Lettre pastorale de Mgr. lévêque de Montréal [microforme]
POUR DÉNONCER DE NOUVEAU MR. Cr. Cniniquy er DÉFENDRE AUX CATHOLIQUES DE LIRE DE DAILY WiTNESS," EN LES TNVITANT A ENCOURAGER UN JOURNAL ANGLAIS,
IaNacE Bourarr par LA GRACE DE DIEU ET pr SIÈGE APOSTOLIQUE, ÊVEQUE DE MONTREAL, ASSISTANT AU TRÔNE PonrirrcaL, Er.
Au Clergé séculier et régulier et à tous les Fidèles de Notre Diocèse, salut et Bénédictior en Notre Seisneur.
LS Retour de 1. Chiniquy dans cette ville.
Ce n'est pas, sans un profond regret, que Nous none voyons, N. T.C. F. dans la pénible nécessité de renouveler la défense que Nous fimes, le 4 février 1859, à tous les catho-
liques, de fréquenter les assemblées dans lesquelles M, C: Chiniquy préchait ses erreurs, Car Nous apprenons, avec douleur qu'il est de retour dans cette ville, et qu'il fait d'in-
croyables efforts pour répandre ses funestes doctrines. Nous sommes done dans la pénible nécessité d'élever de nouveau la voix, pour vous avertir du danger que court votre foi, si vous allez entendre ce ministre d'erreur. Le Seigneur lui-même Nous en fait un précepte rigoureux, en Nous disant, par la bouche de son prophète: Æs de l'homme. Je vous ai établi sentinelle sur la maison d'Israel ; et vous écouterez les paroles qui sortent de ma bouche; et vous les ferez entendre, de ma part, à ceux qui sont en danger de périr. (Ezech,
3, 19.) Si, ajoute le prophète, lorsque je dirai à l'impie : vous mourrez, vous ne le lui dites pas... il mourra dans son iniquité, mais je vous demanderai compte de son sang [Ibid. 18]. Il vous est facile de conclure de ces textes, N. T. C. F., que si, par négligence, faiblesse, respect humain, Nous négligions de vous avertir que votre foi est en danger, en allant écouter les discours de ce prètre justement chassé du sanctuaire, et si, pour n'avoir pas été avertis de ce danger, il vous arrivait de vous laisser séduire, Nous en répondrions au tribunal du souverain Juge, Oh! que ce compte serait ter-
æibie !
II S Comment doit etre entendu ect oracle.
Il est évident, N. T. C. F, que cet oracle de la Ste. Ecri-
ture nous regarde tous et s'applique naturellement au cas présent, en nous obligeant, Nous, comme votre Pasteur, à vous signaler les dangers que court votre foi, et vous, comme nos brebis, en vous imposant le devoir de Nous obéir strictement, puisqu'il y va de votre salut éternel. Car, sans la foi il est impossible de plaire à Dieu; et si l’on perd Ja foi tout est perdu, quand mème on aurait, en la perdant, gagné le monde entier.
Maintenant, prètez, N.'T. C. F., une attention sérieuse à à tout ce que Nous avons à vons dire; et comprenez bien ce dont ii eat ici question. Il s'agit d'éviter M. Chiniquy qui vient vous endoctri?r,en vous enseignant ses erreurs et en vous prèchant se impiétés. Si vous l'écoutiez avec complaisance, vous tombericz comme lui dans l’abime où il s’est précipité, en méprisant l’Église et en levant l'étendard de la révolte, sous lequel il voudrait maintenant vous enroler. Ecoutez donc, avec une attention sérieuse, les pressantes raisons qui vous obligent de l'éviter.
DI $S. lère raison de ne pus preter l'oreille aux discours de M. Chüniquy ; c'est parce qu'il est apostat.
Remarquez bien, N.T. C. F,, qu'il Nous en coûte beaucoup
d'entrer dans d'aussi pénibles détails, que Nous voudrions
Le
couvrir d'un voile si épais que l'on en perdit pour toujours le souvenir, Mais le danger que court votre foi Nous oblige de rompre le silence. Il se fuit d'ailleurs tant de bruit autour de ce malheureux prêtre, qu'il n’est plus possible de le cacher. D'ailleurs, il est le premier à nous révéler ses faits et gestes, dont il se glorifie, quoiqu'ils ne soient que des turpitudes, comme il vous sera facile d'en juger vous-mêmes.
