveur, si nous voulons nous rendre compte du degré de son influence sur la première des vertus théologales, même en dehors de l'action qu'elle exerce nécessairement sur cette vertu par l'augmentation de la grace sanctifiante,

Le prètre, au moment même de la consécration du calice, appelle la divine Eucharistie “ un mystère de foi”, mysterium fidei. Ues deux mots ne sont cités ni par les évangélistes, ni par saint Paul, Que jésus-Christ les ait réellement prononcés lors de l'institution de la Cène, ou que l'Eglise, inspirée par l'Esprit-Saint, les ait ajoutés au canon de la messe, ils sont très significatifs. Les Pères et ! cteurs y voient autre chose que l'expression du mystère de transubstantiation, La formule sacrée revèt à leurs yeux le caractère d’une preuve

qu'il y a entre la foi et l'eucharistie des relations, difficiles

peut-être à saisir et à bien définir, mais réelles et particulièrement étroites. Pour plus de clarté et de précision doctrinale, nous ramènerons ces relations à trois principales : L'Eucharistie est le moyen le plus puissant établi par Dieu pour exercer notre foi, lui en faire produire des actes nombreux et parfaits ; l'Eucharistie donne à nos facultés des grâces surabondantes qui leur rendent facile la multiplication des actes de foi, mème des actes les plus héroïiques ; l'Eucharistie nous confirme enfin dans notre foi par ses éclatants triomphes à travers les siècles chrétiens.

ONN —

a) L'Eucharistie et l'acte de foi. — Le saint sacrifice de la messe est offert sans interruption dans l'Eglise catholique. Plus de sept cent raille prètres le renouvellent chaque jour sur l'autel. Des milliers de fidèles prennent part à ces immolations mystiques de la victime adorable du calvaire ; un grand nombre d'entre eux s'approchent même du banquet divin, Chaque jour aussi, dans les églises paroissiales, les chapelles, les sanctuaires dont la terre est couverte, une multitude d'ämes pieuses

se succèdent aux pieds du bon Maitre, soit à l'occasion de

l'adoration perpétuelle des Quarante-Heures, soit dans les visi-

tes volontaires qu'elles aïment à rendre à Jésus-Hostie, Au fond des cloitres, des milliers de religieux et de religieuses se vouent exclusivement au culte eucharistique, font de ce culte l'objet constant de leurs pencées, de leur amour, de leur apostolat, l'âme même de leur vie. Qui dira le nombre d'actes de foi ardente auxquels donnent cours tant de messes entendues ou célébrées, tant de communions ferventes, tant de visites prolongées? Est-ce tout? Non. La vue seule d'un temple où réside Notre-Seigneur, le simple passage, à travers les rues de nos villes et de nos campagnes, du saint viatique porté aux malades, invitent constamment les fidèles à se découvrir avec respect, à formuler, dans le secret de l'âme, des prières à Jésus-Hostie. Le nombre des actes de foi que déterinine l'Eucharistie dans le monde est donc en réalité au-dessus de tout calcul; ils sont comme la voix de l'Eglise universelle qui ne cesse de crier à Dieu sa croyance et son amour.

Ces actes de foi, multipliés comme à l'infini, sont cependant les plus difficiles que l'homme puisse produire, ceux qui coûtent davantage à son orgueil; ils exigent l'adhésion de

nos intelligences à la grande épreuve à laquelle Dieu a voulu

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