‹ Lettre pastorale sur l'éducation chrétienne [microforme]Chapitre 4 sur 4 · DROITS DES PARENTS · texte numérisé non relu

DROITS DES PARENTS

Le droit naturel d'élever les enfants n'appartient pas à l’État ou à la municipalité: il apnartient aux parents, Nulle organisation ou société civile ne peut s'arroger ces droits des parents, à moins que les parents eux-mêmes ne se soient rendus incapables de

les exercer. Aa surplus, les parents sont obligés, de par la loi naturelle, de donner ou de faire donner à leurs enfants telle éducation qui soit utile ou nécessaire pour leur avenir, tenant compte des talents et des aptitudes dont le Créateur a pu douer ces mêmes enfants. Et comme cette vie n’est pas la fin de no-

tre destinée, mais seulement le moyen vers la fin, les parents sont tenus d'élever leurs enfants en vue de la vie plus haute et plus réelle qui commence au moment où finit la vie présente ; car l’homme possède une âme immortelle ; il doit être préparé et formé à une vie vraiment religieuse et vertueuse si l’on veut qu’il atteigne sa vraie fin, sa destinée supréme qui est la possession de Dieu dans l’éternelle felicité.

11 faut toutefois reconnaître que le plus grand nombre des parents ne soit pasen mesure de pourvoir par eux-mêmes à la formation et au développement intellectuel de leurs enfants, ou bien parce que le temps leur manque pour ce devoir, ou bien parce qu’ils ne possèdent pas toutes les qualifications requi-

ses Ou connaissent trop peu les méthodes éducationnelles, Ils sont alors remplacés par l’instituteur, et comme peu de parents, du moins par comparaison, Peuvent se payer le luxe d’un instituteur privé, le mattre public devient alors nécessaire. C'est ainsi que l’école apparaît comme la conséquence naturelle des droits des pères ct des mères en matière d’éducation. L’école prend la place des parents pendant une certai- .ne période de la journée. L'autorité dont jouit le mattre lui est délégnée par les parents, qui lui confient leurs enfants pour quelques heures du jour. L'école est une annexe de la famille, Elle n’est pas, elle ne peut jamais être une institution de l'Etat. Elle est antérieure à l'Etat, parce que la famille elle-même existait avant l'Etat. Cependant, si l'Etat ne peut prétendre donner naissance à l’école ni être la cause de son existence, il doit cependant fournir une aide matérielle et faciliter l’œuvre de l'éducation aux parents qui ont besoin de son concours.

DROITS DE L'EGLISE EN MATIERE D'EDUCATION À part l’ordre naturel, il existe en ce monde un ordre surnaturel qui, avec les parents, réclame l’éducation scolaire de l'enfant: et c’est nommer l'Eglise, l'Eglise à qui son divin Fondateur a confié la charge d’enseigner la race humaine. Par sa naissance naturelle, l'enfant appartient à ses parents; par sa naissance sutnaturelle (c’est-à-dire, quand il ‘naît de nou” veau” dans le saint baptême), l'enfant appartient à Eglise de Jésus-Christ. Et c’est ainsi que, dans

l'ordre chrétien et ce qu’on peut appeler aussi la civilisation chrétienne, l'école doit représenter et les parents et l'Eglise. Avec une infatigable tenacité, lEglisé du Verbe incarné a proclamé, pendant dixneuf siècles, la nécessité d’une éducation dont l’âme soit la religion chrétienne, et elle restera fidèle à ce principe jusqu’à la fin des temps. Elle prétend faire l'éducation de l'enfant tout entier, et non seulement développer son esprit par l'instruction, mais gouverner son cœur au moyen de la religion. Elle prend le petit enfant avant que le mystère du mal se soit révélé à son intelligence ; elle l'amène à ses écoles et l’y entoure d’une asmosphère toute religieuse, Sur les murs, l’image du divin crucifié avec celles des héros de la sainteté, et en même temps, de fréquentes prières évoquent chez l'enfant le souvenir de Dieu et des choses saintes, douce continuation des enseignements qu’il a déjà recueillis des lèvres d’une affectionnée mère. Le Sauveur enfant lui est montré chaque jour comme le modèle de tout ce qui est bon et noble, Les leçons de l’histoire lui font voir la providence de Dieu inspirant et réglant toute chose, donnant leur forme à tous les événements ; en même temps elles lui révèlent l'influence de l'Eglise sur les individus et les nations, et lui font admirer l’héroïsme de ses martyrs, le courage de ses confesseurs, la pureté de ses vierges. Et certainement pendant que le jeune cœur grandit en grâce et en pureté sous le grand soleil de la religion, les connaissances profanes (comme on les appelle) ne sont pas reléguées dans l'oubli. Grâce à cette