Voici maintenant l'histoire de Papostasie de M, Chiniquy :
Le fut le 22 Août, 1858, que ce prêtre doublement malheureux, déclara publiquement qu'il abandonnait la Reli- “gion catholique, pour se faire chef d’une secte nouvelle. ‘Or, voici ce qui se passa dans une nombreuse assemblée, ‘convoquée dans une des salles de la Cour de Justice de ‘Kankakee, où s'est consommé l'acte de cette déplorable “apostasie, M. Chiniquy déclara que tous les liens qui exis- ‘ taient entre lui et les Evéques et le Pape étaient rompus ; qu'il “était protestant ; qu'il prenait la Bible pour quide ; qu'il allait former auee son peuple une secte qui s'appellerait l'Eglise ‘ Catholique Chrétienne ; qu'il n'avait plus œucune relation avec se Pupe, n' aree les Evéques, parceque définitivement il était séparé de l'Eglise de Rome [Lettre Past, susdite ].
Il est facile de conclure d'une déclaration si formelle, si publique et si solennelle, que M. Chiniquy, en sortant de l'Eglise Romaine, a voulu se faire une religion, qui serait à lui, dont il serait le fondateur et le chef. à laquelle il a prétendu apposer le sceuu de son autorité et de sa paternité, en lui donnant un nom propre, celui d'Eglise Catholique Chrétienne. C'est donc une secte nouvelle que la religion que vient de fonder M. Chiniquy. Evidemment, elle ne peut pas étre Romaine; mais peut-il dire quelle soit catholique, cestà-dire qu'elle embrasse tous les temps, toutes les nations, tous les pays? Remonte-t-elle aux Apôtres et se conforme-t-elle en tous points à leur enseignement ?
Quoiqu'il en soit, M. Chiniquy ne se compromet-il pas, en allant prècher sa nouvelle religion dans des Erlises qui iui sont étrangdres ? Ne devrait-il pas se borner aux Eylises
Catholiques-chrétiennes, pour ne pas s'exposer à être interpellé, dans ses discours, par ceux qui rejèteraient sa doctrine ? N'y aurait-il pas chez ceux qui l'invitent à prècher dans leurs temples, quelque imprudence, en s'exposant à perdre leurs brebis e& même à souffrir des dommages de lx part de ceux qui se porteraient à des violences injustes et mème dangereuses, aux heures de réunion ?
Quant aux Catholiques, loin d'inviter ce prètre malheureux à venir prècher duns leurs églises, il ne doivent pas même aller l’entenüre dans celles où il est reçu, Telle est la règle qui nous est tracée par l'Écriture et par la tradition; comme il vous est facile, N, T. C. F,, de vous en convaincre par ce qui suit. ‘ L'Apôtre St. Jean insistait fortement & sur l'obligation rigoureuse où étaient les chrétiens de son temps d'éviter ceux qui cherchaient à séduire les Fidôles, & Car, écrivant à la Dame Electa et à ses enfants, il leur dit: ce Si quelqu'un vient à vous et ne professe pus cette doctrine, ne « Je saluez pas: car celui qui le salue prend part à ses œuvres & d'iniquité. St Polycarpe, Evèque de Smyrne, qui fut un “ de ses principaux disciples, profita si bien des leçons « d'un si grand Apôtre, qu'ayant un jour rencontrée par & hasard l'imnie Marcion, et celui-ci lui ayant demande “il « Je connaissait : oui, répondit-il, je vous connais pour le fils &e ainé de Satan.”
C’est ainsi que doit être traité Mr, Chiniquy, qui a si solennellement déclaré qu'il était, non seulement apostat et héritique, mais encore chef d’une nouvelle secte, c'est-t-dire un véritable hérésiarque, ce qui lui fait encourir des peines ecclésiastiques plus sévères et des anathèmes plus terribles
LV $. Seconde raison. C’est un excommunié.
