APPLICATION ET EFFETS DE LA CHAUX SUR LES VÉGÉTAUX
La chaux agit avec avantage sur la culture des navets, &kc., &c.
On en répand en poudre sur les pois, lorsqu'ils ont trois ou quatre pouces de hauteur, ce qui les garantit des insectes.
On fait usage de la chaux sur les prairies naturelles, pour détruire la mousse, les joncs et autres plantes qui nuisent ; 1 uerbe devient plus abondante et elle est plus verte que celle où l'on n’en a pas mis.
On doiten répanûre de la même manière sur les prairies artificielles, dont elle augmenie beaucoup les produits.
Mais on doit attendre qu’elle se soit éteinte à l'air, afin qu’elle perde de sa causticité, quand on veut la répandre sur des prairies ou sur des plantes délicates
J'aurais désiré entrer dans d’autres détails, tendant à faire voir les nombreuses expériences qui ont été couronnées des plus grands succès avec l'emploi de la chaux ; mais j'ai déjà été trop long, et je termine cet exposé que j'ai accompagné de quelques citations de nos premiers agronomes, avec la persuasion ferme q°, si les agriculteurs de ce comté, qui se sont abstenus jusqu’à ce jour d’expérimenter les effets merveilleux de la chaux, ont le bon vouloir d'essayer son pouvoir et son influence, ils s'en trouveront bien et ne pourront faire autrement que de proclamer hautement son action bienfaisante. Et il n’y a rien comme les essais ct la force des preuves, pour convaincre les incrédules.
N'oublions pas cependaut le proverbe qui dit, que : la “ chaux sans l'intervention des fumiers enrichit le père et ruine les enfants.”
Avec cés deux éléments réunis, soyons certain que nous rendrons à nos terres leur fertilité primitive.
Voilà un court résumé de que j'écrivais, en avril 1865, et je tenais à le reproduire dans l'espérance que les conseils que j'ai donnés et répétés, il y a quinze ans et plus, pourront, cette fois, être plus utiles à mes compatriotes.
J'aurais bien voulu parler des expériences faites par John Johnston, de l'Etat de New-York, cet agronome aussi pratique que savant, qui à vérifié et plus: que tout autre, les effets prodigieux de la chaux; car il en a fait usage durant quarante ans et plus, et jusqu’à cent minots quelquefois par arpent.
J'aurais bien désiré aussi, vous parler de la jachère c.-à-d. des terres labourées durant l’été, qu’on laisse reposer ; puis des labours profonds, comme de la culture de la betterave à sucre, mais je dirai: halte là, il en est plus que temps !
Enfin, croyez-vous, M. le Rédacteur, que j'ai répondu assez longuement à votre invitation ? Oui, et que trop n'est-ce pas ?..… Mais que voulez-vous, le champ est si vaste et l’agriculture est tellement importante pour celui qui l’aime et la respecte, que je vai pu mettre un frein à l'étendue, au développement de ma pensée, et ce n’est que difficilement que j'ai pu ralentir ma course ou plutôt ma pauvre plume. Semblable à un vieux coursier qui entre dans le champ de ses anciens exploits et de l'honneur, je me suis laissé emporter !....Conséquemment, ne me faites plus descendre dans l'arène, et pour vos lecteurs comme pour moi, vous ferez bien !!..
UN AMI DES CULTIVATEURS. zx ——
St-Eustache, 1881
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