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subjugués que par une lutte terrible et bien prolongée. De
fait, ce combat exigera le déploiement de toutes nos éner- alu gies : en sus, il sera de tous les instants. Dans cette iutte, + y j
il ne saurait y avoir de trève ou de capitulation sans que les | intérêts de notre salut éternel ne soïent gravement exposé sie
| Less Reste un autre ‘'ice, qui diffère sensiblement des autres, bts
HA plusieurs points de vue, mais qui s'impose aussi impérieusement à nos sérieuses considérations. Ce vice est moins inné, n'est pas aussi inhérent à notre nature que les autres passions, cependant il peut devenir la source d'où découleront une multitude d'autres vices. Si nous consultons l'histoire, nous voyons qu'il a, de tout temps, vivement attiré l'attention des moralistes. De nos jours, le moude entier, surtout notre continent américain, s'en préoccupe très sérieusement. Dans les conseils de l'Etat et de l'Eglise, il fait le sujet de fréquentes délibérations ; partout on cherche Îles moyens de le supprimer. Tout le monde connaît ce vice ; 44
c'est le terrible fléau de l'Ivrognerie. d- L= / f #* £ Lu
: f ee Les états et les provinces de notre continent sont aux 7,7 + prises, avons-nous dit, avec ce monstre, et ils remportent L'ART parfois des victoires consolantes. Les conciles et les synodes . “une de l'Eglise universelle délibèrent aussi souvent pour s'inspi- E rer des moyens les plus efficaces. afin de réformer et de sau- / ver les victimes de cet hydre infernal.
Ce que les évêques d'Irlande, au cours d'une réunion synodale tenue à Maynooth, disaient jadis des sujets de leurs diocèses, peut s'appliquer, avec non moins de vérité, à plusieurs autres nations et peut-être aussi aux populations de notre pays. ‘C'est à l’ivrognerie, comme à une cause fatale, “ déclaraient-ils, qu'il faut attribuer la plupart des crimes qui “ dégradent le peuple et presque toute la pauvreté et l’indi- “ gence dans laquelle il gémit. L'ivrognerie a détruit plus “ de foyers, où siègeait naguère le bonheur, que la baston- … nade et les coups de pince n’ont pu le faire, aux sombres
“ jours de l'éviction. L'abus des boissons alcooliques à jeté … plus de cadavres dans les tombeaux, laissé plus de veuves …“ et d'orphelins dans les chaumières qu'on en vit jamais aux “tristes heures de la famine et de la misère noire. Elle a “ démoralisé plus d'âmes fortes et courageuses, répandu la honte et l'infamie dans plus de deineures, rompu sans “ pitié plus de liens de famille que le fatal exil aux époques “ répétées de l'émigration.
Nous sommes si souvent en contact avec les effets de cette terrible passion que nous ne nuus rendons pas peut-être suffisamment compte de la véritable énormité de ses effets. Bien que le sujet ne soit pas toujours très agréable à méditer, il importe néamoins d'y revenir souvent afin d'en considérer les divers aspects, les conséquences et leur gravité.
Les trois personnes de la Sainte Trinité se consultèrent, dit l'écrivain sacré, quand Dieu créa l'homme et qu'il le créa ude peu inférieur aux anges". Examinez-le cet homme, roi
pourtant de la création, passant par tous les degrés de l'ivresse. Le premier verre qu'il boit, c'est pour étancher sa soif ; la nature est alors satisfaite. Au deuxième, il lui survient une gaieté qui n'est pas toujours naturelle ni de bon aloi. Au troisième, la jouissance grossière, non sans alliage de p: ssion, entre en scène : avec les verres qui vont suivre, il n'y a ; us qu'à attendre l'ivresse, la rage et la folie
Au fur et à mesure que l’ivrogne boit, les marques du chrétien disparaissent pour ainsi dire de toute sa personne: La modestie du langage fait place aux expressions vulgaires, les saillies de l'esprit aux discours grossiers et obscènes ; enfin l'hébétude de l'ivresse l'a gagné—ce n'est plus un homme, c'est une brute.
