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Lettre pastorale de Mgr. l'évêque de Montréal pour le fin de l'anné e 1851 [microforme]

Tenace BourGer, par la miséricorde de Dieu et la grâce du St. Siége Apostolique, Evêque de Montréal, etc., etc., ect.

Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés Religieuses et à tous des Fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction en NN. S. J. C.

Cette Lettre 'N. T, C. F., est pour épancher notre cœur paternel dans le sein de notre grande famille, et vous faire, fils bien aimés, les souhaits de la ‘nouvelle dnnée. Elle vous porte la parole et la bénédiction de votre premier ‘Pasteur, dans ce jour qui réveille nécessairement les plus douces sympathies. Que de choses couleraient de notre plume, si nous laissions notre cœur à “toutes ses émotions! Mais Nous comprenons que ce moment d’épanchement affectueux doit être court.

L’anné 1851 s’est, comme toutes les autres, évanouie comme une ombre fagitive et dissipée comme une fumée légère. Pleurons, si nous avons eu le malheur de la passer dans le péché ; car ce serait encore une année de perdue. Aujourd’hui nous sommes plus près, d’une année, de notre éternité. Réjouissons-nous, car notre rédemption approche, si nous nous summes sérieusement préparés à entrer dans les années éternelles. Pendant l’année qui vient de s’écouler, nous avons reçu une infinité de grâces ; remercions en le Père des lumières, de qu vient tout don parfait. La murt nous a enlevé beaucoup de nos frères. Prions pour eux ; et entendons.les nous dire: L'an dernier, ce fut notre tour, cette année ce sera le vôtre. Puisse ce cri lugubre, qui s’échappe de toutes les tombes, nous faire sentir jusqu’au fond de l’âme qu’il est temps de nut iller de notre léthargique indifference pour notre salut.

C cre est un lieu d’exil ennuyant: ne nous y attachons donc pas, Ce mouur west qu’une figure qui passe : laissons le donc passer avec tous ses : faux biens. Cette vie est une vallée de larmes : re nous livrons donc pas à ses vaines joies. Déjà nous avons un pied dans la fosse ; n’allons donc pas de l'autre dénsét et sauter, comme des insensés. Le temps passé a été bien mauvais: rachetons le donc par des bonnes œuvres, qui peuvent seules assurer notre vocation et notre élection à la vie éternelle.

Et puisque nous sommes ici en famille, Nous vous dirons, N. T. C. F., tout ce que nous inspire l’affection paternelle que Nous vous portons à tous.

* Oui: Nous vous dirons nos joies et nos douleurs ; nos espérances et nos craintes. Depuis quelques années, la So:iété de Tempérance nous comble de joie, parce qu’elle fait votre bonheur, en vous procurant l'abondance de tons

es biens spirituels et temporels. Les fruits de vie, qu’elle produit, sont si délicieux, que vous avez presque tous voulu vous en nourrir, en vous engu-

geant à ne jamais prendre aucune boisson enivrante, Ils sont heureux ceux qui parmi vous sont demeurés fidèles à une promesse si solennelle. Et grâce à la bonté de Dieu, c’est le très grand nombre. Ils sont heureux aussi ceux qui, après avoir commis d’horribles crimes d’intempérance, se sont enrôlés dans cette société bienfuisante, et y sont morts pénétrés de repentir et pleins d’espérance, Oh! ou: N.T. C. F. heureuses, mille fois heureuses les lèvres qui,ayant baise une fois l’Image sacrée du Dieu abreuvé de fiel et de vinaigre, n’ont plus jamais voulu se tremper dans ces liqueurs empoisonnées qui si souvent répandirent la désolation et la mort dans notre chère patrie !

A une joie si pure succède aujourd’hui une douleur bien amère. Caril nous revient de toutes parts que l’homme ennemi de sous biens, sème l’ivraie dans le champ du père de famille, et, tend ses pièges sous les pas des hommes fuibles ou imprudents. Nous n’en sommes pas surpris, car Nous savons que l'Enfer s’arme de toute sa rage, afin de détruire les œuvres descendues du Ciel, pour le salut des âmes. Un grand combat, N. T. C. F., s'engage entre l’[vrognerie et la Tempérance. C’est un moment de crise : c’est une question de vie ou de mort. Il s'agit de décider si la Tempérance continuera à régner sur cette terre, pour le bonheur de ses habits ats, jusqu’au dernier jour où elle remonteru au Ciel, avec les âmes qu’elle aura sauvées; ou s1 l’ivrognerie reprendra son empire, pour remplir de deuil ce pays aujourd’hui si heureux, et redescendre au fond des Enfers, avec des milliers d’âmes qu’elle aura dégradées, et comme abruties,

A la vue d’un danger que tous les gens sages regardent comme imuminent, il est clair que le Pasteur doit jeter le cri d’alarime. C’est ce que Nous faisons en ce jour qui commence la nouvelle année. Car vous le savez N. T. C.F., c’est ordinairement, à pareille époqne, que la tentation de manquer à son engagement à la Tempérance est plus violente, et voilà pourquoi Nous montons aujourd’hui dans toutes les chaires de ce Diocèse, au moyen de catte Lettre, pour vous dire avec tout l’accent de la plus intime conviction : Mavez-

. vous pas reçu, comme un don du Ciel, l’ineffable T'empérance, à laquelle vous appartenez ? Cette admirable société n’a-t-elle pas Eu votre bonheur, depuis que vous en êtes membres? Eh! bien, N°. T. C. F., l'Enfer rassemble aujourd'hui ses bataillons, pour la détruire, s'il le peut, de fond en comble. Si el}: tombe : hélas ! que 'deymaux vont venir fondre sur notre pays! des maux, hélas! cent fois plus grands que ceux dont nous a délivrés la Sainte Tempéranre. Souffrirez vous que

le drapeau victorieux de notre Société, qui flotte majestueusement sur tous nos dômes soit ignominieusement abattu ? Permettrez-vous qu’à sa place on hisse, tout autour de vos paisibles et dévotes Eglises, des enseignes, qui sont des pavillons de bien triste mémoire, Que diraient les ennemis de la Tempérance ? Ils diraient : Nous le disions bien, que ça ne tiendrait pas.

