‹ Lettre (posthume et inédite)Chapitre 1 sur 3 · DE L’ÉDITEUR · texte numérisé non relu

DE L’ÉDITEUR

L'authenticité de la Lettre que nous publions est trop bien établie pour pouvoir être contestée par qui que ce soit. En effet, on connaît l’époque à laquelle elle a été composée ; deux ans avant sa mort , Cabanis avait entretenu plusieurs de ses amis de l’objet et du résultat de ses méditations sur les questions qu’elle traite. On sait à qui elle a été écrite , et la Lettre signale l’estimable correspondant auquel elle a été adressée , par l’initiale de son nom , et plus encore par un projet honorable, qui malheureusementjn’a pas été réalisé, mais qui était connu de tous ceux qui prennent intérêt aux sciences philosophiques et morales.

Une foule de copies manuscrites de cette Lettre sont répandues dans le public depuis la mort de Cabanis : tous les hommes instruits la connaissent comme lui appartenant. Jamais on n’a dirigé contre elle la moindre réclamation , ni élevé le moindre doute. M. Droz , ami de Cabanis , en parle comme étant incontestablement de l’auteur des Rapports du Physique et du Moral , et en cite deux fragmens assez longs , que l’on reconnaîtra dans le texte entier que nous publions (1).

Quand on n’aurait pas ces preuves de l’authenticité de cette Lettre , les principes, les expressions et le style suffiraient pour la faire rapporter à son véritable auteur ; car sous tous ces rapports, Cabanis avait quelque chose qui lui était propre , et qu’on ne retrouverait dans aucun autre philosophe ou écrivain.

La publication de cetteLettre nous a paru aussi honorable à la mémoire de Cabanis , qu’elle peut être utile aux intérêts des saines doctrines.

(i) Delà Philosophie morale, ou des Différent systèmes sur la science de la vie , noie 5.

vij

11 n’y aurait que de petites raisons , qui 11’oseraient peut-être même se montrer au dehors , qui pourraient s’en plaindre. Elle présente le complément de la doctrine des Rapports , qui n’a pas toujours été considérée sous son véritable jour , et qui , par suite, a fait attribuer à Cabanis des opinions plus positives qu’il n’en a jamais eues. Je puis la considérer, pour mon propre compte , comme le complément de mes études en ce genre, et elle peut éclairer singulièrement les questions importantes que j’ai examinées après Cabanis et traitées dans un sens différent.

Je crois devoir à l’illustre auteur, que j’ai eu lieu de combattre si souvent , de faire connaître sa pensée dans toute son étendue. Il peut sans doute y gagner beaucoup lui-même, et la vérité encore plus. J’ai jugé convenable de soumettre les questions fondamentales que traite Cabanis à un nouvel examen , et dans les principes de philosophie que j’ai présentés dans ma Doctrine des Rapports du Physique et du Moral. Le meilleur moyen pour faire entendre

ses idées, est de les comparer, dans les moindres détails , avec les idées opposées.

Dans cet ouvrage, comme dans le premier, je crois avoir gardé constamment le ton de réserve et le respect des convenances que commandent également la dignité des matières que je traite et les talens des hommes que je combats. Je ne pense pas avoir le droit de m’écarter de cette règle , lors même qu’on ne l’aurait pas toujours suivie à mon égard.

LETTRE AMF

Page 1