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Lettre sur la culture améliorée [microforme]

Vous me demaudez ..:e porsista:ce, de vouloir bien adresser à votre journal, quelques écrits pouvant intéresser la population rurale de ce district Je ne sais si vraiment, je pourrai interesser vos lectaurs ; maïs néanmoins. je me rends bien volontiers à votre gracieuse et confiante invitation, vû qu’un journal de Montréal m'eu donn justement l'occasion.

Etant l'un des abonnés de ce journal aussi patriotique que bien rédigé, j'ai ln avec beancoun d'intérêt les remarquables articles que, tout dernièrement, il a publiés sur l’établissement des fermesécoles ou plutôt sur les moyens d'améliorer le système vicieux de culture, dont les routiniers ou la plupart de nos malheureux compatriotes ne peuvent se débariasser. A la fin de cette correspondance je discuterai et apprécierai, aussi brièvement que possible, les écrits du journal en question sur la creation de ces fermes écoles.

L'agriculture, je dois vous le dire, M. le Rédacteur, est la seule profession à laquelle je me suis livré avec goût et avec succès, j'ai le droit légitime de le proclamer. Malheureusement pour moi, des circonstances incontrôlables m'ont forcé durant l’'antomne de l’année 1865, d’abandouner avec beaucoup de regret, cette belle et noble carrière que j'appréciais plus que toute autre. Cependant, je dois ajouter que de cœur, je suis resté agriculteur, et quand uu écrivain sérieux et bien renseigné parle de matières ou de questions qui ont trait à l'amélioration

ou an développement de l’egriculture, j'éprouve un sentiment de p'aisir et d’orgueil qui me fait lire ses écrits avec le plus vif intérêt

Voilà donc pourquoi je me rends à votre sollicitation, avec le désir de vous apporter la faible part d'expérience que j'ai acquise en agriculture et en agronomie, espérant que les conseils que j'ai si souvent donnés et répétés, tant par la voie des jouruaux qu'autrement, seront cette fois, bien compris et bien appréciés, taut par mes amis les agriculteurs que par les autori: tés gou ruementales.

Avant 1865, j'ai écrit plusieurs correspondances sur l’agriculture, et spécialement en juillet 1864, dans le journal le Nord publié alors à Ste-Scholastique, où j’insérais une longue causerie agricole, dans laquelle je m’évertuais à donner des avis, puis à combattre ceux qui faisaient de ja culture routinière ou peu raisonnée, et dont je veux vous parler quelque peu, a’autant plus que mon ancien écrit est rempli d’à propos et d’actualité.

Afin de ne pas être trop long, vu que cette causerie occupait ui large espace de cinq nuinéros du journal de 1864, je l’analyserai donc ct je n’en citerai que la substance ou le résumé des parles les plus sallantes.

Je disais alors, que je désirais être l’interprête et l’écho des agriculteurs qui voulaient: 1®© l’économie des deniers votés par le gouvernement, pour promouvoir l’agriculture avec un mode d'appropriation raisonné et satisfaisant ; 2© le succès permanent et répété de nos exhibitions annuelles ; 3© enfin, l'amélioration du sol et de nos diverses races d'animaux.

2 condamnais à, cette époque, la mauvaise o:ganisation de quelques unes de nos sociétés d’agniculture, et l'emploi ineffcace que l’on faisait de l'allocation offerte annuellement par le gouvernement, pour promouvoir nonseulement les intérêts de quelques individus, mais le progrès de l’agriculture en général. Je disais que le noble but du gouvernement, en dotant nos sociétés d'agriculture d’une somme considérable avait été généralement mal compris, et que la preuve évidente de ce fait regrettable, était malheureusement établie et mise trop souvent devant nos yeux, chaque année, dans la distribution des prix accordés aux exposants ; que les concurrents heureux trouvaient trop souvent dans la personne de: juges. soit des amis dévoués, soit des hommes assez peu clair-”oyants, poyr ne

pouvoir distinguer ceux qui étaient digres de récompense, de ceux qui ne l’étaient pas. En un mot, l’allocation du gonvernement jointe aux souscriptions des sociétés représentaient, pour uu certain nombre d'individus, un gâteau auquel chacun voulait mordre. mais qui, le plus souvent, était escamoté par les plus avides et les plus rusés,.

Je ne voulais certainement pas combattre, à cette date, le principe émis et raisonné de recompenser par des prix, nos cnltivateurs les plus méritantset les plus distingués, car ils de vaient être couronnés publiquement et d’une manière toul-àfait spéciale ; m.us je mainte;ais que le mode adopté par q:®lques sociétés dans l’emrnloi des deniers du gouvernement, était défectueux, et ne rendaii aucun servire à l’avancement de l’agriculture, et voici pourquoi : c’est qu’au lieu de destiner un tiers ou la moitié des argents de la société à l’achat de graines fouragères, d'instruments d'agriculture perfectionnés et d’animaux reproducteurs, on distribuait invariablement ces sommes en espèces, quelquefois à un petit nombre de personnes qu’on enrichissait, mais qui u'éiaiuut nullement disposées à faire le plus léger déboursé en faveur de l’agriculture, et cela au grand détriment du bien général.

De plus, je soutenais fermement qu’il n’était pas juste que des sommes votées pour l’eucouragement de l’agriculture fussent

employées à d’autres fins que celies auxquelles elles étaient destinées.

