‹ Lettre pastorale de Mgr. lévêque de Montréal [microforme]Chapitre 2 sur 2 · CS \ LS · texte numérisé non relu

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Jésus-Christ est venu fonder sur la terre, pour faire entendre la voix de la vérité, du levant au couchant, dans toutes les parties du monde et en toutes sortes de langues. Car son nom, qui est grand et adorable, mérite d'etre publié, exalté et béni dans le ciel et sur la terre. Il ne saurait done y avoir assez de bouches pour le louer, ni assez de cœur pour laimer.

C'est donc avec confiance, N.'T. C. F. que Nous faisons appel à votre zèle pour vous inviter à vous mattre à contribation, en faveur d’un établissement, destiné à venger la Religion de tous les outrages qui lui seraient faits par l'impiété, et à faire triompher les vrais principes que la sainte Eglise propose à notre foi et à notre piété,

Xe S. Appel a tous le S bons catholiques qui sont rnrités à prondre part aux combats qui sont livrés à la sainte Elise.

En vous exposant, comme Nous venons de five NS C. F., les blasphèmes horribles vomis contre notre sainte religion, Nous avons été vivement pénétré de la pensée que Nous nous adressions à de bons enfants de l'Eglise, qui ne pourront entendre parler des insignes outrages qui sont faits à leur bonne et tendre Mère, sans se sentir profondement émus et sans verser des torrents de larmes. Oh !sans aucun doute. ils seront dévorés de zèle et navrés de douleur, compatissant aux amertumes de l'Eglise, en tout temps, mais surtout dans ces jours de scandale et de désolation.

Vous vous sentez tous, Nous n'en doutons pas, N.T.C.F, pressés d'un ardent désir de conserver fidèlement le dépôt sacré de la foi, que l'on cherche à vous ravir, et animés d’une volonté ferme et généreuse, pour venger, par tous les moyens en votre pouvoir, les insultes faites à l'Eglise et à vos pisteurs, Ce sentiment de piété filiale est suis doute digne de vous et mérite tout éloge de Notre part. Aussi, Nous faisonsnous un devoir de rendre à tous ceux qui, dans ces jours

mauvais, se montrent de dignes enfants de l'Eglise, le témoi-

ænage honorable que mérite leur pi té sincère et éclairée.

C'est dans l’intime conviction que ces fervents catholiques, comme de bons soldats de J. C. vont Nous venir en aide, pour bien combattre les combats du Seigneur, que Nous allons leur tracer ici quelques-unes des règles qu'ils ont à suivre, pour remporter avec l'Eglise d'éclatantes victoires. Ces règles, comme vous allez le voir, sont pour tous, pour les petits comme pour les grands, pour les faibles comme pour les forts, pour les ignorants comme pour les savants, Llles se réduisent toutes à une règle de dévouement entier et parfait, Sans réserve et sans bornes, désintéressé et généreux, Vous allez le comprendre intimement et vous en aurez une haute idée en le mettant en pratique.

lo Le prètre apostat qui est vent ici vous insulter, en outrageant votre foi, avec une malice diabolique, dans une lecture, qu'il faisait ces jours derniers, s'est laissé aller à une vraie frénésie à propos du vénérable sacrement de l'Eucharistie, qui contient réellement et substantiellement le Corps, le Sang, l'Ame, la Divinité de Notre Seigneur Jestis- Christ, réellement présent sous les apparences du pain et du vin; est en parlant dela divine Eucharistie, qu'il a fuit paraitre le fond de son âme, en cherchant à jeter le ridicule le plus odieux su: le sacrement où le Seigneur s’humilie d'avantage, pour nous mieux témoigner son amour,

Ainsi, pour se moquer de notre foi, a-t-il osé dire que Îles catholique se faisaient un bon Dieu de pâte; que la sainte hostie n'était qu'une galette de pain ; que lui, lorsqu'il exereait le ministère, il se joignait à sa servante pour faire des bons Dieux de pâte. Pardonnez-Nous, N.T.C. F. de vous répéter ces horribles impiétés, exprimées dans un langage trivial, bas et rampart; car Nous ne le faisons que pour vous donner quelque idée de la fureur qui transporte ce prètre indigne et sacrilége, à la vue de l’adorable sacrement de nos autels

Mais plus il outrage la divine Eucharistie, et plus vous allez. N. T. €. F. montrer de zèle à réparer ces affreux outrages, par le respect dont vous serez toujours pénétres en présence du très-saint Sacrement, par votre fidélité à lui faire de fréquentes visites : par votre assiduité à entendre la

sainte messe; par votre dévotion à appr cher souvent de la sainte table; par votre zèle à faire, sans jamais y manquer, vos Quarante Ileures; par la ferveur avec lsquelle vous accompagnerez le Bon Dieu, quand on le porte aux malades ; par le bonheur que vous éprouverez il assister, autant que possible, aux saluts et Bénédictions du St, Sacrement; pur la piété qui vous porteri il faire souvent la communioi spirituelle, et par les sentiments de douleur et d'amour avee lesquels vous ferez fréquemment à cet aimable Sauveur des amendes honorables, pour toutes les injures, qui lui sont faites dans le sacrement de son amour,

20. Ce que vous aimez le plus après Jésus, c'est Murie, son auguste Mère. Or, le malheureux prétre qui est venu scandaliser toute notre ville, a ajouté, à tous ses autres scandales, celui de blasphèmer, d'une manière horrible, contre cette incomparable Vierge. Il a prouvé que son cœur était profondément gâté, en faisant contre la purete Ge la Vierge Immaculée des insinuations qui fout frissonner d'hori. ar.

