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Duci, ac illarum ductoribus et militibus, qui inexpectata hostili irruptione lacessiti pro Dei, Ecclesiæ, hujus Apostolicæ Sedis, ac justitiæ causa fortiter, viribus licet longe imparibus, dimicarunt ; vix lacrimas continere ponte noscentes quot strenui milites, ac ectissimi præsertim juvenes in hac injusta et crudeli invasione occubuerint, qui religioso sane nobilique animo ad civilem Romanæ Ecclesiæ principatum tuendum advolarunt. Nos insuper summopere commovet luctus, qui in illorum familias redundat.
Utinam eisdem familiis fletam Nostris verbis abstergere possemus! Confidimus vero non levi ipsis solatio et consolationi faturam honorificentissimam mentionem, quam de extinctis suis liberis et propinquis merito facimus ob splendidum sane eximiæ eorum erga Nos, et hanc Sanctam Sedem ñdei, pietatis et amoris exemplum, quod christiano orbi cum immortali eorum nominis laude exhibuerunt. Atque in eam profecto spem erigimur fore, ut ii omnes, qui gloriosam pro Ecclesiæ causa mortem obierunt, illam sempiternam assequantur pacem et beatitatem, quam a Deo Optimo Maximo apprecati sumus, et apprecari numquam omittemus, Quo loco debitis quoque laudibus presequimur dilectos Filios Præsides provinciarum, præsertim Urbino-Pisaurensis, et Spoletanæ, qui in hac tristissima temporum vicissitudine suo munere sedulo constanterque perfuncti sunt.
Jam vero, Venerabiles Fratres, quis ferre unquam poterit insignem impudentiam et hypocrisim, qua nequissimi invasores in suis ep asserere non dubitant, se
ostras aliasque Italiæ adire provincias, ut ibi moralis ordinis principia restituant? Atque id ab iis temere affirmatur, qui acerrimum Catholicæ Ecclesiæ, ejusque Ministris, ac rebus jamdiu bellum inferentes, et ecclesiasticas leges, censurasque plane despicientes ausi sunt spectatissimos tum S. R. E.
leurs officiers et soldats qui, attaqués à l’improviste par l’ennemi, ont courageusement combattu, bien qu’avec des forces inégales, pour la cause de Dieu, de l'Eglise, de ce Siége Apostolique et de la justice, Nous pouvons à peine contenir Nos larmes, car Nous savons combien de valeureux soldats, de jeunes gens d'élite surtout, que leur foi et leur noble cœur avaient fait voler à la défense du pouvoir temporel de l'Eglise Romaine, ont trouvé la mort dans cette injuste et cruelle invasion. Nous sommes douloureusement ému du deuil qui va rejaillir sur leurs familles. Plût à Dieu que Nous puissions sécher les pleurs de ces familles par Nos paroles! Elles trouveront, Nous en avons la confiance, une consolation qui, pour elles, ne sera pas vaine, dans la mention que Nous faisons ici de leurs enfants et de leurs proches, pour honorer leur mort et l’éclatant exemple de foi, de dévouement et d’amour envers Nous et ce Saint-Siége, qu’ils ont, en immortalisant leur nom, donné au monde chrétien. Nous Nous fortifions dans cette espérance que tous ceux qui ont glorieusement succombé pour la cause de l'Eglise, obtiendront cette paix et cette béatitude éternelles que Nous avons demandées et que Nous ne cesserons de demander au Dieu très-bon et très-grand. Nous devons également accorder ici des éloges à Nos chers fils les Gouverneurs des provinces, surtout des provinces d’Urbino-Pesaro et de Spolète, qui, au milieu de cette triste vicissitude des temps, ont constamment et courageusement accompli leur devoir.
(4) Êt maintenant, Vénérables Frères, qui pourrait supporter l’impudence et l’hypocrisie insignes avec lesquelles Nos coupables envahisseurs ne craignent pas d'affirmer dans leurs proclamations, qu'ils viennent occuper Nos provinees et d’autres de l'Italie, pour rétablir les principes de l’ordre moral ? Voilà ce qu'affirment insolemment ceux qui, faisant depuis longtemps une guerre acharnée à l’Eglise Catholique, à ses ministres, à ses intérêts, et méprisant les lois et les cen-
Cardinales, tum Episcopos, tum probatissimos utriusque Cleri Viros in vincula conjicere, Religiosas Familias e propriis Cœnobiis expellere, Ecclesiæ bona diripere, et civilem hujus Sanctæ Sedis principatum vastare, Scilicet moralis ordinis principia ab iis restituentur, qui publicas cujusque falsæ doctrinæ scholas, et meretricias etiam domos constituunt, quique abominandis scriptis et scenicis spectaculis pudorem, pudicitiam, honestatem, vitutem offendere, eliminare, et sacrosancta divinæ nostræ religionis mysteria, sacramenta, præcepta et instituta, sacrosque ministros, ritus, cæremonijas irridere, contemnere, omnemique justitiæ rationem de medio tollere, ac tum religionis tum civilis societatis fundamenta labefactare et evertere connituntur !