formation religieuse très pratique, l'enfant se persuade et sent bien vite que nous sommes constamment sous le regard d’un maître suprême à qui rien n’échappe et qui nous demandera compte de toutes nos pensées, paroles, actions et omissions; il comprend que notre premier et souverain devoir sur terre, comme notre intérêt même, est de nous attacher à une religioa qui nous fait croire et espérer en Dieu, l'aimer et le servir ; que l’homme de vertu vivra éternellement heureux avec Dieu et ses anges dans la splendeur et la joie du ciel, tandis que l’homme pervers brûlera dans les flammes éternelles d'un enfer où il n’est pas de rédemption possible. Ainsi, chaque leçon que l'enfant reçoit, courbe son esprit sous le joug suave du Christ, et ouvre son jeune cœur à l’immortel amour du suprême et unique Bien.

ECOLES PUBLIQUES, OU ECOLES DE L'ETAT Hélas! notre système national d'éducation ne se préoccupe guère de la formation religieuse des enfants appartenant aux familles catholiques, et j'ajouterai qu’il n’est pas de son ressort d’y pourvoir. La religion du Christ est bannie de la salle de classe, et le facteur essentiel de la vraie éducation est ainsi absent. Comme catholiques, nous n'avons pas la permission d'approuver un tel système, et nous devons nous y opposer même si on nous accuse à tort d’étroitesse d’esprit, de bigoterie et de sectarianisme, Les parents qui veulent faire donner à leurs enfants une éducation chrétienne appuyée sur la vraie doctrine, doivent les éloigner des écoles publiques. Les parents

vraiment catholiques n’abdiqueront jamais leur plus cher privilège et n’oublieront jamais le plus sacré de leurs devoirs, qui est de faire instruire leurs enfants dans les écoles catholiques ; conséquemment, ils n’enverront jamais leurs enfants à l’école publique à moins d’y être forcés Par des circonstances incontrôlables. Nous admirons le mécanisme qu'on met en jeu dans ces institutions au profit de la santé et du con. fort; nous reconnaissons la valeur des méthodes pédagogiques qu’on y adopte; nous ne contestons pas à nos compatriotes non-catholiques, le droit qu’ils ont de choisir l’école publique de préférence à toute autre, et si nous sommes forcés d’infliger un blâme à ces écoles, ce n’est pas Pour ce qu’elles enseignent, mais plutôt pour ce qu’elles n’enseignent pas. Nous considérons le système de l’école publique comme radicalement défectueux et insuffisant en ce qui concerne l'enfant catholique, Les Evêques d'Amérique ne se sont jamais réunis en concile provincial ou national sans blâmer le système de nos écoles publiques, et décréter l'établissement d’une école catholique dans chaque paroisse. La Pauvreté des catholiques a quelquefois ajourné la mise en vigueur de cette loi de l'Eglise, mais ce délai n’a été partoüt que l’attente de l’heure plus ou moins tardive où elle pourrait être exécutée plus efficacement et plus généreusement. “L'expérience de tous les jours, dit le Second Concile de Baltimore, nous montre à quels dangers et quels graves mal! rs est exposé l'enfant catholique qui fréquente les écoles publiques.” L'indifférence

di

dans les matières religieuses est une des fâcheuses Conséquences de ce défaut d'instruction religieuse, et nous ne parlons pas ici de ces livres de classe, livres d'histoire par exemple, qui, s’ils s’abstiennent de dénaturer les faits historiques, omettent cependant de rappeler les grandes œuvres du catholicisme.