La logique et la saine raison s’opposaient complètement à ce que ces argents fussent employés à payer des dettes contractées chez le marchand, ou à en faire un usage qui ne fut pas en rapport dire-t avec l’avancement de l’agriculture. TL’intention du gouvernement. si je la comprenais bien, était de placer en la garde du concurrent heureux, un certain montant qu’il devait faire fructifier. Le dépôt mis entre ses mains devait être employé à corriger un système de c'lture peu avancé ou rétrograde, et dans tous les cas toujours susceptible de modificauons avantageuses et progressives. Le but du gouvernement état de mettre devaut les yeux des cultivateurs arriérés et indolents, des exemples et des modèles frappants pouvant servir à réveiller chez eux, leur assoupissement et leur manque d'esprit d'initiative dans les innovations, de manière à favoriser incessamment le-progrès Ce l’agriculture.

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Je disais en même temps, que li chmbre d'agriculture, pour se créer de nouveaux droits à la reconnaissance du public, devait :

10 Douner, pour remédier à ces malhaureux abus dont on avait de fréquents exemples, l'asivcation du gouvernement avec la condition express? qne Île tiers ou la moitié de la somme fournie pour rencontrer la souscription d'une société, serait employé à l'achat de graines fouragères, d'instruments d'agriculture, etc., etc, qui ensuite seraient distribués comme prix sur le terrain de l’exhibition aux plus méritants ;

2 Se prévaloir de sa prérogative, pou: forcer chaque société à faire l'achat d'animaux :eproducteurs lorsqu'elle ven posséderait point, afin d'offrir comme prime l’nsage ou le service de ces animaux à ceux qui n’en avaient pas ou qui négligeraient l’amélioration de leur bétail ;

30 Obliger les sociétés à fare’ con‘erlir en médailles, une valeur équivalente aux sommes généralement données à ceux qui obtiennent les prix les plus élevés, comme pour les fermes les mieux tenues, etc., etc., etc. ; témoignage et récoinpense bien plus honorables qui ssraient accordés aux lauréats et qui ne s’oublieraient point ;

40 Ordonner au secré'aire trésorier de chaque société, de faire à la chambre d'agriculture un rapport annuel et circons tancié du progrès opéré dans son comté respectif, et de sou mettre en même temps un rapport détaillé des recettes et dépenses de la société, qui serait ensuite publié dans le journal officiel de la chambre et dans un ou plusieurs journaux dont la circulation serait le plus étendue ;

5° Changer le système de nos expositions de comté qui était inefficace, par des expositions de deux ou trois comtés voisins, afin de soulever un sentiment d’émulation et de distinction entre ces différents comtés; cür en essayant de prouver leur supériorité, les exposants seraient obligés de corriger leur sys tème de culture et s’efforceraient d'améliorer leurs races bovine .. ovine et chevaline, pour s’acquèrir de la renommée tant comme cultivateurs que comme éleveurs ;

60 Offrir des primes d'honneur aux agriculteurs qui se dis tingueraient, soit comme éleveurs de réputation ou comme cultivateurs progressifs, parce qu'il était alors prouvé que ces

marques de distinction teiles ;17 7 les conférait en France avaient coutribué puissamiaent an yrogrès de l'agriculture. Napoléon III comprenait si bien L'irsportance de ce moyen,qu'il decorait plusieurs agriculteurs de :4 croix d'officiers et de chevaliers de la légion d'honneur. Voilà comme..t un Empereur reh&ussait dans l'opinion pub iqie, les services émin nts que ces hommes de mérite rendaïont À? la France. Oni, c’est ainsi qu’il récompensait le vétéran des champs, parce que ce dernier contribuait non seulement à l& prospérité d# son pays, mais à sa grandeur nalionale. De mêr;:l1 France ne reculait pas non plus devant les sacrifices, lorsqu'il était qnestion de récom. penser la science et la valeur ; car je voyais dans le Journal d'Agriculture pratique, publié à Pis que j'avais le plaisir de recevoir alors, que la prime d'honneur décernée dans le concours régional de lulle, pour l’année 1862, comprenait une coupe de la valeur de 3,000 francs et une somme de 5,000 frs pour l'exploitation du Lauréat comparée aux autres domaines du département, ayant été reconnue la mieux dirigée. Voilà encore un brillant succès couronné dignement, et qui devait exciter constamment la noble ambition de se distinguer tout en servant bien son pays.

Je voyais aussi dans le mème journal que,dans la distribution des décorations et récompenses, on accordait aux serviteurs ruraux ayant les plus longs e! les meilleurs états de services chez les mêmes maîtres, des médailles d’argent et de bronze, avec des sommes variant de 75 à 200 francs, et aux agents d'exploitation, des primes d’une valeur de 250 à 300 francs- Ces témoignages de reconnaissance, dus à la fidèlité et aux services des employés, serait bien le seul moyen de se procurer de bons serviteurs et d'augmenter la main d'œuvre, si restreinte et si chère en Canada. On offrait en même temps des médailles d’or, grands modèles, ainsi que des récompenses en argent pour les travaux exceptionnels ;

Des primes de 800 francs et des médailies en or, pour la bonne conduite des fermes ;

Des primes pour encourager l'emploi des amendements calcaires ;

Des primes et médailles d'honneur, pour les constructions rurales ;

Des primes pour les diainages, les irrigations, ete. On ne

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