En voici la preuve. # Vers le commencement du mois « d'Août, 1858, Monseigneur Duggan, Administrateur du diocèse de Chicago, voulant lui-même désabuser ceux de nos infortunés compatriotes, que Mr, Chiniquy retenait
dans son chisme. s'était transporté à la porte de l'Eglise de ‘“ Ste, Anne où il fit un discours dont voici la substance, Peuple de Ste, Anne, j'ai examiné tous les documents
“ qui se rattachent à l’histoire des troubles religieux qui ‘ tourmentent ce diocèse, ct j'ai pensé et jugé toute cette «€
affaire, Mr, Chiniquy a prétendu n'avoir jamais été régulièrement interdit, et par cet avancé il a entrainé à sa ‘ suite bien des malheureux qu'il a trompés. Mr, Chiniquy a cté dûment suspens ; et il demeure excommunié ; et pour Ôter tout prétexte à l'erreur et toute possibilité “ d'en imposer de nouvean, je confirme ici, devant tout ce
peuph, les censures et interdits canoniques portés par ‘ inon prédécesseur et justement portés.”
Ainsi, A, Chiaiquy, ayant été tfds certainement ct très lustoment sisnens, interdit et excommumé, il est par là même devenu un G? Ces hommes rejetés et maudits de Die : ob des hormimes dont warle Notre Seigneur, quand il dit: si
Jueiquu N'écrute pas l'église, qu'il soit pour vous comme un
Payer et un r'hlicain. Il est à remarquer que chez les juifs,
c'était un deshonneur de se trouver en la compagnie de ces hommes, tant ils étaient décriés parmi le peuple.
Ainsi, nous voyons dans l'Évangile, que les Pharisiens se scandalisaient de voir le Sauveur aller chez les publicains, et distient aux disciples, par manière de reproche: pourquoi votre maître mange-t il avec des hommes qu'il n'est pas permis de fréquenter? Ces pharisiens ne se seandalisaient ainsi de la conduite du Sauveur que parce qu'ils ne voulaient pas admettre qu'il était venu dans ce monde pour sauver les pauvres pécheurs,
VS. Troisième raison. C'est un imposteur,
I convient avant tout de remarquer que quiconque cherche sciemment à tromper doit être réputé imposteur; et il l’est dans la force du terme. Or, pour se convaincre que tel est M. Chiniquy, il suftit de donner une attentionsérieuse
aux lectures qu'il vient de donner dans cette ville.
lo {cherche à tromper, en donnant comme extraits de l'ancien et du nouveau catéchisme romain des diocèses de Québec et de Montréal, un Petit Catéchisme qui lui est propre ; et qu'il a formulé pour y entasser ses nombreuses et monstrueuses erreurs, et propager ainsi plus facilement, sous l'autorité de ces deux Eglises qui, grâce à Dieu, n'ont jamais failli dans la foi, ses blasphèmes, ses calomnies et ses iniures contre la sainte Eglise.
La preuve que c'est là une imposture flagrante est visible, tangible et à la portée de tout le monde, des ignorants comme des savants, Et en effet, si tel a été et si tel est encore le petit catéchisme, enseigné à Québec et à Montréal, il doit se trouver, dans ces deux diocèses, des milliers de ‘atholiques qui ont dû apprendre par cœur ce catéchisme, pour se préparer à la première communion, à la confirmation et à la réception des autres sacrements, Il est facile de questionner quelques uns de ces catholiques, pour s'assurer si tel est le cas, [Test de mème facile de se procurer ce prétendu vatéchisme qui ne pourrait se vendre chez les libraires qu'avee l'approbation des Évèques. Or, il n'est rien de tout cela. C’est donc une imposture visible,
20 Il clerche à tromper, en assurant hardiment que tout prètre fait, quand il est ordonné, deux serments, lun pour promettre de ne jamais prècher autre chose que l'Evangile, et l'autre pour s'engager à interprêter ce livre comme l'interprôtent les Püres de l'Eglise; et il promet de plus de ne pas chercher à se servir de sa conscience ni de l'intelligence que Dieu lui a données, mais seulement des traditions de l'Eglise de Rome: de cette manière, conclut-il, l'Evangile que l’on vous donne est un livre fermé, qu’on vous met dans la main, en vous défendant de l'ouvrir.