Ne vous laissez Pas prendre au mot de passe : ‘nonsectarien.” Un système d'éducation qui se proclame ‘‘non:sectarien,” conduit au paganisme, et le paganisme est une autre forme du sectarianisme. Une école absolument “non-sectarienne” est aussi impossible que le feu sans chaleur. En 1866, les Evéques ässemblés en Concile natiohàal à Baltimore, écrivaient ce qui suit : “L'expérience quotidienne rend ce fait évident que, prétendre développer l'intelligence et l’orner de savoir, tandis que le cœur et ses affections échappent au contrôle des principes religieux soutenus par les pratiques religieuses, c’est se tromper sur la nature et l’objet de l'éducation, comme c’est aussi préparer les plus amers désappointements pour les parents et les enfants dans l'avenir, et les résultats les plus désastreux pour la société.” Dans son Instruction du 30 juin 1875 sur les Ecoles publiques, le Saint Siège dénonce comme ‘‘un système extrêmement pernicieux” celui d’une école d’où la religion est exclue ; il recommande aux Evêques d’Amérique ‘de préserver leur troupeau de tout contact avec les écoles publiques, ” et d'établir des écoles catholiques, parce que ‘rien n’est plus nécessaire pour les catholiques que de posséder de bonnes écoles pa-

roissiales.” Et quand les prélats d'Amérique se réunirent de nouveau pour le troisième Concile plénier de Baltimore, ils déclarèrent dans leur 195e décret que “le nombre des âmes perdues pour l'Eglise du Christ par la faute de l'Ecole publique est simplement énorme.” Au jour présent, l'Eglise n’est plus seule à condamner et rejeter un système scolaire d’où la religion est bannie. Les maîtres qui tiennent la téte de l’ensei- &nement en Amérique ne sont pas satisfaits de ce système et s’alarment de plus en plus de son insuccès dans ce qui est le Propre même Ge l'éducation. Ils ont remarqué chez la génératia qui grandit une effroyable absence de respect pour l'autorité, la tendance de plus on plus marquée à priver le mariage de son caractère sacré, la négligence à l'égard des de- . Voirs domestiques, la défalcation, la fraude, la subornation, le désespoir, le suicide. Ils ont découvert le vice radical de notre système national, et maintenant le reconnaissent comme la cause du mal dont souffre la société; ils cherchent avec anxiété un remède; ils recommandent l’enseignement de la morale, oubliant cependant la leçon que nous donnait avant de mourir le père et le fondateur de notre bien-aimé pays: “La raison et l'expérience nous défendent d’espérer que la moralité puisse exister après l'exclusion de la religion.”” Les leçons de morale doivent être absolument des leçons de religion; mais la religion ne peut être enseignée que par une autorité qui tient

ses lettres de crédit du dispensateur même de l’autorité spirituelle.

Suivant des statistiques récentes, seize millions d'enfants de l’un et l’autre sexe sont élevés, aux frais de la République Américaine, dans des écoles où ils ne sont d’aucune manière instruits de leurs devoirs envers Dieu. Quelques-uns de ces enfants peuvent assister à ce qu’on appelle “l'Ecole du dimanche”, et recueillir quelques idées sur le Créateur et le Sauveur du genre humain. Mais une autorité digne de toute créance déclarait en 1898—et l’état des choses ne s’est pas amélioré depuis, —que plus de la moitié des enfants, en ce Pays, ne reçoivent aucune instruction religieuse quelconque. Ne sommes-nous pas ainsi à semer le vent, en attendant le moment terrible où nous récolterons la tempête » N'’avons-nous pas rai. son de craindre pour l'avenir de nos chers Etats- Unis, quand nous nous mettons à penser que tant de jeunes gens, en apparence bien élevés et bien cultivés extérieurement, ayant peut-être un léger revêtement de principes de morale, sont cependant privés de connaissances comme aussi de tout sentiment religieux ? Enfants de Dieu devenus exclusivement terrestres, ils ne regardent plus qu’à l’arg at ou à ce qu’il procure, comme à l'unique source du bonheur en cette vie: ils ne songent plus qu’au plaisir et aux amusements frivoles, et ils recu'ent devant toutes les difficultés et les privations comme devant autant de malheurs. Est-ce que la Constitution et les grandes lois morales, fruits de Ja doctrine évangélique et d’une civilisation profondément chrétienne, seront

