‹ Lettre pastorale de Monseigneur Jacques Rogers, évêque de Chatham [microforme]Chapitre 4 sur 17 · III · texte numérisé non relu

III

Mais pourquoi un autre Concile Général est-il convoqué à présent ?

La suite nous le fera voir.

« La vie de l’homme sur la terre est une guerre continuelle,” ( Job VII. 1.) et l'Eglise sur la terre est appelé “ l'Eglise militante.” Sa condition normale ici-bas est celle du combat, et cette guerre spirituelle doit-être soutenue sans cesse, contre le monde, la chair et le démon. Non seulement tous les chrétiens doivent lutter contre leur propre fragilité humaine— leur propre faiblesse personnelle à laquelle chacun est sujet, quel que soit son rang officiel ou sa condition ; mais il faut lutter dans ce combat spirituel ‘ contre

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les princes et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbre, contre les esprits de malice répandus dans l'air; ?”” ( Ephés. VI. 12.) car, “ votre adversaire le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer: résistez-lui, demeurant forts dans la foi.” (1 Pierre, V. 8. 9.)

Les pasteurs de i’Eglise sont avertis : “ Annoncez la parole, pressez à temps et à contre-temps : reprenez, suppliez, réprimandez en toute patience, et toute doctrine. Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais, ayant une grande démangeaison d'entendre, ils amasseront autour deux une foule de maitres, selon leurs désirs : et en effet ils Aétourneront leurs oreilles de la vérité, et se tourneront vers des fables. Mais vous, veillez, travaillez en toutes choses, faites l'œuvre d’un évangéliste, remplissez votre ministère,” (11 Tim. IV. 2. 5.) Notre-Seisneur dit à Pierre qu'il nomma chef de son Eglise: ‘“ Simon, Simon, voilà que Satan vous a demandé pour vous cribler comme le froment : mais j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille point : et toi, quand un jour tu seras converti, confime tes frères.” (Luc, XXII. 31. 32.)

Il appert des passages ci-dessus qu'il fut prédit dès le commencement de la chrétienté, qu’il s’élèverait de faux docteurs corrompant la vérité, et si spécieux et et plausibles, qu’ils tromperaient presque les élus eux-mêmes ; c’est pour cela que les Pasteurs furent exhortés à prêcher la vraie parole de Dieu à temps et à contre-temps, en toute patience et toute doctrine, et que la foi du Pasteur en Chef, ne pouvant défaillir

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parce qu'elle est conservée d'une manière surnaturelle par la prière de Jésus-Christ, ils lui fut ordonné de confirmer ses frères—de paitre non-seulement les agneaux, les laïques—mais les brebis, les pasteurs ou conducteurs de la Bergerie de Jésus-Christ:

Afin de remplir ce devoir, le Chef Visible de l’Eglise, le Pape, successeur de St. Pierre, est obligé en vertu de son office, d'élever sa voix contre l'erreur dans la foi et la morale, de conserver intact le dépôt de la saine doctrine, de livrer purs et intègres les dogmes de cette Foi “qui à été une fois laissée par trudition aux saints,” (Jude I. 3.) tels que Jésus-Christ les a enseignés à ses Apôtres et tels que le Saint-Esprit, de temps en temps, selon que le demanderait l’occasion, les manifestera à leurs successeurs.

Chaque siècle et chaque période de l’existence de l'Eglise, depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours, a vû les Papes remplir successivement ce devoir. Îls dénoncérent le vice, indiquèrent et condamnérent l’erreur, et quand des opinions erronées contraires à la doctrine chrétienne, se répandaient, ils sommaient les autres pasteurs de l'Eglise, les Evèques, de s’assembler en Concile, ets’unir pour condamner ce qui était erroné et publier ce qui était la vraie doctrine de l'Eglise sur les points en question. Voilà l’origine des divers Conciles tant locaux que généraux.

Ces Conciles ne créèrent pas de nouvelles doctrines. Ils ne firent que rendre témoignage à la loi de Dieu qui existait déjà, aux points de la révélation divine qui avaient été crus, au moins implicitement, et les promulguer d’une manière plus formelle. Dès

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qu'il s'élevait de nouvelles erreurs, ces erreurs étaient l’occasion de faire ressortir pour leur condamnation, une nouvelle et plus formelle expression ou définition des dogmes particuliers de foi, contre lesquels péchaiïent les erreurs en question.

Cette action de l'Eglise est simplement l’accomplissement de ce que Jésus-Christ a promis: que “les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle,” (Matt. XVI. 18.) qu'il aidcrait ses Pasteurs, ‘“ demeurant avec eux tous les jours jusqu’à la consommation des siècles ; ” (Matt. XXVIIT. 20.) qu'il enverrait le Saint-Esprit pour les inspirer et les diriger: ‘“ Et je prierai le Père, et il vous donnera un autre Paraclet, afin qu’il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point, et ne le connait point: mais vous, vous le connait z: parce qu’il demeurera au milieu de vous, et qu'il sera en vous. * * * Mais le Paraclet, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit.” (Jean XIV. 16. 17. 26.) “ Mais quand cet Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité: car il ne parlera pas de lui-même: mais il dira tout ce au’il aura entendu, et ce qui doit arriver, il vous l’annoncera.” (.lean XVI. 13.)

Nous voyons ainsi quels sont les moyens, à savoir : la présence vivifiante du Saint-Esprit, que Jésus-Christ a mis dans son Eglise, pour combattre les erreurs et les faux docteurs contre lesquels il les avait mis en garde. Mais ce Saint-Esprit doit avoir quelqu’interprète, quelqu’organe officiel par lequel ses enseigne-

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Le Pape actuel, Pie IX, n’a pas été silencieux, ou indifférent à ses obligations. Il a, à diverses reprises, durant son long et illustre pontificat, condamné plusieurs erreurs communes, tant en matière de foi que de morale. Il a repété de nouveau ces condamnations dans une lettre encyclique, en date du 8 décembre 1864, à laquelle est annexée un résumé ou Syllabus de toutes les erreurs, au nombre de 80, qu'il avait déjà condamnées durant son pontificat. Ce Syllabus fut critiqué avec la plus grande aigreur par une large portion des écrivains de la presse. Ces théoristes modernes ne pouvaient pas endurer les condamnations de leur nouvelle philosophie, leur fausse moralité, leur politique athée. La discussion et les controverses qui s’élevèrent à ce sujet—dans le cours desquelles furent publiées tant de faussetés et d'erreurs, tant en philosophie qu’en politique, aussi bien qu’en Religion—sont une des causes pourquoi est convoqué le prochain Concile.

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