II. — AUX FIDÈLES
C’est maintenant vers vous, Nos Très Chers Frères, que Nous tournons N otre pensée et Notre cœur pour vous adresser une exhortation toute faite d’encouragement et de paternels avertissements.
Vous donnez incontestablement le spectacle d’une vie chrétienne qui, pour n'être pas sans imperfection ni défaut, reste, dans l’ensemble, solidement appuyée aux véritables principes de l’Évangile et de l’Église. Le dimanche continue -de réunir, dans les temples, de nombreux fidèles ; chaque matin, grâce à la pieuse et persévérante impulsion de Pie X, beaucoup d’âmes participent au
. banquet sacré ; aux veil es des diman-
ches êt des fêtes, les confessionnaux sont assiégés ; la parole de Dieu, distribuée avec zèle, est écoutée avec respect ; la vie paroissiale est parfaitement orga-
(1) S. Ignat. Epist. 29 ad Conimb. Coll.
Le
pa
nisée ; les œuvres d’enseignement et de charité s'étendent et s’épanouissent, superbes de générosité et magnifiques de résultats. Aussi, de constater tout le bien qui s’est produit depuis un demi-siècle, Nous ne pouvons que Nous réjouir et surtout remercier Dieu.
Nous n’oublions pas, cependant, que Nous avons le double devoir de vous exhorter au progrès et à la persévérence, en vous disant avec l’Apôtre :
« Faisant le bien, ne nous lassons pas », ® et aussi de vous signaler, pour les conjurer tandis qu’il en est temps, les périls sixquels votre vie chrétienne est exposée, vous rappelant la parole de saint Pierre : « C’est pourquoi, mes frères, efforcez-vous de plus en plus d’affermir, par les bonnes œuvres, votre vocation et votre élection, car en faisant cela, vous ne faillirez jamais.» ©
Appliquées à notre vie personnelle, non moins qu’à notre vie nationale, ces dernières paroles ne renferment-elles pas tout ensemble la vocation à laquelle nous
(1) Gal., vi, 9.
(2) 2 Pere. 1, 10.
sommes appelés, les conquêtes que nous aVOns remportées, les protections dont nous devons nous munir, les dangers auxquels nous avor à rémédier ?