1 Kduc, Review, Feb, 1898.

en sûreté dans les mains d'une génération qui né marche plus dans la lumière des croyances et des pratiques chrétiennes?

DEVOIRS DU CLERGE En présence de cet affreux péril, c'est vers vous, prêtres du Christ, que je me tourne dans le plus amer des chagrins de mon cœur; c’est à vous que j'en appelle, avec tout ce qui reste d'énergie à mon âme tremblante; oui, à vous, mes bien-aimés collaborateurs dans l’œuvre à la foi divine et patriotique du salut des âmes; à vous les officiers choisis et reconnus de cette armée diocésaine dont je suis le chef par la volonté de Dieu. Notre Divin Seigneur, à qui nous avons voué notre inaltérable loyauté, redemandera à vos mains consacrées le sang de tous les enfants qu’il a confiés à vos soins. Souvenez-vous que le premier et le plus essentiel de vos devoirs, plus essentiel même que la célébration de la sainte Messe et l'administration des sacrements, c’est de Procurer à vos enfants catholiques une éducation catholique, Nul obstacle ne doit paraître insurmontable, nul sacrifice trop grand, nulle perte où inconvénient personnel trop pénible quand on se trouve en présence d’une loi positive qui nous oblige de fonder et maintenir une école paroissiale, L'école catholique nous doit être plus chère que la prunelle de notre œil; elle doit passer la première dans notre anxiété quotidienne, venir avant tous les intérêts de la paroisse et rester au-dessus d'eux toujours.

Au cours de l’année 1786, le premier Evêque Amé-

ricain, le Docteur Carroll, de Baltimore, dont le dé- Youement à la Constitution de la République alors encore jeune ne peut être mis en doute Par personne, écrivait ces paroles d’or: ‘Dieu m'est témoin que, en recommandant d’abord l'école, et en persistant dans cette recommandation, je crois rendre à la religion le plus grand service qui soit et sera jamais en mon pouvoir.” Monseigneur Carroll Prononçait ces paroles vingt ans avant qu’il ait posé la pierre angulaire de sa Cathédrale, Son éminent successeur sur le siège de Baltimore, l’universellement estimé et just- ient aimé Cardinal Gibbons, a hérité de cette conviction comme d’un trésor, Son Eminence m'assurait dernièrement, que nulle paroisse n’est établie dans son archidiocèse sans que l’école paroissiale soit bâtie la première où du moins simultanément avec l'église. Si vous rencontrez dans vc.re congrégation—ce qu’à Dieu ne plaise! —des Personnes qui ne voient pas la nécessité d'une école séparée pour nos enfants catholiques, et qui, au lieu de vous aider généreusement de leurs ressources, critiquent vos saints et nécessaires efforts, vous découvrirez aisément le fruit empoisonné d’une éducation non-religieuse chez ces catholiques si déloyaux et si mal instruits de leurs devoirs. Avertissez-les dans les termes mêmes dont s’est servi le divin Seigneur: “Celui qui n’est pas avec moi e,& contre moi; et celui qui ne recueille pas avec moi disperse 1,” Dites-leur, de par la même autorité, que ‘nul ne peut servir deux maîtres 7 et