Quel spectacle pour ses semblables ! pour les anges auxquels il n'est inférieur que par un faible degré! pour les saints qui ont accompli l’œuvre de leur perfection sur la ter-
re des vivants! Quel spectacle surtout pour Celui qui est mort pour racheter notre pau: :è humanité livrée à sa déchéance ! Le Fils de Dieu s'est revêtu de notre nature pour la racheter, pour l'élever, pour ainsi dire, à la nature divine : l'ivrogne, lui, ravale la nature humaine jusqu'au-dessous de la nature des bêtes. Son inteliigence s'est éclipsée ; la liberté de sa volonté a disparu : dans son ivresse, rien ne saurait même nrouver qu'il a une âme. Celle-ci est morte, et, ce qu'il y & de plus déplorable, elle est ensevelie sous la chair inerte de -e misérable intempérant. Un païen l'a dit: “L'ivrogaerie terrasse l’homme et le cloue aux commissures sensuelles de son corps". Et trop souvent, hélas ! l'ivrogne a femme et enfants. Quelle misère dans ce foyer ! c'est la faim, le froid, les haï‘!cns—nous n'avons pas le courage d'aller plus loin. #Adasn ! où es-tu ? dit le Dieu tout-puissant au 4 /autrdot , premier homme, après sa chute. Ah! Dieu savait bien où î était caché Adam. Il ne cherchait pas le corps ; il cherchait l'image divine effacée par la désobéissance du premier h-mme, la vie de la grâce détruite par le péché. Que pourrait dire Dieu à l'ivrogne que nous venons de décrire, au malheureux ivre-mort dans son orgie. #Rends compte de tes talents, de ton intelligence, de ta volonté, de ton baptême !
Ils sont détruits. {y os 3 Aou/
Il n'est pas, en vérité, un seul autre :hé qui rende l'homme si faible et si impuissant auprè: du Ciel. Tout abandonné qu'il est par la grâce, tout eufoucé qu'il est dans n'importe quelle autre habitu ‘* ricieuse, i: pécheur conserve encore son intelligence au mo) en de laquelle il peut prier Dieu, d : / Lil garde encore sa volonté qui peut lui dicter des actes de repentir au sujet de ses fautes. Mais l’ivrogne n'a plus d'in- Low La dei telligence pour élever son cœur vers Dieu ; il n’a plus de vo- < ré pour se repentir. Lucie 14 Gel
Dites-le-moi, mes très chers Frères, cette description est-elle surfaite, est-elle exagérée ? Non ! il ne saurait assu-
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rément y avoir d'exagération quand on peint un tableau, une dégradation de ce genre. L'homme ivre est plus repoussant que le maniaque, plus méprisable qu’un possédé du démon. Ces derniers sont plutôt des créatures dignes de pitié et de compassion, car leur affliction ne leur est pas imputable. L’ivrogne, au contraire, ne mérite que le mépris, car c'est de son chef et de son choix fil ne craint pas de traîaer dars la fange la noblesse de sa nature d'homme. Il a fait descendre sur sa famille la malédiction de Dieu ; il a fait fermer contre lui-même les portes du séjour des bienheureux.
Sommes-nous là trop sévères? Ecoutez saint Paul : “Ne vous y trompez point, dit l’apôtre inspiré, ni les impuu“diques, ni les idolâtres, ni les voleurs, uni les ivrognes ne upossèderont le royaume de Dieu. 7. Cor. VI. 9. ro. Icile Docteur des nations nous montre l’ivrogne associé aux plus grand criminels, aux idolâtres, aux adultères, aux voleurs, et il nous montre, finalement, les portes du ciel se fermant irrévocablement contre lui.
Voyons encore ce que dit l'Ancien Testament au sujet de l’intempérant, car la Sainte Bible ne nous enseigne pas d'erreurs. Le Sage nous apprend que les foudres du ciel, c’est-à-dire la malédiction de Dieu, s'abattront fortement sur l'ivrogne. ‘A qui dira-t-on : Maheur? Au père de qui udira-t-on : Malheur ? Pour qui seront les querelles ? Pour qui “les précipices ? Pour qui les blessures sans sujet ? Pour qui la rougeur et l’obscurcissement des yeux ? Assurément pour “ceux qui passent le temps à boire du vin et qui mettent uleur plaisir à vider les coupes.—Prov XXIII, 29, 30. Et Isaïe parle dans le même sens lorsqu'il dit: “Malheur à “vous qui vous levez dès le matin pour vous plonger dans ules excès de la table, et pour boire jusqu’au soir, jusqu'à ce uque le vin vous échauffe.... Malheur à vous, qui êtes puisusants à boire le vin, et vaillants à vous enivrer... Malheur “à la couronne d'orgueil, aux ivrognes d’Ephraïm....
La mo -Pleu dre
MR ON ele, D. JO, 00 2 > DR
ss:
$ “couronne d'orgueil des ivrognes d'Eph À upieds."—/saïe, V II, 22; XXVIIL. L.3.
Notre parole ne peut rien ajouter à cette terrible décla- ; K ration des écrivains sacrés parlant sous l'inspiration de Dieu. «