In hac igitur tam injusta, tam hostili et horrenda civilis Nostri et hujus Sanctæ Sedis procipatss aggressione et occupatione a Subalpino Rege ejusque Gubernio contra omnes justitiæ leges et universale gentium jus peracta, Nostri officii probe memores in
oc amplissimo Vestro consessu, et coram universo Catholico Orbe Nostram vocem denuo vehementer attollimus, ac omnes nefarios sacrilegosque ejusdem Regis et Gubernii ausus reprobamus, penitusque damnamus, omnesque actus plane nullos et irritos declaramus, decernimus, ac civilis, quo Romana pollet Ecclesia, principatus integritatem, ejusque jura, quæ ad omnes catholicos pertinent, etiam atque etiam reclamamus, et reclamare nunquam desistemus.
Verum dissimulare non possumus, Venerabiles Fratres, saumma Nos opprimi amaritudine, cnm in tam scelesta et nunquam satis exsecranda aggressione alieni auxilii opem, variis exortis difficultatibus adhuc desideremus. ÆEquidem notissimæ Vobis sunt iteratæ declarationes Nobis factæ ab uno ex potentissimis Europæ Principibus. Attamen dum illarum jamdiu expectamus effectum, non possumus non vehementer angi ac per-
sures ecclésiastiques, ont osé emprisonner les Cardinaux les plus illustres, les Evêques et les membres les plus recommandables de l’un et l’un et l’autre Clergé, chasser les Religieux de leurs Couvents, piller les biens de l'Eglise, porter le ravage dans le domaine temporel de ce Saint-Siége. Sans doute, les principes de l’ordre moral vont être rétablis par ces hommes qui ouvrent des écoles publiques pour toutes les fausses doctrines, ondent des maisons de débauche ; qui, par des écrits et des pièces de théâtre abominables, s'efforcent de blesser et de détruire toute pudeur, toute chasteté, toute vertu, de livrer à la dérision et au mépris les mystères sacrés de notre divine religion, ses sacrecrements, son culte et ses cérémonies, d’abolir toute notion de justice, de saper et de renverser les fondements de la religion et de la société civile.
En présence de cette injuste et odieuse invasion des Etats du Saint-Siége par le Roi du Piémont et son Gouvernement, accomplie contre toutes les lois de la justice et contre le droit des gens, Nous souvenant des devoirs de Notre charge, Nous élevons de nouveau la voix au sein de cette auguste assemblée et devant tout l’univers catholiqne ; et Nous réprouvons, Nous condamnons absolument tous les détestables et sacriléges attentats de ce Roi et de ce Gouvernement ; Nous déclarons nuls et de nul effet tous leurs actes ; Nous protestons et Nous ne cesserons de protester pour le maintien intégral du pouvoir civil dont jouit l'Eglise Romaine, et de pes droits qui appartiennent à tous les catho-
iques.
ins ne saurions dissimuler, Vénérables Frères, l’amertume profonde qui Nous accable en voyant que, par suite de difficultés diverses, Nous en sommes encore à désirer l'appui d’un secours extérieur coatre cette invasion criminelle qu’on n’exécréra jamais assez. Les déclarations réitérées qui Nous ont été faites par l’un des plus puissants Princes de l'Europe vous sont bien connues :
mais tandis que Nous en attendons depuis:
turbari cum inspiciamus nefandæ usurpationis auctores fautoresque audacter insolenterque in nefario suo proposito persistere ac progredi, tamquam certo confidentes neminem sibi reapse adversari.
Hæc autem perversitas eo devenit, ut hostilibus Subalpini exercitus copiis ad mœnia fere hujus almæ Nostræ urbis immissis, quæcumque fuerit implicata communicatio, publicæ privatæque rationes in discrimen adductæ, commeatus intercepti, et, quod gravissimum est, Sammus totius Ecclesiæ Pontifex in molesiam redactus difficultatem Ecclesiæ ipsius negotiis, prout res postulat, consulendi, proptereaquod maxime coarctetur via cum variis orbis partibus communicandi. Quamobrem in tantis Nostris angustiis, tantoque rerum discrimine vel facile intelligitis, Venerabiles Fratres, Nos tristi necessitate eo jam ferme impelli, ut vel inviti cogitare debeamus de opportuno suscipiendo consilio ad Nostram dignitatem tuendam.