1 Luc, XI, 28.—2 Math, XI, 24.

que s'ils veulont servir le Christ, ils doivent renoncer à leurs opinions impies, et obéir à l'Eglise. L'opposition ou la contradiction que veus rencontrez chez les catholiques tièdes ou chez les ennemis de notre foi, devrait animer votre zèle et vous faire travailler à l’œuvre de Dieu nvec encore plus d'ardeur. Ne cespas de vous dépenser et de lutter jusqu'à ce que vous puissiez dire chaque jour, d'un cœur content et dans la pureté de votre conscience, quand Yous serez . debout devant l'autel de la nouvelle alliance: “Jugez-moi, Seigneur, et voyez si j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir Pour assurer à chaque enfant de ma paroisse le bienfait sans prix d’une éducation catholique.” NOS COMMUNAUTES ENSEIGNANTES La prodigieuse expansion et le développement de l’Eglise catholique aux Etats-Unis doivent être attribués, dans une large mesure, aux travaux si dévoués et si désintéressés de nos religieux Frères et Soeurs, et spécialemert à nos communautés enseignantes. Mes Frères des Ecoles Chrétiennes’et le groupe si noble des diverses congrégations de Soeurs qui existent dans le diocèse emploient toute leur énergie à l’œuvre de l'éducation catholique, ne recevant qu’une compensation nominale et à peine suffisante pour défrayer les modestes dépenses de leur vie mortifiée. On les voit toujours joyeuses, patientes et infatigables dans l’accomplissement de leurs devoirs si ardus et souvent sans consolation. Si jusqu’à présent, en certains. endroits, on n’a pas pu, faute de

ressources, bâtir et équiper des écoles de façon à les mettre sur un pied d'égalité avec celles qui sont construites au moyen de la taxe publique, l'instruction qu’on y donne a cependant toujours été de l’ordre le plus élevé et a développé le caractère ferme et sans alliage d'hommes et de femmes qui sont aujourd’hui l'honneur de la contrée ou l'orgueil de l'Etat. Ces bons Frères et ces bonnes Sœurs savent que la prière et le catéchisme ne suftisent pas pour préparer les enfants aux différentes destinées qui se partagent la vie humaine et, par de suprêmes efforts, on cherche partout à faire monter nos écoles jusqu'au plus haut

point de l'excellence en matière d'éducation, DEVOIRS DES LAIQUES Pourquoi se trouve-til des hommes à l'esprit assez

étroit pour tenter de ravir à l'Eglise cette fonction qui lui est naturelle, et comine innée chez elle, d’élever ses propres enfanrs ? Pourquoi veulent-ils placer l'éducation sous le contrôle du gouvernement ? Parce que, ignorant ou mettant en oubli l’éternelle destinée de l’homme, ils font du gain matériel et de avancement temporel la base et le motif de l’éducation. Vous, mes chers enfants de la communauté laïque, vous savez qu'il y a des choses meilleures et plus désirables que l'or, l'argent, les belles maisons, les splendides équipages, les balles de coton, les boisseaux de froment, les parts de chemins de fer et les bons sur le gouvernement. Vous savez que le but de l’éducation est de rendre l'enfant meilleur, capable de résister, avec la grâce de Dieu, aux séductions

et fascinations d’un monde corrupteur, et de censidérer la vie présente comme une épreuve, comme une préparation à une autre vie meilleure et plus heureuse qui doit venir.

C'est pourquoi, unissez-vous à tous les éducateurs chrétiens qui sont animés des mêmes solides principes et de la même bonne volonté, et que tous vos efforts tendent à introduire la religion dans les écoles où les futurs citoyens de l'Amérique reçoivent l’éducation. Connaissez à la fois votre situ: ‘on et vos droits. Etudiez à fond l'esprit de l'Egli . en matière d'éducation. Ne soyez ni arrogants, ni contentieux à l'égard de vos adversaires, mais virils dans votre artitude, courtois dans votre langage, sincères etloyaux dans vos sentiments, patients et indulgents en face de la provocation. Faites comprendre à vos concitoyens que notre système national d'éducation n’est, comme nous l'avons vu, ni chrétien, ni même vraiment américain, mais que, dans l'intention et le but, il est le même que celui de l’infidèle France, où nous voyons en ce monent, les désastreuses conséquences d’une éducation sans Dieu donnée par l'Etat. Rappelez-leur que les premières écoles établies dans notre cher Massachusetts étaient des écoles de paroisse, et que longtemps d’avance, elles étaient en conformité avec l'esprit du Gouvernement Américain et la Constitution, cette Constitution qui fait de la vérité et de la religion les sûrs garants et les soutients de la paix aussi bien que de la prospérité publique.

