‹ Lettre pastorale de Son Éminence le cardinal Bégin, archevêque de Québec [microforme]Chapitre 4 sur 10 · LATE AUS · texte numérisé non relu

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le chapitre de sa Cathédrale et inaugurait les fonctions chorales que rien ne viendrait interrompre pendant tout le temps de la domin ion française. Aujourd’hui, la chaîne sacrée de la prière canoniale est reliée à son principe, et la grâce de Dieu aidant, elle ne se brisera plus, un ssant les esprits et les cœurs dans l’accomplissement généreux de ce grand ministère qui s'appelle l’Ofice public.

Les communautés religieuses. — Nous Nous reprocherions de passer sous silence, dans cette exhortation au clergé, les précieux auxiliaires que sont pour Nous les religieux et les religieuses de Nos différentes communautés. Nous Nous plaisons à rendre hommage à leur esprit de déférence et d’obéissance envers lautorité diocésaine, non moins qu’à leur zèle et au succès de leurs travaux. Prédicateurs et missionnaires, Frères et Sœurs consacrés à l’enseignement, religieuses adonnées à la contemplation ou vouées aux soins des malades, Nous les entourons tous de Notre paternelle sollicitude et Nous les conjurons de se montrer de plus en plus dignes de

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leur sainte vocation. L'Église, par ’enseignement de ses théologiens, appelle leur état un état de perfection, voulant signifier par là que l’état religieux se propose pour but distinctif de viser à la perfection, que la perfection est sa fin immédiate vers laquelle il tend naturellement, et que c’est à cause de cette tendance continuelle qu'il porte le nom d'état parfait 1), D'où il suit que l’âme religieusé est tout à la fois une âme séparée et consacrée, séparée du monde, du péché et d'elle-même, consacrée à Dieu par les trois vœux qui font d’elle une immolation vivante et un complet holocauste.

Telle est l’essence de la vie religieuse, et comme l'essentiel l’emporte sur l’accidentel, ceux qui habitent le cloître doivent se souvenir qu’ils sont religieux avant tout, religieux avant d’être prédi- Cateurs, religieux avant d’être éducateurs, religieux avant d’être hospitaliers ou hospitalières. Qu'ils entendent ce grave avertissement que Pie X donnait à un grand Institut exclusivement

(1) D. Th. 2a 2e q- 186, a. 1, ad 3um.

enseignaut : « Nous apprenons qu'une opinion tend à se répandre, d’après laquelle vous devriez mettre au premier rang l'éducation des enfants, et la profession religieuse seulement au second : ainsi l’exigeraient l'esprit et les besoins du temps. Nous ne voulons absolument pas que cette opinion trouve tant soit peu de crédit auprès de vous et des autres Instituts religieux qui, comme le vôtre, ont pour but l’éducation. Qu'il soit donc bien établi que la vie religieuse l'emporte de beaucoup sur la vie commune, et que si vous êtes gravement obligés à l'égard du prochain par le devoir d’enseigner, bien plus graves encore sont les obligatirns Qui vous lient envers Dieu.»

Ces obligations seront pleinement suivies, si l’on s'efforce, dans chaque communauté, à bien saisir les traits et l'esprit propre du Fondateur, si l’on élève les novices dans une totale soumission de volonté, si l’obéissance est toujours considérée comme la loi qui s’impose et comme le sacrifice qui sauve, si en un mot, et c’est le mot de saint Ignace, « révérant la divine Majesté en

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ceux qui commandent, on leur rend l’obéissance avec une religion parfaite ».

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