‹ Lettre pastorale de Monseigneur Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 1 sur 17 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

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Par la Grâce de Dieu, et du Siège Apostolique, Evéque de Chatham, Assistant au Trône Pontifical, etc.

À nos bien-aimés frères en Jésus-Christ, les membres du Clergé, des Communautés religieuses, et les fidèles de notre Diocèse, Salut et Bénédiction.

Nos TRÈS-CHERS FRÈRES :

C’est de Rome que nous vous avons adressé notre dernière Lettre Pastorale ; et maintenant, à la veille de notre départ pour la même Ville Eternelle—-où la voix pleine d’autorité du Vicaire de Jésus-Christ sur la terre, le Chef Suprême et Visible de l'Eglise, nous a encore appelé, pour prendre part au Concile Œcuménique—nous sentons qu’il est de notre devoir de nous entretenir de nouveau avec vous sous la même forme.

Quoique, durant l’année dernière, dans le cours de notre visite pastorale aux principales parties de notre diocèse, nous ayons eu la consolation de vous adresser la parole en personne et de nous réjouir avec vous, du progrès sensible de la Religion et de ses institutions, : dans la portion de la Vigne du Seigneur, qui nous a été confiée, nous pensons que quelques mots d’instruction pastorale sur le prochain Concile, ses causes et

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sa nécessité, ne seront pas hors de propos en cette occasion, Nous nous sentons d'autant plus pressé à remplir ce devoir, que les journaux, qui circulent en si grand nombre de nos jours, émettent toutes sortes d'opinions et d'énoncés divers, les uns corrects, les autres faux ou confus, de sorte que le lecteur ordinaire se trouve souvent embarassé, quand il s’agit de former une opinion juste au sujet des événements actuels— lesquels comprennent quelquefois des questions de la plus haute importance au bien-être de l’homme, considéré soit comme individu, soit comme constituant la Société Civile ou l'Etat.

Il appartient à la Religion de diriger les hommes dans toutes leurs pensées, leurs paroles et leurs actions. La Religion, en un sens général, nous enseigne la loi de Dieu à notre égard—ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter dans toutes les conditions et rapports possibles dans lesquels nous puissions être placés ! Elle règle notre devoir envers Dieu, envers nous-mêmes, et envers le prochain. Notre devoir envers Dieu est double, selon la double nature dont nous sommes composés, c’est-à-dire, nous adorons Dieu

‘avec les facultés de l'âme et du corps. Nous rendons à Dieu l'hommage de notre intelligence en croyant les vérités qu’il a révélées, surtout quand l'intelligence ne peut pas les comprendre pleinement. Nous lui

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payons l'hommage de notre volonté, en obéissant do plein gré à sa volonté, surtout quand elle est opposée à 08 inclinations naturelles,

Ce double culte par notre intelligence et notre volonté, par notre âme et notre corps, constitue notre devoir envers Dieu et renferme aussi tous nos autres devoirs e-vers nous mêmes et le prochain.

Notre Seigneur, dans l'Evangile, l’a résumé en ces paroles: “ Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, et de toute votre âme, et de toutes vos forces, et de toute votre esprit: et votre prochain comme vous-même.” (LucX, 27; Marc XII, 30, 31.)

Nous devons aimer Dieu, en croyant dévotement sa divine révélation et en obéissant à ses commandements. Nous devons nous aimer nous-mêmes, en travaillant à acquérir le bonheur éternel, le but de notre création. “Car la volonté de Dieu, c'est votre sanctification.” (Thess, IV, 3.) L'œil n’a point vu et l'oreille n’a point entendu, et le cœur de l’homme n’a "oŸ « conçu ce que Dieu a préparé pour ceux qui

rat.” (1 Cor. II, 9), devons aimer notre prochain comme nous- ‘Et comme vous voulez que les hommes ve. ent, faites le leur pareillement.” (Luc. 6, 31.)

Ce double devoir de croire les vérités ou doctrines de la révélation divine, et d'obéir aux commandements de Dieu, est classé sous les titres respectifs de Foi st Œuvres ou Morale, Toutes deux font éga. Jement partie do la loi de Dieu et toutes doux sont essentielles au salut. ‘Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu; (Héb. XI. 6,) et encore; “Comme

le cor: sans l'esprit est mort, de même ia foi sans les œuvre. est morte,” (Jacq. {1, 26.) L'une ne suffit pas sans autre, Pour encourir la peine due à la violation de la loi de Dieu, il n’est pas nécessaire de la violor dans toutes sos parties. Lucifer mème ou Judas n’ont pas commis tous les péchés qui pourraient 8e commettre. Violer la loi de Dieu grièvement en un seul point queleonque, suffit pour mériter d’être réprouvé. De là Saint Jacques dit: “Celn. qui péche en un seul point (des commandements) devient coupable de tous.” (acques II. 19.) C'est-à-dire, l'observance des autres ae lui méritera pas le salut, tant que l’offense grave dit commandement vioié demeurera sans pardon. | Cette loi de Dieu nous suit dans toutes les conditions et tous les rapprrts de la vie, et exige que toutes nos actions y soient assujetiies et qu’elles soient réglées par elle. “Comme un seul cheveu mème ne peut pas tomber de votre tête sans la connaissance de Dieu, ni un passereau tomber à terre sans Son ordre,” de même nulle de nos pensées, nulle de nos actions, quelque petite qu’elle soit, ne peut-être indépendante de lui: “Car c’est en lui que nous vivons, et que nous nous mouvons, 6t que nous sommes.” (Actes XVII. 28.) “Or je vous dis que toute parole oiseuse que les hommes auront dite, ils en rendront compte au jour du jugement.” (Matt. XII. 36.)

Non seulement sommes-nous soumis à lui et responsables envers lui comme individus particuliers, mais dans toutes les conditions passibles de la vie, nous sommes ses sujets et obligés d'obéir à sa loi. Elle

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