Comme citoyens Américains, vous “evriez protester contre le plus daugereux monopole qui existe en ce Pays, le monopole de l'Education par l'Etat, car il s'appuie sur le principe communiste et socialiste qui prétend soustraire à des parents chrétiens leur droit naturel de pro- Curer à leurs enfants Ja meilleure et la plus com. Plète éducation en Icur dunuant la somme d'ins. truction religieuse jugée par eux nécessaire, un Monopole qui permet encore de prélever sur eux des taxes pour des Avantages éducationnels que des parents catholiques ne Peuvent pas en cons. cience accepter, Les Catholiques paient une se. coude taxe estimée à quelque vingt millions de dollars pour former de vrais citoyens dont les Cœurs craignent Lieu et aux mains desquels les destinées de notre PayS pourront être confiées « à toute sureté comme un dépôt sacré. Que doit penser le pauvre émigrant catholique qui aborde nos rivages, et qui estime sa religion par dessus tous les biens que lui offre cette contrée prospère, quand il se voit, à sa grande surprise, forcé de payer des taxes pour des écoles où il ne peut envoyer ses petits eufants, et en même temps daus l'obligation de fournir à la construction ou au maintien d’une autre école à laquelle il puisse en sûreté les confier ? Le Patron comblé de ri. chesses se rend-il compte que le pauvre onvrier catholique prend sur son modique salaire non seulement de quoi Payer l'éducation de son en. faut dans l’école de la Paroisse, mais aussi les

taxes qu’on lui iripose pour l’éducation des en-

fants de son maître pourtant si riche? Ou n'a pas raison de vous répondre, comme on fait quel. quefois, que “vous devez” envoyer vos enfants à l’école publique et “être satisfaits”, Il ne peut y avoir pour vous ni de “vous devez”, ni de ‘soyez satisfaits”, quané votre conscience vous dit que ‘vous ne devez pas” et que “vous ne pou. vez pas non plus être satisfaits.”

Combien de temps encore cette injustice de la double taxe sera.t-elle un fardeau pour les catho. liques d'Amérique ? Jusqu'à ce que nous parve. nious à convaincre nos compatriotes que “c'est un tort chez eux, ou bien de forcer les catholi. ques à accepter un système auquel en cons.

cience ils ne peuvent donner l'appui de leur nom où du nom de leurs enfants, ou bien de les obli. ger à une double taxe scolaire, Nos concitoyens Américains se font remarquer par leu: amour de l'égalité dans les droits et de ce qu’ils appellent le “fair play,” ou le “jeu honnête.” Une fois aver. tis de nos justes réclamations, ils nous æ&ideront, j'en suis sûr, à résoudre paisiblement cette affli. &eante question. En attendant, nous bâtirons nos propres écoles, La population catholique, qui comprend maintenant la moitié des habitants du Massachusetts, s'accroît rapidement, et avant bien des années, les élèves de nos écoles catholi. ques dépasseront en nombre ceux des écoles publi. ques. Une double solution au problème de l'éducation en ce qui regarde notre glorieux Etat, peut être offerte à vos réflexions :

19 Que chaque père de famille dans le Mas-

Sachusetts paie les frais de l'éducation de ses en. fants, comme il paie pour leur nourriture et leurs vêtements. Dans le cas où les Parents sont trop pauvres pour défrayer les dépenses ce cette éducation et où l’église ou bien quelque société de bienfaisance ne peut venir à leur secours, alors, mais alors seulement l'Etat peut intervenir et fournir les facilités éducationnelles à ces déshérités de la fortune qui seraient autrement dans l'abandon. Pour tout le reste, nous devons abhorrer le “Paternalisme d'Etat,” comme le pau périsme d'Etat, parce qu’ils font injure tous deux à nos institutions américaines.