Ma: il ne tient qu’à vous, N. T. ©. F. de les faire mentir cette fois, comme par le passé, ces ennemis acharnés de la Tempérance, La conservation de cette bienveillante société sera le fruit de votre bonne volonté, comme le fut son établissement, Oui : le bras tout-puissant qui l’éleva, la soutiendra, en dépit des vains efforts de l’Enfer et de ses suppots, dès que vous vous montrerez fermes et généreux. Et en effet, lorsque vous prites en masse l’engagement de la Tempérance, il y avait des auberges dans toutes les rues de nos cités, et sur toutes les routes de nos campagnes, Cependant elles ne purent vous empêcher d’embrasser une société qui vous offrait tant de biens ; et elles tombèrent d’inanition. Si donc elles cherchent à se relever, ce ne sera que pour retomber plus lourdement, si vous tenez à votre engagement.

Et que s’en suivra-t-il, N.T. C. F.? Il s’en suivra que ceux qui spéculent sur votre faiblesse et infidélité seront trompés dans leurs calculs. Ils seront ruinés, ces homes qui entreprennent encore de ruiner nos bonnes et heureuses familles canadiennes ; qui voudraient encore se rassasier du sang de la veuve et de l'orphelin ; qui auraient encore le triste cowage de s’engraisser de la substance de femmes vertueuses et d’enfants innocents. Loin de vous ces pestes de la Societe ! Trop long-temps, elles firent votre malheur ! Voyons ensemble les moyens que nous pourrions prendre pour que de mauvaises auberges ne puissent ruiner la Tempérance. Nous les réduisons à trois: l'union Ja prière et l’aumône.

Le premier moyen, pour soutenir la Tempérance, est l’union de tous ses membres. Or, cette union, N. T. C. F. qui fait la force de toute société, nous est nécessaire plus que jamais, parceque le danger est plus grand. Et si elle existe, cette sainte union, la cause de la Tempérunce est gagnée. Ainsi, par exemple, qu’il y ait bonne entente entre vous tous, pour ne pas mettre le pied dans les auberges, pour n’avoir point de boissons fortes à vos noces et repas de famille, pour ne vous retirer, quand vous êtes en voyage, que dans de vraies maisons de tempérance ; et la victoire est certaine.

Pareillement, que l’on s’entende bien partout, pour qu'aucune Licence ne soit donnée sans nécessité, ou à des hommes incupables de tenir le bon ordre ; et toutes les paroisses sont sauvées. Car vous connaissez les maux horribles que cause une seule auberge mal réglée. Vous avez souvent à en gémir, vous surtout, bons pères et bonnes mères, qui voyez des aubergistes vous arracher vos enfants les Dimanches et Fêtes, pour les cacher et les faire jouer, s’enivrer, se battre à la honte de vos respectables foruilles, et au grand scandale de la paroisse, N'est-ce ras ce qui se voyait et se voit encore journellement daus tous les lieux où ces mauvaises maisons sont encouragées ?! Et n’est-ce pas ce qui se verra partout, si ces maisons de démoralisation ressuscitent ?

Et en effet, que ne peut-on pas attendre de gens qui courent après les voyageurs, pour les arrêter et les faire boire, qui estiment si peu les âmes, que pour quelques viles pièces d’argent, ils ne craignent pas de les vendre au démon ? Sous prétexte de ne pas perdre leurs pratiques,ne les voit-on pas en toute occasion enivrer le monde, vendre les saints jours de dimanche et de fête, attirer les jeunes gens, sachant bien que l’argent qu’ils reçoivent d’eux est un argent volé à leurs parents: souffrir chez eux les paroles les plus obcènes, les blasphêmes les plus exécrables, les chansons les plus impudiques? Grand Dieu ! Quelle conscience que celle de ces. aubergistes qu à tout instant du jour et de la nuit souffrent tant de scandales, pour avoir des pratiques ! Quelle profession daugereuse que celle où l’on n’est moralement pas capable de gagner sa vie sans être l’occasion prochaine de la perte des âmes! O âmes précieuses, vous valez pourtant tout le sang de J. C.!

Le second moyen que Dieu nons donne pour garder la Tempérance, c’est la prière fervente. Or, par prière il faut entendre tout exercice de piété et de religion. Voici à ce sujet quelques pratiques faciles, mais souverainement effcaces,que Nous vous recommandons de garder.

1°. Dites chaque jour, votre Pater et Ave de ln Tempérance, avec cette touchante invocation: Jésus abreuvé de fiel et de vinaigre, ayez pitié de nous. Vous gagnerez par là 300 jours d’ingulgences, qui vous aideront à vous acquitter envers la divine justice, pour tous les excès passés,et vous donneront moyen de soulager les âmes du Purgatoire, qui peut-être brûlent dans

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