IV
De ces 80 propositions composant le Syllabus, condamnées par Pie IX, les unes nient l’existence de Dieu, d’autres attaquent la vérité ou l'autorité de la révélation divine, d’autres élèvent la raison humaine
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au-dessus de la religion, d'autres soutiennent l’indiffétisme en matière de foi: qu’il importe peu à quelle dénomination où à quel système de culte religieux nous adhérons ; d’autres veulent qué la religion soit encore séparée et exclue de l'Etat, de la politique, de la société, des écoles et établissements d'éducation ; tandis que d’autres soumettent la religion à l’autorité civile ct refusent à ses ministres le droit de remplir leurs fonctions, de prècher, ou de publier leurs instructions pastorales, sans la permission du gouvernement séculier, D’autres renversent de fond en comble la morale chrétienne, et font consister le droit dans la seule force physique ou matérielle, et nient les obligations de la justice, de la loi, des contrats, et des promesses ou du serment; et d’autres affirment qu’il est permis de refurer l’obéissance aux princes ou gouvernements légitimes, et même de se révolter contre eux, tandis que d’autres détruisent la sainteté et l’indissolubilité du mariage
la paix et l'union des familles—en soutenant le droit du divorce.
Une des propositions condamnées (LV.) avance que l'Eglise, c'est-a-dire la Religion, et l'Etat ou Gouvernement Civil doivent être entièrement séparés et rendus indépendants l’un de l’autre.
Cette proposition peut d’abord paraître plausible au penseur superficiel, surtout en considérant que dans certains pays mixtes, comme le nôtre ct les Etats voisins, l’État trouve plus convenable, (non pas de proclamer son indépendance de la religion, mais) de laisser aux Pasteurs et au peuple des différentes croyances religieuses, le maniement de leurs propres affaires d’Eglise.
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Mais la Proposition en question, quand elle est analysée et réduite à la conséquence logique, rend l'Etat indépendant de la Religion; bien plus, sa conséquence pratique conduirait à la Suprématie de l'Etat en toutes matières de Religion. Ceci serait une inversion de l’ordre établi par Dieu : car la Religion est l'application pratique de la Loi de Dieu à l'homme, dans toutes lés conditions possibles; il ne peut pas dans aucune condition ou circonstance proclamer son exemption de ses obligations ou son indépendance de cette loi. Elle règle tous les devoirs de l’homme— non seulement de l’homme individuel, mais des Etats, des communautés, des familles etc., etc. ete. C’est pourquoi l'Etat, comme tout individu particulier, ne peut pas plus proclamer son indépendance de la Religion ou de l'Eglise, que de Dieu.
On peut en,dire autant de la XLVIT, proposition qui exclut la Relirion des écoles et les institutions d'éducation, et les place entièrement sous la direction ue l'Etat. Une autorité a proclamé que “ la crainte du Seigneur est le principe de la sagesse.” (Prov. I. 7.) et ailleurs: ‘% Le jeune homme suit sa première voie, dans sa vieillesse il ne la quittera point,” (Prov. XXII. 6.) Le système d'éducation qui ne fait que développer l’intellect, pour atteindre plus rapidement au bonheur temporel, à l’acquisition des richesses à linfluence politique, au rang élevé, au pouvoir etc. etc., sans en même temps former le cœur et l'esprit par une éducation Religieuse à des habitudes de vertu et de piété, est aveo raison désigné comme un système athée, propre à remplir la société d'habiles faiseurs
En
de projets sans principe, plutôt que d'honnêtes et vertuoux citoyens. Hélas ! l’histoire du crime dans tous les pays et tous les siècles—sans en excepter notre propre siècle, qu'on appelle éclairé—prouve que les coupables n'étaient pas toujours ignorants ou illettrés. Les cours de justice portent témoignage que les fraudes les plus étendues, les escroqueries projetées avec le plus de finesse, les meurtres les plus cruels, l’abandon le plus lâche en toutes sortes d'immoralités, furent commis, en bien des cas, par des hommes d'une bonne éducation intellectuelle. On avait à dé. plorer dans ces infortunés, l'absence non pas de culture intellectuelle mais de la Religion et de sa sainte influence. La Source et l’Auteur de toute science a dit : ‘ Que servira à l'homme de gagner tout le monde, sil perd son âme, ou que donnera l'homme en échange pour son âme ?” (Mare, VIII, 36, 37.) et un de ses disciples les plus éclairés proclame : 4 Et quand j'aurais le don de prophétie, et que je con. naiîtrais tous les mystères et toute la science ; et quand j'aurais toute la foi, au point de transporter les montagnes, si je n'ai point la charité, je ne suis rien.” (1 Cor. XIII, 2,)
Les extraits suivants du Syllabus nous feront connaître l'esprit des propositions condamnées :
Il n'existe aucun Etre divin, suprème, parfait dans sa sagesse et sa providence, qui soit distinct de l’universalité des choses, et Dieu est identique à la nature des choses, et par conséquent assujotti aux change-
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ments; Dieu, par cela même, se fait dans l’hommo et dans le monde, et tous les êtres sont Dieu et ont la propre substance de Dieu. Dieu est ainsi une seule et même chose avec le monde, et par conséquent l’esprit avec la matière, la nécessité avec la liberté, le vrai avec le faux, le bien avec le mal, et le juste avec l'injuste,