‹ Lettre pastorale de nos seigneurs les archevêques et évêques des provinces ecclésiastiques de Québec, de Montréal et d'Ottawa, sur l'éducation [microforme]Chapitre 24 sur 26 · L'ÉGLISE AMIE DU VRAI PROGRÈS · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE AMIE DU VRAI PROGRÈS

L'Église catholique n’est pas opposée au vrai rrogrès ; elle le désire au contraire, elle l’appelle de tous ses vœux non seulement dans les sciences et les lettres, mais encore dans l’industrie, le commerce, l’agriculture, en tout ce qui peut améliorer le sort de l’homme. Elle voit d'un œil favorable la fondation d'écoles spéciales destinées à promouvoir nos intérêts matériels ; elle fait même tout ce qu’elle peut pour perfectionner ce genre d’études, pourvu que ce ne soit pas au détriment d’études supérieures plus impor-

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tantes ct plus nécessaires ; elle bénit Ie savant, chercheur infatigable, qui, après avoir arraché à la natureses secrets et ses trésors de fécondité, les fait servir à son avantage et à celui de ses semblables.

Entendez sur ce sujet l’éloquente et poétique parole du cardinal Pecci, devenu le grand Pape Léon XIII. ‘“ Combien l’homme apparaît majestueux ct beau, alors qu’il commande à la foudre et la fait tomber impuissante à ses pieds ; alors qu’il appelle l’étincelle électrique et l’envoie, messagère de ses volontés, à travers les abîmes de l’océan, par delà les montagnes abruptes et les déserts sans fin ! Comme il se montre dans toute sa gloire, alors qu’il ordonne à la vapeur d’attacher en quelque sorte des aïlcs à ses épaules cet de le conduire avec la rapidité de l’éclair à travers la terre et les mers ! Comme il est puissant lorsque, par des procédés ingénieux, il développe cette force elle-même, l’emprisonne et la conduit, par des sentiers merveilleusement combinés, pour donner le mouvement et pour ainsi dire l'intelligence à la matière brute, laquelle ainsi remplace l’homme et lui épargne les plus dures fatigues ! Ditcs-moi s’il n’y a pas en lui comme une étincelle de son Créateur, lorsqu'il évoque la lumière nour lui faire dissiper les ténèbres de la nuit et orner de ses splendeurs

les vastes salles ct les palais. L'Église, cette mère affectueuse, qui connaît tous ces progrès, est si loin de vouloir y apporter des obstacles, qu'à cette vue, au contraire, elle tressaille de joie ct d’allégresse..……. D'autre part, quelle raison pourrait-il y avoir pour que l’Église fût jalouse des progrès merveilleux que notre âge a réalisés par ses études et ses découvertes ? Y a-t-ilen eux quelque chose qui, même de loin, puisse nuire aux notions de Dieu et de la foi 1 ? ”

Ces remarquables parolcs ne sont que le déve-

loppement de la doctrine du Concile du Vatican |

au sujet de l’accord de la raison et de la foi. “ Bien loin que l'Église, disent les Pères de ce Concile, soit opposée à l’étude des arts ct des sciences humaines, clle la favorise etla propage de mille manières. Car celle n’ignore ni ne méprise les avantages qui en résultent pour lcs hommes ; bien plus, elle reconnaît que cemme les arts ct les sciences viennent de Dicu, le maître des sciences, s'ils sont dirigés convenablement, ils doivent de méme conduire à Dicu avec l’aide de sa grâce * .”

“O sainte Église catholique, pouvons-nous nous écrier avec saint Augustin, mèrc véritable

1— Lettre pastorale sur l'Eglise et la civilisation, 1877. 2—Conc, Vatic, Cap. IV, Ze Fide et Ratione.

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tion, 1877.

des chrétiens, c’est vous qui formez l'éducation du genre humain ; vous vous faites enfant avec les enfants, forte avec les jeunes gens, tranauille avec les vieillards, en suivant ainsi les progrès non seulement du corps, maïs de l’âme t !”*

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