‹ Lettre pastorale de Son Éminence le cardinal E.-A. Taschereau archevêque de Québec [microforme]Chapitre 1 sur 13 · ET EN APPROUVE LES STATUTS · texte numérisé non relu

ET EN APPROUVE LES STATUTS

QUEBEC IMPRIMERIE GÉNÉRALE A. COTÉ ur Cie

Dnprimatur.

Quebeoi, die Sa decembris 1892.

t L.-N., Archiep. Cyrenen.,

Condj. Emi. Card. TASCHEREAU

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—— SUR LA DÉVOTION À LA SAINT fARIE, JOSEPH, A L/OCCASION » | : DE LA PUBLICATION DES LETTRE POSTOLIQUES PAR LESQUELLES S.8+ LÉON XII KKCOMMANDE L'ÉTABLISSEMENT DE = —- L'ASSOCIATION DE LA SAINTE FAMILLE :

| : ET EN APPROUVRE LES STATUTS, pus 0 nee 4 ELZEAR-ALEXANDRE TASCHEREAU, CanrpiINaz PRÊTRE EE = DE LA SAINTE EGLISE ROMAINE, DU TITRE DE SAINTE MARIE DE LA ® CE : , “ { ' VICTOIRE, PAR.'LA GRACE'"UE DIET. Es by SIÈGE: APOSTOLIQUE, | ARCHEVÊQUE DE QUÉBEC, : ©? + ‘5. se Au Clergé séculier et régulier, aux Communautés Religieuses et à tous ; les Fidèles du diocèse de Québec, Salut et Bénédiction en Notre t ‘ Seigneur.

: Nos Très Chers Frères, t ; , N = ; * FLE À ! La dévotion à la Sainte Famille à toujours été au Canada une TT dévotion nationale ; elle à protégé le berceau de notre colonie, r comme aujourd’hui elle veille sur son exubérante jeunesse pour , la garder dans les droits sentiers. Nos vaillants missionnaires : | avaient jugé, suivant les paroles de saint Paul, que si la racine d : est sainte, les branches le sont aussi—si radit sancta et rami— ‘ et que pour faire de cette colonie naissante un peuple saint, il + fallait s'appliquer à en sanctifier les premiers habitants qui en ; étaient les souches.

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« Le premier jour de mai 1637. disent les Relations des Jésuites, M le Gouverneur fit dresser devant l'église un grand arbre enrichi d'une triple couronne, au bas de laquelle il y avait trois grec 148 cercles L'un sur l'autre, enrichis de festons, qui portaient ces trois beaux noms écrits Comme dans un écusson : Jésus, Marie, Joseph. Get arbre ful salué d'une escouade d’arquebusiers qui le vinrent entourer. »

En arrivant au pays, en 1659, Mgr de Laval y avait trouvé en honneur le culte de la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph. Cette dévotion avait été implantée au Canada par les Jésuites. On croit que c’est le Père Pijard qui établit la première confrérie de la Sainte Famille, en 1650, à Villemarie, dans l’Isle de Montréal. Mais le véritable fondateur et promoteur de celte dévotion fut un autre désuite, le Père Chaumonot. que Mgr de Laval fit descendre de Moutréal, pour ie mettre, lui et Madume d’Ailleboût, à la tête de la confrérie qu’il s'agissait d'établir régulièrement à Québec. Ge fut perdant qu'on faisait ici l'essai de celte association, que Mgr de Laval dédia à la Sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph, le Séminaire de Québec, «son chef-d'œuvre etson ouvrage favori, , comme dit M. de Latour.