Interim abstinere non possumus, quin præter alia deploremus funestum ac perniciosum principium, quod vocant de non Interventu a quibusdam Guberniis haud ita pridem, ceteris tolerantibus, proclamatum, et adhibitum etiamcumdeinjusta alicujus Gubernii contra aliud aggressione agatur: ita ut quædam veluti impunitas ac licentia impetendi ac diripiendi aliena jura, proprietates, ac ditiones ipses contra divinas humanasque leges sanciri videatur : quemadmodum luctuosa hac tempestate cernimus evenire. Et mirandum profecto, quod uni Subalpino Gubernio impune liceat ejusmodi principium despicere ac violare, Cum videamus ipsum hostilibus suis coplis, universa Europa inspectante, in alienas ditiones irrumpere, legitimosque ex illis Principes exturbare : ex quo perniciosa
longtemps l'effet, comment Nous serait-il possible de n’être pas dans le trouble, dans de cruelles angoisses, en voyant les auteurs et les fauteurs de cette criminelle usurpation persister dans leur détestable projet et en
ursuivre audacieusement et insolemment ’exécution, comme s'ils avaient la pleine assurance qu’en réalité personne ne s’y op-
(5) Les choses en sont venues à ce point que, des troupes de l’armée Piémontaise ayant été envoyées presque jusque sous les murs de Notre capitale, toute communication a été interrompue, les intérêts publics et privés compromis, les convois interceptés, et, ce qui est de la plus extrême gravité, le Pontife Suprême de l'Eglise universelle se trouve réduit à ne pouvoir que difficilement pourvoir aux affaires de l’Eglise, les voies lui étant de plusen plus fermées pour communiquer avec les différentes parties du monde. C’est pourquoi, au milieu de si grandes angun en présence d’une situation si périleuse, vous le comprenez, Vénérables Frères, Nous Nous voyons déjà comme poussé par une triste nécessité à cette extrémité où Nous devons, même contre Notre gré, délibérer sur le parti le plus opportun à prendre pour sauvegarder Notre dignité.
(6) En attendant, Nous ne pouvons Nous abstenir de déplorer, entre autre chose, ce funeste et pernicieux principe, dit de non-intervention, que depuis assez peu de temps certains Gouvernements proclament et mettent en pratique, avec la tolérance des autres, même lorsqu'il s’agit de l’injuste agression d’un Gouvernement contre un autre : de telle sorte que l’on semble assurer une nl ne ce d’impunité et de licence contre toutes les lois divines et humaines, aux attaques et à la spoliation des droits d’autrui, des propriétés et des Etats eux-mêmes, comme Nousen sommes les témoins dans ce temps malheureux. Et certes, il est étrange qu’il soit impunément permis au seul Gouvernement Piémontais de mépriser et de violer un pareil principe? Ne le voit-on pas faire irruption à
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consequitur absurditas, alienum nempe interventum dumtaxat admitti ad rebellionem suscitandam atque fovendam.
Hinc autem opportuna Nobis oritur occasio excitandi omnes Europæ Principes, ut pro
spectata ipsorum consilii gravitate et sapien- pe
tia serio Lerpasens quæ quantaque mala in detestabili, quem lamentamur, eventu cumulentur. Agitur enim de immani violatione, quæ contra universale gentium jus nequiter est patrata, quæque nisi omnino coerceatur, a deinceps legitimi cujusque juris firmitas ac securitas poterit consistere. Agitur de rebellionis principio, cui Subalpinum Gubernium turpiter inservit, et ex quo pronum est intelligere, quantum cuicumque Gubernio discrimen in dies comparetur, et quanta in universam civilem societatem redundet pernicies, cum ita fatali Communismo aditus aperiatur. Agitur de violatis solemnibus onventionibus, quæ uti aliorum in Europa Principatuum, ita etiam civilis Poztificiæ Ditionis integritatem sartem tectamque servari omnino postulant. Agitur de violenta direptione illius principatus, qui singulari divinæ providentiæ consilio Romano Pontifici datus est ad Apostolicum suum Ministerium in universam Ecclesiam plenissima libertate exercendum. Quæ profecto libertas summæ omnibus Principibus curæ esse debet, ut Pontifex ipse Huliius civilis potestatis impulsui subjaceat, atque ita spirituali pariter catholicorum in eorumdem Principum dominiis degentium traquillitati cautum sit,
Itaque omnibus Supremis Princibus persuasum esse debet, Nostram cum Ipsorum causa plane esse conjunctam, eosque suum Nobis auxilium afferentes Nostrorum æque ac suorum jurium incolumitati esse prospecturos. Maxima proinde cum fiducia ipsos hortamur et obsecramus, ut opem Nobis, pro
main armée, l’Europe entière le regntant, dans les Etats d’autrai et en chasser les Prin-
ces légitimes ? D’où äécoule cette pernicieuse
absurdité qu’on n’admet l'intervention étran-
gère que pour provoquer et entret=nir la ré-
bellion ?