C'est là encore une imposture palpable et flagrante ; comme chacun peut s'en convaincre, en jetant un coup d'œil sur les livres dont se sert la sainte Eglise Romaine, pour l'ordination de ses prêtres et autres ministres. D'ailleurs, il serait absurde de croire que tant de milliers de prètres,
ordonnés dans l'Église, consentiraient. sans réclamation, à préter un serment si ridicule, et que M. Chiniquy serait le seul à jeter les hauts cris. Mais ce qu'une personne sensée ne pourra jamais admettre, c'est que l'Eglise soit assez impie pour exiger le parjure, en exiseant un env'agement que l'on ne peut et que l'on ne doit pas accomplir. A cette seule proposition, n'est-on pas saisi d'horren ?
30. Il cherche à tromper, en voulant faire croire que Île pouvoir donné aux Apôtres de pardonner les péchés n'est pas autre chose que le précepte divin qui oblige à pardonner les injures reçues du prochain, Car il est évident que tous les péchés des hommes sont soumis aux clefs de l'Eglise, comme cela a été prouvé et pourra l'être encore. En attendant, qu'il soit bien compris que éeux-là mème qui pardonnent ne peuvent être pardonnés que par les prêtres et que ceux qui ne veulent pas pardonner au prochain, n'ont aucun pardon à attendre de Dieu, quand même le prètre leur donnerait l’absolution, non pas faute de pouvoir chez le prétre, mais faute de dispositions chez les pénitents,
40. Il cherche à tromper, en assurant que l'Evangile lui ayant été fermé par les serments prètés à son ordination. on s'était servi des Saints Pères pour justifier à ses yeux l'usage de la Confession, qu'il a prèché pendant vingt-cinq ans, Car, dit-il, lorsque l'Evangile dit blane, le Pape dit noir : quand Divu parle d'une façon, la tradition lui donne un démenti
formel. Que d'horribles blasphèmes : Cependant aue!ques : ] |
lignes plus bas, il ose avancer que Les saints Pères disent que la confession est une abomination, une horreur. Puis il ajoute que si jamais chose à existé honteuse, dégradante, avilissante pour l'homme et la femme c'est celle-là. Hélas! que de contradictions ! que d'abomination !
VIS. Autres preuves des inpostures de Mr. C hiniquy.
Enfin, pour en finir, N. ©. C. F. Mr. Chiniquy nc prouve-il pas lui-mème qu’il est un im;,osteur, en déclarant publique-
te
nent que, pendant vingt-cinq ans qu'il a exercé le ministère, il a agi contre sa conscience, en travaillant à faire croire que Dieu avait institué la confession ; en se Jaissant ordonner, après qu'on lui eût fat connaitre les questionsqu'il fallait faire au Confessional par l’ordre du Pape et de l'Eglise de Rome, pour enseigner le mal à des âmes pures et innocentes : en consentant à travailler avec les 100 000 prêtres aux ordres du Pape, qui tous les jours empoisonnent 500,000 personnes, en s'ussayant au Confessional qui est, dit-il, en blasphémant, un lieu horrible où se passent toutes les saletés les plus abominables ? Nous nous contentons de ces courts extraits empruntés à ses dernières lectures, pour vous füire voir que Mr, Cniniquy est un véritable ir osteur.
I s'en suit que ce prètre n'est digne aujourd'hui d'aucune c“ontiance, lui qui n’a été et n'est encore qu'un apostat, un exéommunié, un imposteur, un séducteur, un menteur ct un calomaiatenr de la sainte Eglise Romaine, du Souverain Pontite, de tous les prêtres et de toutes les personnes du sexe dlévot, qui connaissent parfaitement bien et pratiquent religieusement les devoirs de la vie cléricale et chrétienne.
