D LES
Jésus, le Sauveur du monde, pouvait-il se peindre lui-même sous une image plus aimable et plus gracieuse ? Pouvait-il nous donner une idée plus touchante de son immense charité ? pouvait-il mieux nous faire comprendre le prix des âmes et l'ardent désir qu'il a de les sauver toutes ? Quel est celui qui ôserait murmurer encore avec les Scribes et les Pharisiens? Quel est celui, au contraire, quine se trouverait heureux de participer à l'inépuisable charité du Bon Pasteur, et de l'accompagner à la recherche de la brebis infidèle ?
Mais quelle est cette brebis infortunée ? Hélas chacun de nous, NF. € F., ne peut-il pas dire avec autant de vérité que le saint roi David: ‘J'ai erré comme une brebis qui s’est perdue.” Ærravi sicut ovisquæ periil (Ps. cxvnIr. 176). Plusieurs, sans doute, doivent ajouter avec reconnaissance : “ Et vous m'avez retiré du fond des abimes.” Æ14 de abyssis terræ iterüm reduxisti me (Ps. Lxx. 20) ; et encore: “ C’est le Seigneur qui me conduit, rien ne pourra me manquer : il m'a établi dans un lieu abondant en pâturages.” Dominus regit me, et nihil mihi deerit : in loco pascuæ ibi me collocavit (Ps. xx11. 1. 2). Ils sont rentrés dans la bergerie : ils sont heureux. Mais combien qui errent encore dans les déserts arides du vice et de l'erreur? Qui ne serait touché de leur triste sort, et qui ne voudrait seconder les désirs et les efforts du Bon Pasteur pour les ramener au bercail ?
Or, ilest dans nos villes une classe de brebis égarées qui doivent surtout exciter notre compassion et notre zèle, parce qu'elles sont plus éloignées, plus perdues que toutes les autres. Entièrement séparées du troupeau fidèle, elles se sont précipitées au fond de l’abîime. Leur nom est une injure et un scandale, leur état, un crime et un opprobre. Dévouées, corps et âme, au plus abominable des démons, elles en sont devenues les viles esclaves : elles ont oublié et le Dieu qui les a créées et le Sauveur qui est mort pour elles sur la croix : et rien ne leur en rappelle le souvenir, car elles fuient l'assemblée des saints et ne savent plus prier. Sont-elles donc perdues sans ressources ; n°ÿ a-t-il plus d’espérance pour elles ? Gardons-nous de le dire ou de le penser, N.T.C.F.; nous poserions des bornes à la charité infinie de notre Dieu ; nous ovblierions que Jésus est venu appeler les pécheurs, et sauver ce qui était perdu ; nous oublierions que si le Bon-Pasteur aime toutes ses brebis, il montre une prédilection marquée pour les plus délaissées ; nous oublierions que c’est pour elles qu'il laisse le reste de son troupeau chéri, et qu'il franchit les montagnes et les
vallées ; nous oublierions qu’il peut par la pénitence rajeunir les cœurs flétris
nème sous une une idée plus comprendre le el est celui qui el est celui, au sable charité du idèle ?
nous, N. T. C, id: “J'ai erré il (Ps. CxXVIII.
re: “Et vous eduxisti me (Ps.
n ne pourra me Dominus regit «xit. 1. 2). Ils bien qui errent serait touché de efforts du Bon
doivent surtout éloignées, plus eau fidèle, elles e et un scandale, plus abominable ont oublié et le a croix: et rien es saints et ne at-il plus d’es- NT. CF; ous ovblierions perdu ; nous ouontre une prédi- > c’est pour elles montagnes et les les cœurs flétris
par le vice, et de ces vaisseaux d'ignominie faire des vases d'élection ; nous oublierions enfin l'histoire de sainte Marie-Magdeleine dont la conversion fut si éclatante. Mais grâces immortelles soient rendues au Dieu de toute miséricorde, cette pécheresse n’a pas été la seule que la pénitence a sanctifiée.
Nous en avons l'expérience ; tous les jours encore la grâce, qui poursuit les pécheurs les plus rebelles, pénètre dans ces maisons infàmes, où le démon se flatte de régner seul, et y fait naître le remords et le repentir. Beaucoup, il est vrai, résistent et s'endurcissent davantage ; mais il s'en rencontre, qui, comme le prodigue, reconnaissent avec effroi l'abime où elles sont descendues ; elles rougissent de leur état, lèvent les yeux vers le Ciel et se disent. “ Je me lèverai et j'irai vers mon Père.” Mais comment rompre les liens qui les enchaînent ; comment franchir l'espace immense qui les sépare des vrais enfants de Dieu? Devenues la honte de leur propre famille, elles se sentent repoussées par tout ce qui est bon et honnête ; d’ailleurs il faut vivre, et le plus souventelles n'ont gagné que la misère au service du tyran à qui elles ont tout sacrifié, Le crime, la honte et la pauvreté se dressent devant elles comme autant de barrières infranchissables. Oh ! si elles pouvaient se cacher dans quelque refuge pour y pleurer leurs péchés! Mais où le trouveront-elles ?.... la charité du Bon Pasteur y a pourvu.
Dans la plupart des villes catholiques de l’ancien monde, des Asiles sont ouverts à la pénitence et produisent des fruits admirables. L'institut connu sous le nom de Bon-Pasteur abrite plus de quatre mille de ces infortunées, et il n'est pas le seul qui se consacre à cette œuvre. Combien d'autres trouvent le chemin du Ciel dans les maisons de la Miséricorde où du Refuge ? Depuis longtemps, on sentait dans nos villes le besoin de ces institutions inspirées par la plus pure charité. Montréal nous a dévancés ; il a son Bon-Pasteur ; pourquoi, N. T. C. F:, Québec n’aurait-il pas le sien? Le besoin en est-il moins pressant? Non. La charité des vrais catholiques y est-elle moins active? Non encore. Mais une autre œuvre d’une nécessité non moins urgente, l'établissement des Sœurs de la Charité, a absorbé jusqu'ici et continue d’absorber toutes les aumônes.
Cependant le Dieu de toute bonté veut que notre ville ait aussi son Asile ouvert aux âmes que la grâce va chercher dans l’abime de la perdition. Déjà il à travaillé dans le silence: déjà il a inspiré à l’admirable société de St. Vincentde-Paul la pensée de prendre l'initiative, et cette pieuse pensée a été encouragée
a Sn w-
EE
a om