Après avoir, Au pa Jaismême des heareuxsfruits que produisait cette dévotion. el out [ur, doter si nouye] ‘astroissement, le pieux évêque publia, le 14 mars (665, un mandement qui approuvait et recommandait l'établissement de la Sainte Famille à Québec et dans tous les lieux relevant de sa juridiction. Ce fut donc à Québec que se fit la premiere érection canonique ; la confrérie ne fut érigée en forme à Montréal que trois ou quatre ans après. Dans Îles règlements que le premier évèque de Québec rédigea lui-même. il ne propose aux associés que les devoirs de la vie chrétienne ordiniure, Seuleraent, pour les engager à les accomplir avec fidélité, il leur propose l'exemple de la Sainte Famille. Le prélai fit imprimer un petit écrit, qui marquait aux personnes de cette confrérie les vertus qu'elles devaient s’efforcer d'acquérir et les maximes du monde qu'elles devaient fuir. JL y joignit sous le uom de Caléchisme de la Sainte Famille, une instruclion, par demandes et par réponses, sur les vertus de Jésus, Marie, Joseph. Gomme Léon XIII de nos jours, il avait mème fait graver des images de la Sainte

Famille qu'il distribua dans toute la colonie : ee qui ne contribua pas peu à augmenter la piété tant ‘parmi les Français queparmi les sauvages.

Cette belle dévotion ne tarda pas à produire un renouvellement de ferveur, partout où elle s'introduisit. «Ge n'est pas seulement chez les peuples policés, disent les Relations, et parmi les personnes consacrées à Dieu, que se trouve la dévotion ; les sauvages en sont capables, et les cabanes d'écorce cachent autant de vertus qu’on peut en souhaiter dans ies cloîtres. Depuis qu'on à introduit dans l'église des Hurons de Québec, une dévotion qui fait de grands fruits parmi les Français de ce pays, et qu'on leur a inspiré Le dessein de régler leurs familles sur celle de Jésus, Marie, Joseph, on ne peut croire jusqu'où va la ferveur de ces panvres barhares. »

Les miracles opérés par l'intercession de la Sainte Famille et les bienfaits sans nombre que les fidèles en obtenaient, rendirent cette dévotion une des plus populaires du pays durant de longues années. On érigea plusieurs paroisses sous le vocable de la Sainte Famille ; entre autres : Sainte-Famille de liste d'Orléans et Sainte-Famille de Boucherville. La plupart des anciens tableaux peints dansile paxs, où wême;endrance, ontpour sujet La Sainte Famille de Jésus, Marie,Joseph, ,« C'était un tableau de la Sainte Famille qu'en 1690, on avail placé dans le clocher de la cathédrale, et qui défia tous les boulets que l'amiral Phipps fittirer pour labattre. » (1)

A la vue des faits miraculeux et des merveilles arrivés en différents temps, et par lesquels le Ciel semblait vouloir autoriser celte dévotion, l'Évèque de Québes établit, dès 1665, la fête de la Sainte Famille, mais non d'une manière permanente, comme il le fera plus tard. Il la fixa d'abord au second dimanche après l'Épiphanie ; et publia, en faveur de toutes les personnes de la sonfrérie, une indulgence plénière, accordée, le 98 janvier 1665, par ie Pape Alexandre VIE On voit dans la bulle de ce pape, que la confrérie établie dans léglise paroissiale de Québec, se composait alors d'hommes aussi bien que de femmes, et de per. sonnes de tous les rangs de la société. Gette indulgence fut

(1) Les Ursulines de Québec,

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renouvelée plusieurs fois, entre autres en 1668, par Innocent XI. Comme le second dimanche après l'Épiphanie était trop incommode pour les personnes de la campagne, Mgr de Laval plaça la fôte au troisième dimanche après Pâques, par un mandement dau 4 novembre 1684 Dans ce document remarquable, l'Évôque de Québec ordonne qu'à l'avenir tous les ans on célèbrera la fête de la Sante Famille, dans toute l'étendue de son diocèse, et qu'elle sera de première classe avec octave.