VIT. $. Etranges et déplorables écarts de Mr, Chiniquy.
En considérant ces étranges écarts dans lesquels est ombé ce prètre dévoyé, on est corime forcé de lui appliquer eette apostrophe que l’Ecriture adresse à Satan que l’orgueuil a précipité du sommet de la gloire «un fond des abimes : Quomoudo cecidisti de c«wlo, Lucifer, ete,
O vous prètre infortuné, que l'Eglise a nourri, honoré et si fort élevé; qui, dans vos prélications, ne montiez en chaire, qu'avec le Crucifix que vous teniezde la main pater nelle de notre immortel Pie IX, comment en êtes vous venu Jusqu'à déchirer, comme une vipère, le sein de l'Eglise votre bonne et tendre mère, en l'accusant follement et calomnieusement de mettre entre les mains de ses ministres, des livres capabies de répandre, dans le monde entier, le poison du vice le plus infâme? Comment osez-vous à affirmer que
le Pape est un démon, nn véritable antechrist ? La sainte image du Sauveur, que vous avez obtenue de lui, après diverses instances, et qui couronnait si bien ia grande et belle œuvre de la tempérance, dont la divine Providence vou avait Caargé, crie vengeance, en vous reprochant votre chûte äéplorable, Quomodo cecidisti de cœælo, Lucifer, ete,
9 prêtre dévoyé, qui jetiez autrefois un si viféclat, au milieu de vos confrères, qui vous donnèrent tant de témoignages d'honneur, d'estime et 2’:mitié, tant qu'ils purent
voir en vous l’homme de D: ‘e bon prêtre, l'apôtre de la tempérance; pourquoi dax. ivez-vous quitté si hon-
teusement leur rang, et Comment e:: êtes-vous venu jusqu'à chercher à faire croire au monde que, comme vous, ils sont liés par serments à la honteuxe nécessité de travailler à luire conuaitre le mal aux âmes pures et innocentes, pour obéir au Pape ? Quomodo cecidisti de cœlo, Lucifer, etc, Pouvez-vous ignorer qu'il se trouve parmi tes uncien: confrères et amis, des hommes capables de réfuter toutes vos damnables erreurs ? Pourquoi donc osez-vous avec tant d'arrogante prôner votre prétendue supériorité sur ces anciens confrères, et les défier de pouvoir repondre à vos arguments, qui ne sont que de misérables sophismes, en mottant en principe qu’ils sont incapables de vous répondre et qu'ils craindraient d'entrer en controverse avec vous ? Ne vous apercevez-veus pas que ces bravades vous ren: dent ridicule rux yeux de tous les gens sérieux, qui vous connaissent parfaitement, et qui savent ce que vous êtes etce que vous valez? Ne voyez-vous que ce serait, pour un prêtre honorable et qui sait se respecter, ua grand deshonneur, une véritable disgrâce que d'entrer en lutte avec vous qui n'êtes qu'un indigne apostat, un vil calomniateur de l'Eglise, votre Mère, et du Pape, votre père, que toutes les nations catholiques vénèrent si justement, romme le digne Vicaire de Jésus-Christ? Ne voyez-vous pas que vous portez sur le front le signe de la réprobation de l'Eglise, que Jésus-Christ n’a pas manqué de confirmer ? Ne comprenez-vous pas, après tout cela, que ce serait se deshonorc,
que de vons rencontrer? Ne devez-vous pas conclure de tout ce qui a été dit que tout prêtre qui vous rencontrerait n'aurait d'autre salut à vous adresser que celui de St. Polycarpe à Marcion: Je vous reconnais pour le fils ainé de Satan? Quomoco cecidisti de cœla, lucifer ?
