‹ Lettre pastorale de Monseigneur Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 15 sur 17 · PT · texte numérisé non relu

PT

Marie sans tache, qui, par son amour ardent, partagea tous les opprobres et les ignominies de son divin Fils!

D. L’Ecriture, ou la pratique des siècles primitifs, démontre-t-elle que l’église a toujours accordé des indulgences aux pécheurs repentants, en considération des prières et des mérites des saints ?

R. Oui. La conduite de Saint Paul envers le Corinthien incestueux nous offre un exemple de ceci. Cet apôtre, après avoir été informé qu'un Chrétien de Corinthe s'était rendu coupable du crime énorme de l'inceste, l’excommunia, en Le Uvrant à Satan, pour la mort de sa chair, afin que son esprit soit sauvé au jour de Notre Seigneur Jésus-Christ. (1 Cor. V. 5.) Mais ce pécheur scandaleux, ayant dans la suite donné des preuves d'un repentir sincère, Saint Paul, à la priére des pieux fidèles de Corinthe, lui remit la peine temporelle à laquelle il avait été condamné.

Les exemples de semblables indulgences accordées par l’église aux premiers siècles de la chrétienté sont nombreux. A l'instance et aux prières des martyrs et confesseurs, les évêques considérant les mérites de ces illustres champions et défenseurs de la foi, accordèrent souvent à ceux qui étaient tombés pendant les persécutions, absolution de la sentence d'excommunication qu'ils encouraient, et les délivraient de la partie de leur pénitence canonique qu'ils n'avaient pas accomplie.

D. Si le principal avantage spirituel du jubilé consiste en une indulgence plénière, quel plus grand avantage en retire-t-on que de plusieurs actes de

PS

piété, auxquels une semblable indulgence est attachée ?

. KR. 1© Quand nous accomplissons des actes de piété particuliers, auxquels une indulgence plénière est attachée, notre espérance de l'obtenir est fondée sur notre seule ferveur individuelle et componction de cœur. Mais durant le jubilé, des mille et dizaines de mille fidèles répandus sur la surface du monde entier, élèvent leurs âmes au Ciel, et les mains tendues, implorent le Père des miséricordes, de pardonner à ses enfants pénitents et de les épargner. Nos supplications reçoivent un degré inaccoutumé de force et d'efficacité de leur union avec celles de nos frères chrétiens, dont une grande partie sont de fidèles serviteurs et amis de Dieu. Notre faiblesse reçoit de la force, notre confiance est animée, notre arnour embrasé, et nous remplissons les actes de religion et de charité auxquels l’indulgence plénière est attachée avec une plus grande fidélité et dévotion,

2° Durant le jubilé, les instructions publiques sont plus nombreuses, les exercices religieux sont multipliés, les aumônes sont distribuées ; on est chaque jour témoin d'exemples de pénitence, d’humilité, de pardon des injures, et de toutes les autres vertus chrétiennes. Par ces moyens extérieurs de salut, les justes sont excités à tendre à la perfection; les pécheurs sont éveillés de leur léthargie et sentent leur culpabilité ; ils abandonnent leurs mauvaises voies, et retournent vers Dieu dans la sincérité de leurs cœurs, ils consacrent à son service le reste de leurs jours.

D. Quelles sont les conditions nécessaires prescrites

atta-

»s de nière mdée ction aines onde y tenrdon-

Nos force rères dèles it de nmour on et ichée

sont aultiaque é, de chréustes neurs pabitour- °S, ils

rites

Er

par le Souverain-Pontife, pour gagner l'indulgence plénière accordée pendant le jubilé ?

R. Ce sont: 1° Confesser ses péchés avec une profonde contrition, et un ferme propos de se corriger. 2° Recevoir dignement la sainte communion. 3° Remplir avec ferveur et fidélité les exercices de piété que les évêcues prescrivent dans leurs propres diocèses,

D. Quelles autres pratiques de piété sont les plus recommandables à ceux qui désirent gagner le jubilé ?

R. Outre les conditions indispensables dont il est déjà fait mention, les pratiques suivantes sont fortement recommandées: 1© Méditations sérieuses sur les grandes vérités de ia Religion, su: la mort, le jugement, le ciel, et l’enfer; sur la vanité du monde, l'énormité du péché, les terreurs d'une conscience coupable, la paix et le bonheur d’une vie vertueuse, ete, etc. 2° Docilité aux instructions religieuses, et un recours fréquent à l’oraison vocale et mentale. 3° Mortifications volontaires, telles que l'abstinence et le jeûne. 4° Aumônes; car elles délivrent du péché et de la mort éternelle. 5© La fuite de la société des mondains; entretenir envers tous les hommes, même nos ennemis, des sentiments de charité chrétienne.

