‹ Lettre sur la contagion de la fièvre jauneChapitre 2 sur 2 · II · texte numérisé non relu

II

PREMIER DEGRÉ , et que je me fis une légère piqûre dans l'aine , etc. Et, p. 89, ilajoute : « Cette expérience incomplète et sur laquelle je me suis vu obligé de donner quelques détails à cause du bruit qu'elle a fait, prouve peu de chose pour l'art. Elle n'infirme point la contagion démontrée par raille exemples, etc.» Sans doute, mon cher confrère, vous n'avez pas lu ce dernier passage qui est fort interprétatif du premier; et j'en suis d'autant plus persuadé que,, judicieux et sage comme vous l'êtes , vous n'auriez pas mis sur le compte d'un grand médecin et du plus habile observateur de la peste , un fait et des opinions qu'il désavoue hautement. Les pages de son livre sont pleines de preuves en faveur de la contagion de la peste. Ici, p. 28, ce sont les effets des pestiférés qu'il fait hrvdev , ponr assurer la destruction de la matière contagieuse; là, p. 28, il reproche à quelques hommes qui trafiquaient des effets des morts, d'aller propageant partout la contagion 5 ailleurs , p. 35, il reconnaît que la contagion ne peut être révoquée en doute parmi les employés des hôpitaux et les officiers de santé, lorsque les malades qu'ils assistaient parvenaient à ce degré où lamaladie se complique de malignité ; plus loin , p. 88 , ce sont deà convalescens qu'il a chargés du soin de quelques malades gi'aves , et je ne dois pas dissimuler , dit-il, que plusieurs reprirent la maladie. Enfin , pour abréger les cilatious, je vous renverrai à la page 49 où vous counaîlrez quelles étaient les craintes de cet habile médecin pour les jours du général en chef placé au milieu des pestiférés auxquels il tendait une main jeeourable. Ce trait appartient à l'histoire bien mieux

qu'une prétendue inoculation , et déjà le pinceau de Gros a fidèlement exprimé la sagesse inquiète de l'un , et la Troide lérhérité de l'autre dans ce danger imminent.

Ainsi, mon très-honoré confrère, cessez de nous raconter, d'après cent échos infidèles , que M. D. s'est inoculé la peste et qu'il n'a pas eu la peste (i).

, (i) Sans doute, c'est encore d'qprè» la voix publique , que M. Nacquakt a dit , art. contagion , du Dict. des sciences médicales , « que M. Df.sgenettes semble n^avoir pas cru à » ,la nature contagieuse de la pesle , puisqu'il s'est inoculé » le pus provenant d'un bubon,» S'il eût consulté l'ouvrage de ce dernier, il aurait raisonné autrement, et l'esprit qui règne dans tout cet article , en eût reçu probablementune teinte plus favorable à la contagion. Mais M. N.\c- QtTART et M. Sedillot ne «ont pas les seuls de nos eontemporaîns qui donnent lieu à cette remarque. M. le professeur FoDÉKÉ n'a pas craint de dire, art. pkstilest. (fièvre) , du Dict. des se. méd. , que Lancisi a failjuslice des idées sur la contagion des fièvres intermittentes. Je crois lui avoir prouvé , par la lettre que je lui adressai à cette occa.sion , dans le Journal général de médecine (mai i82o),<iu'iI n'avait point lu les ouvrages du médecin romain , et je dois penser, d'après spn silence, qu'il m'accorde entièrement raison. Cependant il ne suffit poiul , à l'intérêt de la science , que l'on passe condamnatioù sur cfe telles impuWtions. Il serait plus sage de ne citer que les auteurs qu'on a lus. Que les hommes qui ne veulent qu'une réputation éphémère , que quelques uns d'entre cpux dont le libraire Panckoucke paie les productions à tant la page , aient fourni, do» articles où les oilatione sont entassées j où depuis. Is«