O prêtre infidèle, qui avez rempli, avec tant d'éclat, la belle mission que vous avaient confiée vos supérieurs, en vous déléguant pour prècher la tempérance ; et qui en vous montrant si zélé à répandre dans nos villes et nos campagnes, cette admirable société, aviez conquis l'admiration de vos compatriotes et mérité la reconnaissance de tant de familles vertueuses, au sein desquelles, avec la tempérance, régnaient le bonheur et la paix, comment avez-vous pu oublier les bénédictions dont vous étiez comblé, dans ces plus beaux jours de votre vie où vous passiez pour un homme de Dieu ; et pourquoi cherchez-vous auiourd’hui à rendre ces familles malheureuses, en insinuant, dans vos discours perfides, que les épouses sont infidèles et les jeunes filles impudiques, tandis que les mœurs patriarehales de nos pères règnent encore dans un si grand nombre de bons ménages et sont, pour les pères et les épouses, la preuve évidente qu'ils peuvent sûrement compter sur la fidélité de leurs chastes épouses et sur l’innocence de leurs filles qui ont horreur du vice honteux qu’on leur impute. Quomodo cecidisti de cœlo, lucifer, qui mane oriebaris ? corruisti in terram, qui vulnerabas gentes ?.…. Numquid iste est vir qui conturbavit terram ?
VII S. Conclusions.
Concluez, N.T.C.F.. de toutes ces raisons que vous venez d'entendre, et de beaucoup d’autres que Nous pourrions apporter, combien est juste la sentence que Nous portons, dans la présente ordonnance, en réglant que ceux qui, au mépris de Nos charitables avertissements, s'obstineraient à vouloir assister aux discours de ce Prêtre, qui à apostasié la foi catholique, pour se faire chef d'une nouvelle secte, ne
pourront être admis aux sacrements, tant qu'ils refuseront de se soumettre à cette ordonnance de l Eglise.
Au reste, vous comprenez, N.T.C.F., qu’en adoptant cette règle de conduite, Nous pourvoyons, non-seulement à la conservation du dépôt sacré de la foi, maïs encore à la tranquillité publique, dans cette ville. Car Nous ne vous upprenons rien de nouveau, en vous disant que la présence et les discours de ce malheureux prêtre ont soulevé, dans notre ville, des passions haineuses et occasionné des actes de v'olence très-regrettables. Or, le moyen le plus simple de les prévenir pour la suite, c’est, pour les Catholiques, de ne jamais assister à des réunions si dangereuses à la foi et qui peuvent être une occasion de trouble et d'émeute.
VIILS. Défense de recevoir et de lire le Daily Witness.”
Considérant, avec la plus sérieuse attention, que le Souverain Pontife, au nom et avec l’antorité de Notre Seigneur Jésus-Christ, le divin Pasteur, a confié à nos soins tous les fidèles de ce diocèse ;
Vive’nent pénétré de la rigoureuse obligation qu'il y a pour Nous de veiller jour et nuit à la garde du troupeau du Seigneur dont Nous aurons bientôt un compte sévère à rendre au Souverain Juge des vivants et des morts ;
Sachant bien que cette vigilance pastorale Nous fait un devoir strict de faire tout en notre pouvoir, pour qu'il n'entre, dans notre bergerie, ni voleur, ni mercenaires, c'est-à-dire, aucun de ces hommes qui spéculent sur les brebis du Bon Pasteur, en travaillant à leur ravir le dépôt sacré .le la foi, ou qui, par intérêt, les laissent dévorer par les loups ;
Dans l'intime conviction où Nous sommes que Nous devons sacrifier nos aises, nos commodités, notre temps, notre vie, pour que nos brebis aient la vie, et qu’elles l'aient avec toute l'abondance des biens célestes ;
Fortement convaincu de l’impérieuse nécessité qui Nous est imposée de travailler, de toutes nos forces, à empêcher
nos chères brebis d'aller paitre dans des pâturages étrangers où elles ne trouveraient que des herbes empestées et des eaux bourbeuses et empoisonnées ;
Ayant acquis une pleine et entière certitude que le journal, connu sous le nom de Daily Witness, proclame habituellement des faux principes, contraires à l'Evangile, et des doctrines malsaines réprouvées par la sainte Eglise ;
Nous étant assuré qu'il se publie dans ses colonnes des blasphômes horribles, des injures, des calomnies qui font horreur, savoir: que la sainte Eglise Romaine serait une vraie Babylone, une prostituée enfin qui répand la séduction par toute la terre; que le Pape ne serait qu'un démon, un antechrist, qui conduit les nations au profond abîime de la plus affreuse démoralisation; que les prêtres ne seraient que les dupes du Pape et ses auxiliaires pour enseigner le vice et l'erreur aux personnes Gu sexe ;
Nous avons jugé qu'il était urgent et nécessaire d’interdire ce Journal à tous les catholiques ; et en conséquence, Nous leur défendons de recevoir, de vendre et de lire le Daily Witness, sous quelque prétexte que ce soit, en leur déclarant que s'ils refusent d’obéir à ce commandement si juste et si nécessaire, ils ne pourront être admis aux sacrements, à moins que ce Journal ne cesse de se montrer hostile à la religion catholique, en cessant de publier quoique ce soit de contraire à la foi et au respect dû aux personnes consacrées à Dieu et aux choses saintes, instituées pour entretenir parmi les hommes l'esprit de piété et de dévotion.