29 La seconde solution, peut-être plus pratique, est suggérée dans les termes suivants par la Fédération Américaine des sociétés catholiques : “Que nos écoles restent, comme elles sont déjà, la propriété de l'Eglise ; que ul argent public ne soit payé pour linstruction religieuse dans aucune école ; que uos enfants soient examiués sur ies matières séculières par un comité muuicipal ou un comité d'Etat, et si nous fournissons l'éducation séculière requise par l'Etat, que l'Etat applique également à nos écoles les taxes prélevées pour l'Education.”

Et maintenant, chers parents chrétiens, lais. sez-moi vous prier, au nom des souffrances et de la mort de Notre divin Sauveur, de n'être pas cruels à l’égard de vos enfants, en les privant d’une des plus grandes bénédictions, celle d’une éuucation parfaitement chrétienne. Mettez de

côté toute considération humaine : soyez sourds à tous les vains hâbleurs et démagogues sans religion, et prenez soin d'écouter plutôt ceux que Dieu a choisis pour vous montrer la voie qui conduit au bonheur temporel et éternel. Il vous est positivement défendu par la sainte Eglise de Dieu, et sous peine de péché, d'envoyer vos enfants à une autre école que l’école catholique quand votre paroisse a le bonheur d’en posséder une. Aucune perspective d’av: ntage matériel ot de gain temporel ne devrait jamais vous faire dévier du sentier que vous trace votre devoir sacré. L'enfant n’a pas qualité pour parler en cette matière. Les parents qui consultent les caprices ou les idées fantaisistes de leurs enfants sur le choix de l’école abdiquent par le fait leurs sublimes fonctions. Ne vous imaginez pas que, en prolongeant lJ'éd ation de vos enfants jusqu'à ce qu’ils prennent leurs degrés avec un diplôme d’Ecole Supérieure (High School), ou de collège, vous favorisez toujours leurs réels intérêts. Une pareille éducation est plus souvent un pur ornement de surface qu’une aide pour la vie pratique, parce que relativement peu d'enfants ont assez de talents pour les hautes études. Elevezles selon vos moyens et votre condition, et ne créez pas dans leurs jeunes cœurs des désirs et des aspirations qui ne pourront jamais se réaliser, mais qui au contraire ne leur causeront plus tard que des déceptions et des mécontentements, Nous avons un nombre plus qu'anormal de gra.

dués d’Ecoles Supérieures, ainsi que de divers

Re Re pps

im LA

produits de Collèges, hommes et femmes. La profession légale et celle de la médecine sont encombrées, et plusieurs ont beaucoup de peine à Sagner simplement une vie honnête dans telle ou telle profession qui leur a exigé nne grande dé. peuse de temps et d'argent pour s’y préparer. Les parents devraient se convaincre que l’ouvrier industrieux ou l'artisan adroit est aussi nécessaire à la société humaine et peut fire un membre aussi respectable de la communauté que l’homme de profession avec tous ses livres et tout son savoir. Le travail des mains dans un métierest même souvent préférable au travail de tête dans une profession élevée. La classe des ouvriers honnêtes et craignant Dieu est l’os'èt le nerf de la nation, et il dépasse en réelle utilité comme én uombre, la classe soi-disant “élevée et cultivée”. Souvenons-ncus que la source de toute paix et de tout contentement sera toujours. la joyeuse soumission à la volonté de Celui qui s'occupe sans cesse de ses enfants de la terre; souvenons-nous aussi que “pas un passereau ne tombe sur terre sans qu’il le sache et yÿ consente” Et c'est pourquoi, “cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît’. “Et dai. gne le Dieu de paix vous sanctifieren toute chose, afin que tout votre esprit, toute votre âme et votre corps soient trouvés irrépréhensibles, lors de l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ * Ainsi soit-il.

1 Matth., X. 29—2, Matth., VI, 88.--8, I Thessal,, V, 28.,

Page 1