lae sujet sur lequel il prit la matière bubonique était convalescent delà maladie au premier degré. Or, prenez V histoire médicale de l'armée d' Orient, p. 78 et 87 , et vous y lirez que ce degré de la maladie y est considéré comme l'état le plus simple et le plus exemptde conlagibn. D'autre part, l'ouvrage du doct. PuGNET vous apprendra que le pus des bubons atoniques que l'on trouvait sur les hommes convalescens ne communiquait point la maladie : autre condition, qui, jointe à la précédente , montre qu'on peut apprécier à zéro le pouvoir pestilentiel chez le sujet qui servit à l'expédient par lequel le médecin en chef voulut: calmer les imaginatioTM et: relever le courage ébranlé de V armée. Tel fut le but de cettft opération qui prouve une grande sagacité et une j«st« appréciation des différens degrés de la maladie. Mais, M. Desgenettes qui ne doutait point qu'elle ne lût contagieuse j ne forma jamais le dessein de l'expérimenter sur lui-même. Ce dévouement , quelque

et OsiRis jusqu'à nos joufs ,; riea ne semlile avoir échappé, à leur investigation, je n'en- suis point, élonné. De tels liommes ue visent qu'à l'effet ou à leur iuttiêl, et la science est la chose dont ils s'occupent le moins. 11 en est autrement de ceux qui comparent les opinions anciennes avec les nouvelles, qui interrogent la nature, qui recueillent des observations , qui écrivcut d'après l'expérience, et qui ne s'entourent de livres- qa-e ponr confirmer on pour cri»tiqtier ce ^ia ét6 dit avant r iix-, Màis^ lës travail» de ces derniers ; mais les articles qu'ils donnent dans le Dictionnaire , onV rien d'auipotilé; ils sont courts et subslantiels , çt toujours chéri» des lecteurs.

grand qu'on puisse le considérer , eût exposé l'armée à une perte plus grande encore; car je ne sais si depuis la peste qui ravagea l'armée d'Artaxercès , il s'est présenté une occasion pareille à celle-ci, oti l'on ait pu rappeler avec plus de vérité ces paroles du grand roi à l'égard d'HiPPOCBATE 5 viros enim in-' venire qui consilio prccstent non est facile.

Voilà ce que j'appelle citer à faux. Si telle est l'authenticité des faits que vous avez à ra'opposer encore , je n'aurai pas de peine à les repousser. Ceux que j'ai fournis à l'appui de la contagion de la peste et de la fièvre jaune, ont un autre caractère de vérité ^ et puisque vous ne les avez ni analysés ni discutés , ils restent dans toute leur force, parce qu'ayant été bien observés et bien jugés , ils résistent sans peine au démenti que vous leur donnez fort gratuitement.

Mais, à mou tour, je vous opposerai M. Desge- KETTES, et je vous dirai qu'il divise la peste en trois degrés. Dans le premier il classe les hommes chez lesquels elle est simple ou peu intense et nullement contagieuse. Ceci est prouvé par ce qu'il dit, p. 87, qu'il les confondait avec les convalescens , et qu'il se contentait de leur indiquer leur régime et leurs pansemens. Ma is,quant à ceux du deuxième et du troir sième, il les mettait à part, et s'ils venaient à mourir, il faisait brûler tous leurs effets. Quelle consé-! quence peut-on tirer de ce qui précède , si ce n'est que la peste, l'une des quatre variétés de la maladie tétragéogénique , ne se communique point lorsqu'elle est simple ou bénigne, et qu'elle n'est contagieuse qu'autant qu'elle est parvenue à un très-haut degré d'intensité. C'est ainsi qu'il faut raisonner sur

la fièvre Jaune , sur le typhus et sur les intermittentes pernicieuses.

Voilà encore ce que vous auriez pu lire dans mes recherches sûr la contagion , etc., ainsi que dans mes considérations ^ etc. ; et voilà aussi ce que vous auriez dû en exfraire dans un but d'utilité, plutôt que des passages pris cà et là , que vous avez interprétés à votre convenance, et qui, reportés en leur lieu, se lient très-bien avec la théorie que j'ai publiée sur la coutagiou des fièvres en général,et sur ceiledes quatre Êèvres en particulier (i). Si vous ne pouvez acquérir la preuve de ces contagions à l'égal de celle de certains virus , n'en accusez que l'imperfection des sens ; mais en vous fondant sur leur erreur, n'allez pas, d'un ton d'assurance , propager d'autres erreurs trop fatales au genre humain. A défaut d'interprétations , les faits parleront pour la cause que je défends.