Vous vous soumettrez tous, N.'T, C. F,, avec respect et humilité à un commandement qui n'est fait que pour l'honneur de la religion et le bien commun des familles chrétiennes, qui Composent cette ville et ce diocôse. Assuré: ment, vous ne recevriez pas dans votre maison, un livre, ou un journal qui couvrirait de boue un bon père et une bonne mère, de bons parents et de bons amis; et vous vous garderiez bien de vendre et de débiter les livres et journaux qui feraient la honte de vos familles, comme hélas! quel-
ques catholiques le font du FFfness, Vous auriez raison, car ce serait pour vous un deshonneur que d'encourager des écrits qui attaqueraient sans cesse des personnes que vous devez aimer et honorer, dans l’ordre naturel aussi bien que dans l’ordre surnaturel, A plus ‘orte raison, devez-vous croire que vous ne pouvez en conscience et en honneur encourager des livres, journaux et écrits quelconques que vous savez être hostiles à l'Eglise qui est votre Mère, au Pape et à vos Pasteurs qui sont vos pères en J, C. Or, ce serait l'encourager que de recevoir le Fitness par ballots, dans vos magaxins, pour le débiter à tous ceux qui viendraient l'acheter, Que tous les catholiques ss souviennent que ce serait une marchandise gâtée, que réprouve et que doit réprouver tout commerce qui se fait honnétement, Aucun donc ne se laixsera séduire par lappas du gain et ne consentira à répandre, pour un vile intérèt, un Journal qui proclame tant de mauvais principes et insulte ja religion, avec tant de cynisme et d'impieté.
Nous savons la raison banale que l'on apporte pour .e permettre la lecture du FPtness : c'est que l'on y trouve beaucoup d'annonces. Mais eette raison ne saurait être admise: car ces Annonces peuvent se trouver ct se trouvent en effet dans plusieurs autres journaux anglais et français. Par conséquent vos affaires temporelles ne sauraient en souffrir, en renvoyant ce journal réproavé et dangereux. Pour la même raison, vous ne pouvez encourager ce Journal, en y faisant inxérer vos propres annonces,
Remarquez bien cependant, N.'T. CF, que le Htness vous est interdit, non pas précisément parce qu'il est protestant, mais parcequ'il est hostile au catholicisme, Que ce Journal soit honorable comme beaucoup d'autres journaux protestants, qui savent respecter les croyances religicuses des Catholiqqes, au milieu desquels il leur faut vivre, et l’on n'aura rien à démèler avec lui, pas plus qu'avec nos autres frères séparés. Vous le savez tous, N. M. C, F. et vous pouvez en rendre un éclatant témoignage, Nous ne parta-
geons pas sans doute leurs erreurs, et mème nous les déplo-
rons, parce que les aimant comme nous devons aimer des frères, créés à l'image de Dieu et rachetés au prix du sang précieux de F. €., Nous voudrions les sauver, Mais nous respectons leurs personnes et nous nous gurdons bien de Les mépriser et uen parler en termes outrageants, soit à l'Église, soit ailleurs. C'est que récilement Nous tenons à vivre en paix avec eux, en Nous conformant à cette beile règle que nous a tracée St Augustin, en s'adressant üux Donatistes,