On récita d'abord le jour de cette fète, la messe el l'office de l’'Annonciation. Mais Mgr de Laval songea bientôt à faire composer une messe el un office propres, ainsi que des hymnes à la Sainte Famille pour les substituer à celles qu'on y avait adaptées. Ilchoisit pour cela quatre des plus verineux et habiles théologiens de ce pays. (11 Quand leur travail fut ébauché, ils en conférèrent ensemble et ne trouvèrent pas que leur ouvrage répondit à la dignité du sujet. C'est pourquoi, avec l'agrément de Mgr de Laval, ils s’adresserent à M. de Santeuil, chanoine de lab: baye de Saint-Victor, à Paris. très connu par ses poésies sacrées, et le priérent de réformer leur travail. M. de Santeuil corrigea et mit dans un style plus élégant la prose el les hymnes, et les renvoyà à l'Évèque de Québec: 4?) Le cirant fat, l'œuvre de M.

Charles-Amador Maifinl: let Uatiyiërhé prêtre pinadien ; «son travail est ur monument de l'étude de la musique religieuse dans ce pays.» (3 En 1865, l'office de la Sainte Famille, pour le bréviaire et le missel, fut formellement approuvé par un induit du Saint-Siège, pour tous les diocèses de la province de Québec, el la fête depuis se célèbre le deuxième dimanche après Pâques. Cet office, qui est encore en usa5c dans notre pays, pourrait bien avant longtemps être concédé à Église universelle.

C'est avec un légitime orgueil, Nos Très Chers Frères, que Nous voyons cette Gonfréric de ja Sainte Famille, avoir ses Com-

(1) MM. Louis Ango des Maizerets et Henri de Bernières, les RR. PP, Jean Dablon et Martin Bouvart de la Compagnie de Jésus.

(2) La prose et les hymnes de la Sainte Famille furent plus tard réformées par M. Gourdan, comme nous l’apprend une lettre de M. Tremblay à M. Glandelet, 5 mai

(3) Vie de Mgr de favat, par M. l'abbé Auguste Gosselin,

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mencements dans l’église de Notre Dame de Québec, notre ‘athédrale, d'où elle s'est répandue avec bénédiction dans tout le Canada. C'est aussi pour nous, Canadiens-Français, un titre de gloire, d'avoir pour ainsi dire prévenu Île désir de l'Église, et d'avoir pratiqué dès les premiers jours de la colonie une dévotion, qui, dans les desseins de la Providence, devait tant contribuer à rétablir à notre époque l'esprit chrétien dans la société !

Nous ne pouvons Nous empêcher de vous citer, pour votre édification, l'un des principaux chapitres des règlements de la Sainte Famille faits par Mer de Laval lui-même : c’est le chapitre qui expose quel doit être l'esprit de cette confrérie. Quoique ces règlements aient été dressés d'abord pour les femmes qui ont commencé cette confrérie, on peut néanmoins aisément Îles appliquer à toutes sortes de personnes.

« L'esprit de la confrérie consiste à imiter les personnes sacrées qui composent la Sainte Famille, chacun selon son état et sa condition.

«Les femmes auront un soin particulier d’'imiter la sainte Vierge, qu’elles auront toujours devant les yeux. comme le modèle de leurs actions, et la considèreront comme leur supérieure et la règle de leur perfection ; étant assurées qu'elles seront de la Sainte Famille. autant qu'elles imiteront de plus près ses vertus. Les principales qu’elles doivent se proposer sont les suivantes :

«to Envers Dieu, la crainte de l’offenser; la promptitude dans les choses où il va de son honneur et de son service ; une grande soumission et conformité à sa volonté, dans les accidents les plus fâcheux ; un profond respect pour toutes les choses saintes.

«20 Envers le mari, un amour sincère et cordial, qui fasse qu'on ait un grand soin de tout ce qui le regarde, selon le temporel et le spirituel ; tâchant toujours de le gagner à Dieu par prières, bons exemples etautres moyens convenables : le respect, l'obéissance, la douceur et la patience à souffrir ses défauts et ses mauvaises humeurs.

«4° A l'égard des enfants, un grand soin de les élever dans la crainte de Dieu, de leur apprendre et de leur faire dire tous les jours leurs prières ; leur inspirer une grande horreur du péché ; ne leur souffrir rien, où Dieu pourrait être offensé ; une grande

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