Aussi les hommes qui sont éloignés de tout système exclusif, ont* ils reconnu que le même esprit philosophique règne dans mes écrits de 1818 et dans ceux de 1820. Je défends des principes, tandis que vous

(1) Ce qne )'ai écrit sur la contagion des fièvres intermittentes a pu paraître extraordinaire à quelques médecins qui ne se sont attachés qu''au titre de l'ouvrage. Mais ceux qui ont suivi mes raisonnemens, qui ont approfondit l'analogie de ce» fièvres avec le typhus , la peste et la fièvr jaune, et qui ont vu que j'en ai fait plusieurs degrés, n sont pas éloignés de croire que celles qui sont très-ititense yeuvenl se répandre par contagion. D'ailleurs je n'ai fait que développer et prouver par de nouveaux faits, ce qu Lancisi et Cleguorn eu avaient dit avant moi.

(le)

combattez pour les inots virus ^miasmes, contagion ^ et infection , qui , de voire aveu , ne présentent pas: toujours dans la langue des Historiens de la médecine un sens précis. Vous était-il réservé de dissiper les lénèbres qui régnent sur tous ces points ? Cependant il u'y a pas plus de précision dans vos idées sur les mots peste, fièvre jaune, typhus et fièvre intermittente pernicieuse. Il est avéré que toutes ces maladies s'enchaînent et se confondent par leurs causes , leurs sjraptômes , leurs attributs et leurs résultats ; que toutes étant portées à un irès-haut degré d'inietisité peuvent devenir contagieuses ; mais qu'elles sont exemptes de ce caractère, lorsqu'elles n'ont qu'une intensité moyenne ou légère. Sur ce point,ma profession de foi est faite depuis long-temps; voilà pourquoi j'ai écrit qu'aucune d'elles n'est contagieuse essentiellement, et que toutes peuvent l'être accidentellement.

Élayé de ces principes, je vous accorderai sans peine que ces maladies peuvent se montrer spontanément; car nous reconnaissons l'un et l'autre que les miasmes activés par la chaleur les suscitent également. Mais je soutiens qu'elles peuvent se répandre erisuite par contagion ,, et voujs par infection.

Selon vous , ce dernier mode est le seul par lequel les causes morbifiques donnent naissanceàces fièvres et particulièrement à la fièvre jaune : ainsi, selon vous encore , l'individu qui souffre de cette dernière maladie, après avoir été frappé par les miasmes qui s'élèvent des marais, et celui qui l'a contractée en respirant dans le voisinage d'un liomme qui en serait gravement malade, l'ont reçue par infection. Mais

ne faites-vous aucune différence entre les miasmes qui sont produits immédiatement par la décomposition naturelle des substances végétales et animales, €t ceux qui sortent du corps de l'homnie qui a la fièvre jaune ? N'accordez^vous aucun caractère spécifique à ces derniers ? Je ne doute pas, et je, le dirai dans l'intérêt de votre cause , que s'ils étaient portés dans l'atmosphère, à une certaine distance du foyer ou du corps qui les a' produits, ils' ne perdissent leur earactère spécifique; et que seuls ou combinés avec d'autres miasmes, ils'ue concourussent 'à vicier l'air» à l'infecter et à produire une : véritable infection. Mais supposez que dans 'One maladie ainsi acquise et portée au maximum à^in\.ens'i\.é , ixn méàec'm , dé3 parens ou des amis se placent dans une atmosphère limitée en coaimun avec le malade, qu'ils respirent ses exhalaisons ou les vapeurs qui sortent de son lit 5 ne croyez-vous pas que dans cette espèce on puisse retrouver la contagion dans laquelle , dit M. Nac- ÇUART , une sorte de pollen contagieux peut voltiger à tjuelq nés ponces dii inalade ? (Art. contaeiON du Diccion. des se. màd.)