Cela vous suffit, N. T. C. F, pour vous faire comprendre que le moyen le plus simple pour vous de réfuter les monstrueuses erreurs de cet indigne prétre, est de vous pénetrer de plus en plus de dévotion, de foi et de piété envers la trossainte Mère de Dieu, en vous montrant plus zéiès que jtumais à l'hennorer par toutes les picuses pratiques que vous Savez lui être plus agréables. Et comme la Sainte Vierge a elleméme révélé la dévotion au chapelet, peur la conversion des pécheurs, des hérétiques et de tous Ceux qui, étant les ennemis de Dieu, marchent dans la voie large de l'enfer, Nous nous bornerons pour le moment à vous recommander de dire le chapelet, en famille, autant que possible, pour obtenir de cette glorieux Vierve la victoire sur tous les ennemis de la foi.

30 Pour en tinir, voiei N.'T. C. F., comment vous pouvez confondre les calomnies du malheureux prètre qui vient ici vous troubler, dans Île paisible accomplissement de vos

«devoirs religieux, En vous corriceant des peches que Vous

confersez au Prôtre, prouvez lui que la confession est une pratique sanctifiante, et non abominable, comme il le prétend. En vous montrant zelé pour ln Sainte Eglise Romaine et en vous conformant ë& SCs salutaires enseiunements, prouvez-lui que tout es saint, dans ses principes, ses usages et ses traditions, et que son soufle, loin de pervertir les âmes innocentes, COMME il a l'impudence de le dire. est vraiment un soutlle sanctiticateur.— En vous montrant tout dévoués au Souverain Pontife et pour le maintien de ses droits sucres, SOYCZ la preuve vivante que c'est chez les chands partisans de ia Papuuté qu'il faut chercher et que l'on trouve en eftet des esprits vraiment éclairés, ( cœurs ardeuts à entreprendre de grandes et saintes choses, des actions nobles et héroiques.—En obéissant ponctuellement à vos pasteurs ordinaires, prouvez qu'ils sont incapables de vous faire faire fausse route, dans les sentiers du devoir ; et qu'ils font un usage légitime de leur intellience et de leur liberté pour la sanctification du troupeau confié à leurs soins.

Enfin, en offrant à Dieu de continuelles et ferventes prières, pour le triomphe de la vérite et la destruction de toutes les erreurs, pl'ouvez que vous l'aimez ceite foi divine, et que vous voudriez mourir pour la défendre.

Far ces nratiques salutaires, vous acquerrez des trésors de cette science divine, qui vous fuit bien juger de toutes choses et vous préserve des faiales illusions que produit lignorance, ou qui se contractent par les rapports que l'on a avec des hommes préjugés où passionnes,. Car, il n'y à pas à en douter, c’est par la pratique du bien que lon parvient à se préserver des erreurs qui, comme d'épais brouillards. enveloppent les intellisences humaines et les empêchent d'apercevoir les brillantes vérités de la foi.

Par ces salutaires pratiques, tâchons, N. T.C. F., de nous préserver des malheurs dont parle Île prophète Jérémie, en s'adressant à Dieu, “Seigneur, dit-il, tous ecux qui vous & abandonnent seront couverts de confusion; ceux qui « g'éloignent de vous auront leurs noms écrits «ur la terre ;

“ en parcequ 1

Domine, omnes qui te derelinquunt, confundentur : recedentes a te, in terra seribentur : quoniam der liquerunt venam aquarum viventium Dominum. Jer, 17.

Puisse cette Lettre, que Nous vous adressons, en toute confiance et simplicité, produire dans vos ames des fruits de vie! Puissent ces avis paternels operer sur vos cœurs 1% crainte des damnables erreurs qui agitent le monde, et l'amour des célestes vérités, qui peuvent seules conduire l'homme au véritable bonheur !

Pour obtenir de si grands biens, ne cessons de recourir au Sacré Cœur de Jésus et au Très-Saint et Immaculé Cœur de Marie, qui sont pour nous tous des trones de grâces, de lumidres, de forces et de consolations. Vivons dans cos cœurs. si embrasés des ardeurs de la divine charité, pour nous détacher de toutes affections terrestres pendant la vie, eunous préparer à paraitre devant le souverain Juge, et mériter d'entendre de la bouche de ce juste Juge, cette sentence qui s'udressera à tous les Elus: Fenez les bien-aimés de iron Père recevoir la conronne de justice, préparée à ceux qui vivent et meurent dans l'amour du Seigneur.

Sera la présente Lettre Pastorale lue au Prône de toutes

les Eglises où se fait l’oftice, en un ou lusieurs dimanches Lu |

après sa réception.

Donné à Montréal, en la fète du Glorieux Epoux de la enheureuse Vierge Marie, le dix-neuf du mois de Murs, en l'année mil-huit cent soixante-quinze, sous Notre Seing et Seçau et le contre-seing de Notre Secrétaire.

+ Ia. Ev. bEx MoNTREANT.

Jos. OcrT. PARÉ, Chan. Secrétaire.

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