DOSE ORDONNÉE
La chaux doit être employée en moindre proportion, à mesure que le sol devient plus léger ou plus sec, et il vaut mieux l’appliquer sous forme de compost.
D'après M. Ossaye, on doit employer en Canada trois barriques de chaux par arpents pour les terres argileuses, et pour les terres franches deux barriques seulement.
Quant à moi, je fais annuellement un usage assez considérable de chaux sur mes terres, et la quantité que j'applique est géné. ralement de vingt-cinq minots par arpent. Pour faciliter l'étendage de la chaux,je fais diviser un |arpent de terre en cent carreaux de dimensions égales, en traçant avec la charrue dix sillons sur un sens du terrain et dix sillons sur l’autre sens. Sur chaque carreau, je fais déposer un quart de minot de chaux.
‘Ce procédé s'explique de lui-même, se comprend à l'instant, et ce mode d'application est si facile qu'il devra m'épargner des explications qui deviendraient fastidicuses.
Lorsqu'on dépose la chaux par petits tas espacés, comme je viens de l'expliquer plus haut, on la recouvre de terre, et après un certain temps, si elle est assez délitée ou éteinte, on la 1eprad sur le sol ; mais avant de la répandre, on doit avoir eu la pré. caution durant le travail de cette chaux vive, de remplir les crevasses à mesure qu'il s’en forme, car le contact de l'air ferait perdre à cette chaux beaucoup de sa force.
Un autre moyen que j'ai adopté, l’antomne dernier, et qu: c:t, je crois, le plus prudent et le plus efficace, est de mélanger la chaux, soit avec des levées de fossés, ou autres matières, en disposant la meule ou le tas par lits alternatifs. N'ayant pas de levées de fossés, j'ai fait charroyer plusieurs centaines de tomberées de vase de rivière et de tuurbe, qui se sont formées depuis des siècles sur l’une de mes terres, et j'ai fait convertir le tout en compost. Je me propose, ces jours-ci, de recouper ce mé lange et de réitérer cette façon ou travail jusqu’à ce que je sois certain que le mélange représente une masse homogène. Ensuite j'y ai introduit du fumier en quantité suffisante, pour en former une matière active, fertilisante et peu dispendieuse, que je répandrai en juillet prochain sur un champ qui aura été ensemencé avec du blé-sarrasin et qui sera labonré de nouveau pour être ensemencé pour la seconde fois avec le même grain. A l’automne, cette nouvelle levée sera enfouie en vert et fournira au sol des matières organiques, qui se feront sentir très favorablement sur les récolte: qui suivront cette application.
Dans un écrit du mois de juillet dernier, j'indique aussi le mode à être adopté pour les guérêts d'été avec l’enfouissement en vert des végétaux qui enrichissent le sol, et j'y réfère le lecteur, qui y trouvera peut-être des données qui pourront lui servir, s’il croit devoir adopter cet excellent système et l’usage des chaulages.
MOYEN. FACILE DE RECONNAITRE LA PRÉSENCE DE L'ÉLÉMENT CALCAIRE DANS LE SOL.
Prenez un verre, emplissez-le à moitié de bon vinaigre,et dans ce verre jetez de votre terre,.environ gros comme un œuf. Si vous apercevez une ébullition et des globules se former à la surface, vous pouvez conclure qu’il y a de la chaux dans le sol,
mais s’il n’y a pas d'ébullition, le chaulage alors devient utile. Ou bien, jetez sur plusieurs endroits du champ, après le labour, quelques gouttes de fort vinaigre ou d’eau forte; si le sol contient de la chaux, mème en petite quantité, vous verrez aussitôt se produire une effervescence plus ou moins considérable ; s’il n'en possède point du tout, l'acide ne produira aucun effet apparent.
Les sols froids, humides et bas en possèdent rarement.