Puisque vous croyez qu'un homm^e sain, placé dan» l'appartement d'un fébricitantide fièvre jaune, peut y contracter la maladie par infeclion>vous ne refuser^ijt pas sans doute de croire qu'il puisse la corïlracti&t plus facilement encore en se mettant en contact avec lemalade, en se plaçant dans son lit, ou en se servant •fle ses vêtemens. Non; vous avez tellement horreur de la contagion, que vous nierez la possibilité de -elte transmission, précisément parce qu'elle eerû l'effet du contact; ou bien voua direî^ encore qu'elle

à eu heu par infection. Dites donc aussi que si l'on couche avec un galeux , on aura la gale par infection, et qu'il en sera de même de la petite vérole qui aura été contractée dans une circonstance pareille; Mais pour expliquer cela à votre manière , vous vous perdrez dans une métaphysique inintelligible. Moi, par un raisonnement tout siuiple , je vous dirai qu'un malade qui vicie l'air qui l'entoure, et qui devient un centre d'infection dans lequel on contracte la fièvre jaune, peut, à plus forte raison, transmettre sa maladie, si l'on se met eu contact avec lui^ à moins que vous pe veuilliez établir que l'action des effluves morbifiques est en raison directede l'espace qu'il? parcourent dans l'atmosphère, ce qui serait absurde. Mais la dernière partie de ma proposition indique un contact qui produit une contagion et non point une infection.

Cette manière de raisonner, extrêmemeuf simple, je dirai même peu nouvelle , repousse les sophismes et les subiilités dont on est si prodigue aujourd'hui. Elle n'a pas l'empreinte de celte témérité avec laquelle quelques-uns de nos contemporains ont abordé des questions dont l'ancienne Société royale de médecine avait si bien mesuré l'étendue et connu la difficulté , qu'elle en fit. le sujet de ses prix; questions que d'autres académies ont remises au concours sans en obtenir la solution , et que dans ces derniers temps on n'a pas craint de traiter à fond. Cependant, tout en nous imposant une nouvelle croyance sur la contagion, l'infection et les miasmes , on a consigné ■des doutes , des incertitudes et des obscurités sans nombre , et l'on n'eu a pas moins tiré des conséquences que l'on nous présente comme de nouvelles

labiés de la loi. Mais la main qui traça celle-ci est périssable ; l'œuvre aura-t-elle une destinée plus heureuse ?

Je ne vous suivrai point, mon cher confrère, dans votre digression sur les virus, ni sur leurs caractères essentiels. Autant que nos connaissances le permettent, nous pouvons affirmer qu'ils ont eu une origine spontanée. J'ai dit là-dessus des choses qu'il serait trop long de rapporter ici. Les uns tombent sous nos sens , et les autres s'y dérobent ; mais ce n'est pas une raison de nier leur existence. Les uns sont fixes et inodores , les autres s'élancent de leurs foyers, et annoncent leur présence dans l'atmosphère eu affectant l'odorat, ce qui m'a porté à distinguer les contagions en fixes et en volatiles. Les virus spécifiques servent aux premières, et quelques uns aux secondes; mais celles-ci admettent plus particulièrement les maladies miasmatiques , expression qui n'a été introduite en médecine ni par M. Nacquart ^ I ili par M. Devèze ; car le grand Sauvages a réuni

sous le nom de morbi miasmatici (classe vi de sa Nosologie) toutes les fièvres pestilentielles, épidémiques , contagieuses, etc. J'aime à voir le zèle que vous avez pour vos amis , mais il ne doit pas aller jusqu'à les parer de la d éf roque des morts. Je pourrais vous en dire autant lorsque vous faites honneur à M. D. d'avoir établi le premier la belle distinction entre les maladies qui se reproduisent par la contagion^ et celles qui naissent de l'infection. Cette même distinction a été faite et publiée, en 1743, par QuESNAY , dans les M'^noires de l'Académie royale de chir. tome i , et je ne garantis pas qu'il en

f oit l'inventeur. Donnez donc à chacun ce qui lui appartient , et rappelez-vous ensuite cette sentence d'Horace :

Mulla renascenfiir quaî jam cecidere 5 cadenlque QusB nunc sunl in honore

Aussi bien que vous je désire que l'on perfectionne le langage de la médecine; mais pour y parvenir il ne faut pas le rendre inintelligible. C'est ce qu'on a reproché à M. Devèze , à Fégard de ce qu'il dit de l'infection ; c'est ce que je lui ai reproché moi-même, et dont vous ne l'avez pas disculpé, malgré le soin que vous avez pris d'éclaircir un passage de son livre que j'avais rapporté.