C’est ce qui Nous fournit une occasion favorable d’engager tousles P rinces de l’Euroà examiner sérieusement, avec toute la maturité et la sagesse de leurs conseils, quels
nds et innombrables maux renferme le
étestable événement que Nous déplorons. Il s’agit,en effet, de la monstrueuse violation qui s’est accomplie d'une manière inique contre le droit universel des gens, et qui, si elle n’était entièrement comprimée, ne laisserait plus de force et de sécurité à aucun droit légitime. Il s’agit d’un principe de rébellion que favorise honteusement le Gouvernement Piémontais et qui donne facilement à comprendre quel danger menace chaque jour tout Gouvernement et quel fléau il entraîne pour toute société civile, puisqu'il ouvre ainsi une issue au fatal communisme. Il s’agit de conventions solennelles qui exigent, dans les Etats Pontificaux aussi bien que dans les autres Etats européens, ‘° respect et le maintien inviolable de Notre pouvoir civil. Il s’agit de la violente spoliation de ce pourais qui, par une singulière dispositioa de la Providence divine,a été donné au Pontife Romain pour exercer avec une entière liberté son ministère Apostolique dans l’Eglise tout entière. Cette liberté doit assurément exciter la souveraine sollicitude de tous les Princes, afin que le Pontife n’obéisse à l’impulsion d’aucun pouvoir civil et que la tranquilité spirituelle des catholiques qui habitent les Etats de ces mêmesPrinces soit à l’abri de tout danger.
Aussi tous les Souverains doivent être persuadés que leur cause est intimement liée à la Nôtre, et qu’en venant à Notre secours ils
ourvoient également à la préservation de eurs droits et des Nôtres. Nous les pressons et les conjurons donc, avec grande confiance, de Nous prêter assistance chacun selon
vin
sua quisque conditione et opportunitate, velintimpendere. Non dubitamus autem, quin catholici præsertim Principes ac Populi omnem eorum curam et operam studiosissime conferant, ut pro communi eorum officio universi Dominici Gregis Patrem et Pastorem parricidialibus degeneris filii armis oppu-
atum modis omnibus adjuvare, tueri et
efenderi properent atque festinent.
Cum autem apprime sciatis, Venerabiles Fratres, omnem spem Nostram in Deo esse collocandam, qui adjutor et refugium est nostram in tribulationibus nostris, quique vulnerat et medetur, percutit et sanat, mortificat et vivificat, deducit ad inferos et reducit ; iccirco in omni fide, et humilitate cordis Nostri assiduas ferventissimasque ad Ipsum, adhibito in primis efficacissimo Immaculatæ Sanctissimæque Deiparæ Virginis Mariæ pren ac suffragio Beatorum Petri et
auli, preces effundere non intermittamus, ut faciens potentiam in brachio suo inimicorum suorum superbiam elidat, et expugnet impugnantes Nos, omnesque Ecclesiæ suæ sanctæ hostes humiliet et conterat; atque omnipotenti suæ gratiæ virtute efficiat, ut omnium prevaricantium corda resipiscant, deque optatissima illorum conversione sancta mater Ecclesia quam primum lætetur,
sa condition et ses moyens. Nous ne doutons pointque les Princes et les peuples Catholiques surtout n’emploient avec la plus grande ardeur leurs soins et leurs efforts pour se hâter, d’un commun accord, de secourir, de défendre et de protéger par tous les moyens le Père et le Pasteur de tout le troupeau du Seigneur, attaqué par les armes parricides d’un fils dégénéré.
(7) Mais vous le savez, Vénérables Frères, tout notre espoir esten Dieu, Notre aide et Notre refuge en Nos tribulations, en Dieu, qui blesse et panse Ja blessure, qui frappe et guérit, donne la mort et donne la vie, mène aux enferseten retire, C’est pourquoi, en toute confiance èt humilité de cœur, ne cessons pas de répandre assidûment devant lui Nos plus ferventes prières, implorant avant tout l’intercession très-efficace de la Très-Sainte et Immaculée Mère de Dieu, la Vierge Marie, et le suffrage des bienheureux Apôtres Pierre et Paul, pour qu’il fasse éclater la puissance de son braset brise l’orgueil de ses ennemis, qu’il mette en fuite ceux qui Nous attaquent, humilie et écrase tous les ennemis de sa sainte Eglise, et aussi pour que les cœurs des prévaricateurs soient changés por la vertu toute-puissante de sa grâce, et que la sainte Mère l'Eglise se réjouisse au plus tôt de leur conversion si désirée.
PS 2000 D ee né La *