Lettre pastorale de nos seigneurs les archevêques et évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d'Ottawa, sur l'éducation [microforme]
DE NOS SEIGNEURS LES ARCHEVÈÊQUES ET ÉVÊQUES DES PROVINCES ECCLÉSIASTIQUES DE QUÉBEC, DE MONTRÉAL ET D'OTTAWA,
NOUS, PAR LA GRACE DE DIEU ET DU SIÈGE APOSTOLIQUE, ARCHEVÈQUES ET ÉVÊQUES DES PROVINCES ECCLÉSIASTIQUES DE QUÉBEC, DE MONTRÉAL ET D'OTTAWA,
Au Clergé Séculier et Régulier et à tous les Fidèles de Nos diocèses respectifs, Salut et Bénédiction en Notre Seigneur.
Nos Très Chers Frères,
Notre siècle se proclame avec fierté le siècle des lumières ; il vante la douceur de ses mœurs, l’éclat de sa civilisation ; il exalte ses progrès qui semblent jeter dans l'ombre toutes les merveilles du passé. Nous ne voulons pas certes lui contester ce qui fait justement son principal
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titre de gloire ; Nous Nous plaisons même à reconnaître que, au point de vue matériel, dans le domaine des sciences naturelles, de l’industrie, de la mécanique, il a réellement fait des pas de géant et acquis des droits à notre admiration.
Cependant les obsc:'"ateurs judicieux, ceux qui ne se laissent pas éblouir par un mirage tronipeur, mais qui étudient à fond la marche des sociétés, constatent et déplorent, au milieu des splendeurs de notre âge, l’abaissement des
caractères, la corruption des mœurs, la soif
insatiable du bien-être et aes jouissances, unc recrudescence d’insubordination vis-à-vis de toutes les autorités, dans la familie, dans l’État, dans l’Église. Nous voudrions pouvoÿr proclamer ici que notre pays a échappé complètement au courant d'idées malsaines qui désolent la plupart des contrées de l’Europe ; malheureusement bien
des symptômes alarmants, bien des faits qui sd
déroulent encore sous nos yeux, nous prouven que ces idées subversives ont fait, depuis quelqui temps, leur apparition au milieu de nous.
Pourquoi donc sommes-nous obligés de recon naître, à côté d’un incontestable progrès matériel
une certaine déchéance au point de vue spiritudl
et moral? Comment expliquer cette espèc d'opposition, ou plutôt cette progression ascel dante d’un côté et descendante de l’autre ?
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Ah ! c’est que, dans l'Ancien Monde encore plus que dans le Nouveau, les saines croyances religieuses, minées peu à peu parune presse hostile ou par une société dépravée, vont s’affaiblissant dans les esprits ; c’est que la tolérance de l’erreur et du vice devient de plus en plus grande, c’est que l'ignorance religieuse est souvent très profonde, c’est que les mœurs s’altèrent au contact de mille éléments de corruption, c’est qu’on ne reconnaît plus autant aux diverses autorités l’origine surnaturelle ct divine qui seule peut les rendre dignes de notre respect et de notre soumission. La cause de cette déchéance, Nous la trouvons en grande partie, pour ce qui concerne notre pays, dans la mauvaise éducation de la famille : les enfants ne sont plus élevés suffisamment dans l’obéissance, dans l’amour du devoir, dans la fuite des occasions dangereuses, dans la pratique des principes de l'Évangile. C’est pourquoi, voulant conjurer autant que possible les dangers qui menacent notre peuple, et appliquer un remède efficace au mal dont nous souffrons déjà trop ct qui alarme à juste titre les bons catholiques, Nous venons aujourd’hui, Nos Très Chers Frères, vous entretenir de l'éducation chrétienne de la jeunesse AU SEIN DE LA FAMILLE d’abord, et ensuite DANS LES ÉCOLES, Les devoirs réciproques
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des pasteurs et des fidèles, les dangers que font courir à la foi et aux mœurs les mauvaises lectures, les funestes divisions que des ennemis
de l'Église tentent de semer au milicu de nous S, pour amoindrir nos forces etszper nos croyances : | adir voilà autant de questions fondamentales qui nec | Die seront qu’effleurées ici, maïs qui pourraient être | detc plus tard traitées avec beaucoup plus de détails. | diat, Ce sujet de l’éducation, Nas Très Chers Frères, ms n’est pas de ceux qui n’ont qu’une importance le relative, temporaire, et dont un bon citoyen noel peut se desintéresser sans inconvénient ; il est, che au contraire, d’un intérêt capital et constant es | corpc pour toutes les classes de la société. Les parents, sl
à qui Dieu a donné des enfants, et qu’il a revétus de son autorité pour les bien élever ; les pasteurs chargés d’enseigner et de faire observer exactement la loi divine; les chefs de l'Etat qui ont à seconder avec intelligence et efficacité lcs parents et les pasteurs ; les éducateurs de l’enfance qui reçoivent la mission de compléter dans les écoles l’œuvre des parents ; tous ceux qui aiment l’Église et la patrie ont à cœur de voir se donner partout une éducation saine, propre à former d’excellents chrétiens, des citoyens intègres, vertueux, instruits, dévoués à leur
pays.
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Saint Grégoire de Nazianze, dans un langage admirable 1, nous représente l’homme créé par Dieu et pour Dieu, comme le lien nécessaire detous les êtres corporels, comme leur fin immédiate; c’est par lui qu’ils doivent retourner à Dieu, leur principe, comme c'est pour lui qu’ils ont été faits. Il appelle l’homme l’abrégé de l'univers, un ange d’un ordre nouveau qui tient
au ciel et à la terre, un pontife placé entre les
choses visibles et invisibles, le roi du monde corporel, roi qui n’a au-dessus de lui que Dieu seul. Par son corps, par son esprit, par son cœur, l’homme est le résumé de toute la création et 1l possède en lui-même une triple vie physique, intellectuelle et morale, que l’éducation bien entendue a pour mission de développer.