Mais je reviens à la question, et je dis qu'on devrait surnommer miasmatiques les maladies qui produisent les miasmes morbifiques à l'aide desquels elles se propagent. Mais ces miasmes ne sont plus simples cçmme ceux des marais qui ont servi à la génération de la maladie primitive. Là dessus je partage pleinement l'opinion du savant Halle. Etant le résultat d'un travail pathologique , ils doivent .avoir des qualités et des propriétés spéciales. Ils put .quelque chose d'analogue avec les venins qui sont d'autant plus actifs que les insectes dans lesquels ils se forment vivent dans une atmosphère plus chaude et plus chargée d'émanations putrides , et qui ne sont de nature différente qu'à cause de la différence naturelle des individus qui les ont produits. C'est ainsi que les épizoolies sont différentes entre elles en raison des différentes espèces d'animaux domestiques 5 et c'est sous ce point de vue seulement qu'on

doit les distinguer des maladies de ce genre qui attaquent l'homme; car il y a un ordre de cause? communes à toutes ces affections.

Ainsi je vous accorde que la fièvre jaune, qui survient spontanément, est du domaine de l'infection, parce qu'elle reconnaît pour cause un air infecté par les miasmes qui sont produits par la décomposition putride des végétaux et des animaux : mais je vous prie de reconnaître que les miasmes ou molécules miasmatiques qui s'élèvent du corps de l'homme qui souffre de cette maladie , ont quelque chose de spécifique; qu'ils sont analogues aux virus; que portés sur un homme sain, ils lui transmettent une maladie delà nature de celle qui les a produits ; que ce transport médiat ou immédiat se fait par le contact dés molécules miasmatiques, et que ce mode de transmission est une véritable contagion.

Cette conclusion, à laquelle je suis conduit par le raisonnement , et qui , entre autres défenseurs , comptera tous ceux qui ont vu le plus d'épidémies , tels que les médecins militaires, à la tête desquels se trouve M. le baron Dêsgenettes, est étayée de tant de faits , qu'il me semblerait oiseux et surabondant de traiter encore le sujet qui nous occupe , si vous ne m'y aviez provoqué.

Je regrette beaucoup que la nature de cet écrit ne m'ait pas permis de donner aux questions qui se sont présentées, tout le développement dont elles sont susceptibles. Mais si vous écrivez de nouveau, faites ensorte qu'on ne puisse pas dire de Vin/ecnon, selon votre manière de voir, qu'elle ressemble beaucoup ;i la contagion.

Je désire vivement qu'il soit fait des expériences publiques , pour lever les doutes qui régnent sur toutes ces questions : et si ma pratique dans les hôpitaux militaires , et les faits nombreux que je possède sur la contagion du typhus des armées , peuvent être de quelque utilité , je les mettrai volontiers à la dispositition du Gouvernement. Il n'est pas de sacrifice que je ne sois prêt à faire pour me montrer aussi zélé que vous, et non moins ami de la vérité.

AUDOUARD.

P. iS". .Te n'ai pas cru devoir joindre à ma réponse des attestations de toutes mains qui seraient aussi concluantes en faveur de la contagion de la fièvre jaune, que la lettre de M. Hide-de-Neuville l'est à l'égard de votre opinion. Je ne récuse pas ce suffrage, ni la source d'où il vient. Seulement j'ai pu croire que vous n'avez pas trouvé dans les écrits des hommes de l'art, des attestations aussi imposantes que celle de M. l'ambassadeur qui eut jadis le projet de se faire médecin. En temps de disette tout est bon ; aussi je reconnais, dans l'usage que vous avez fait de celle-ci, le besoin de justifier votre opinion, plutôt que la faiblesse de satisfaire une vanité que l'on blâme même chez les faux raédecius (i).

(i) Cette lettré a été insérée dans le Journal général de médecine y décembre i8ao.

Page 1