D. Peut-on gagner l’indulgence du jubilé si l’on retient une affection envers quelqu'un de ses péchés ?

R. Non. Car nul péché quelconque, ne peut être pardonné si l’on n’en a un vrai repentir. Et, c’est pourquoi, tant que la coulpe du péché demeure, la peine temporelle qu’il mérite, ne peut être remise par une indulgence. ;

D. Que doit faire un pieux Chrétien à la clôture du jubilé ? |

R. Il doit: 1© Rendre de ferventos actions de grâces à Dieu, de lui avoir accordé une si grande grâce, Car, le jubilé ayant lieu si peu souvent, des millions de personnes meurent Sans partager ses avantages, 2© Aimer et chérir l’église avec une plus grande ferveur et dévotion, parce qu'elle procure à ses enfants de si abondants moyens de salut, et prier pour son exaltation et sa prospérité, par un sentiment de reconnaissance religieuse. 3© Prier Dieu tout-puissant de bénir Sa Sainteté Pie IX, et particulièrement de lui accor der l'abondance de grâces nécessaire pour gouverner la sainte église de Jésus-Christ avec fermeté et habileté, et procurer de plus en plus la gloire de son saint Nom et le salut des âmes confiées à sa solicitude spirituelle. 4° Implorer la Divine Providence d’étendre sa protection sur toutes les nations de la terre et leur accorder les bénédictions de la paix. 5° Recommander d’une manière spéciale au Gouverneur Supréme de l’univers, tous ceux qui remplissent de hautes fonctions et en général tous nos frères et concitoyens. 6° [mplorer de l’infinie miséricorde de Dieu de ramener au sein de l’église la multitude de ceux qui vivent hors d'elle; dissiper leurs préjugés et diriger leur aitention à l'étude des caractères célestes qui montrent sa divine origine. T° Se rappeler avec des sentiments de reconnaissance qu’il a participé aux avantages spirituel d’un jubilé, et examiner s’il a persévéré dans la résolution qu'il prit alors de mener une vie pieuse; de fréquenter les sacrements et de ne plus jamais abandonner le service de Dieu tout-puisaant, et le soin du salut de son âme.

Kw

T sag À tag pen san( D gen!

R pour diff elle sans d'ab.

péch requ sont

Cas -

n'end

que E

rrâces », Car, le per- © Aienr et de si xaltannaisbénir ACCOX ‘erner habi- saint citude ’étenrre et ècomupréautes )Yens.

rameivent leur mons senavanévéré 1e Yie > plus saant,

D, Se

mn ÉD one

D. Est-ce un grand bonheur pour un Chrétien de gagner le jubilé ?

R. Très-certainement; vû qu'en obtenant les *vantages spirituels du jubilé, et en les conse;-vant pendant sa vie, il éloigne tous les obstacles à la jouissance immédiate de Dieu après sa mort.

D. Que doit-on penser de ces chrétiens qui négligent de profiter des avantages du jub'lé ?

R. Si cette négligence provient du mépris, on pourrait inferer qu'ils ont perdu la fui, et c’est avec difliculté qu'ils peuvent être excusés d’impiété, Si elle provient de l'indifférence, elle montre qu'ils sont sans charité envers eux-mêmes, en n'essayant pas d'abolir l'énorme dette qu'ils ont contractée par leurs péchés, et envers Dieu, en refusant d'offrir l’expiàtion requise par sa justice quand les moyens de le faire sont gratuitement offerts par sa miséricorde.

Aujourd'hui si vous entendez la voix du Seigneur, n'endurcissez pas vos cœurs.”

ee

Page 1