“ Que ceux-là, écrit ce grand Docteur, vous traitent avec ‘rigueur, qui ne savent pas combien il est difficile de trou- “ ver la vérité, et d'éviter l'erreur : que ceux-là vous traitent avec rigueur, qui ignorent combien il y a de ia peine à & s'élever audessus des tintômes dont on est une fois rempli ; “ que ceux-là vous traitent avec rigueur qui ne connaissent “pas les dificultés qu'il y a à purifier l'œil de l’homme ‘intérieur, pour le rendre capable de voir a vérité, qui est « le soleil de l'âme, Mais pour nous, nous sommes bien “éloigné de suivre cette conduite envers des personnes & divisées d'avec nous, non ptu' des erreurs qu'ils aient in- “ ventées eux-mêmes, mais pour s'être trouvés dans l'égare- ‘ ment des autres, Nous otfrons, au contraire, nos prières ‘ à Dieu, afin qu'en reéfutant les fausses opinions de ceux ‘ que nous condamnons plutot d'imprudence que de malice, ‘il nous fasse Ja grâce de n'y apporter qu'un esprit de & paix, qui ne soit touché ni d'autres impressions que de : celles de la charité, ni d'autres intérêts que de ceux de & Jésus-Christ, ni d'autres désirs que de celui de votre salut.”
Maintenant, nous devons vous protester, N. 'T. C. F., que Notre plus grand désir est que le FFirness cesse tout de bon et pour toujours d'attaquer notre sainte Reliwion, et Nous n'aurons plus rien à démeler avec ce Journal, pas plus qu'avec les autres qui sont publiés par nos f ères séparés, Car alors Nous nous contenterons, comme St, Augustin, d'offrir nos humbles prières au Père des Miséricordes, afin d’en obtenir pour eux et pour tous ceux qui, comme eux, s0nt
ensevelis dans les ténèbres de l'erreur, les grâces qui Îles
feront rentrer dans les voies de la vérité, de la justice et du sulut.
IX $. Encouragement à donner un noureau Journal ang'ais.
Or, pour que la vérité se fasse jour à travers ces épaisses ténèbres, il faut au’elle ait un raoyen de faire entendre sa voix en tous lieux, et aux oreilles de toutes sortes de personnes. Elle parle, cette divine vérité, dans toutes les chaires catholiques. Mais hélas! il est beaucoup de personnes éloignées de nous qui n'ont pas moyen de l'entendre, parce qu'elles ne fréquentent jamais nos Eglises, Cependant elles entendent tous les jours et partout des objections contre ses enseignements. C'est en leur faveur et pour leur faciliter les moyens de s'éclairer, qu'il est question, à l'heure qu'il est, de fonder un nouveau Journal, qui sera l'organe du catholicisme, pour faire entendre sa voix à ceux de nos frères séparés qui n'ont pas d'autre moyen de résoudre leurs difficultés religieuses, et de déposer leurs doutes que la lecture d’un bon Journal qui, sans passion et sans préjugé, exposera amicalement les dogmes, les pratiques, les usages et les cérémonies de lu Sainte Eglise Romaine.
Pour obtenir un plein suceer, ce journal projeté, comme toute autre œuvre catholique, doit avoir les sympathies de tous ceux qui veulent le bien et ont à cœur l'avancement et les progrès de la Religion. L'on peut assurer iei que le besoin d'un tel journal est vivement senti. L'on doit ajouter que, s’il y a, en le fondant, une entente cordiale entre tous les cathoiiques sincères, qui ont à cœur le bien de la religion, et si chacun y contribue avec une bonne volonté et selon ses moyens, il ne peut manquer de réussir.
Pour cela, il faudrait que les campagnes aussi bien que les villes concourussent à la fondation et dotation de ce journal, qui doit interesser à un haut degré le catholicisme en quelque lieu que les catholiques soient domiciliés. Car l'intention qui préside à un tel établissement est, avant tout, l'honneur, la défense et la prospérité de la Religion que