Et cœlera
Comme je vous le dis, je ne sais pas au juste quel jour j'irai vous prendre ces petits documents; il est bien inutile de me les envoyer, puisque je les
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destine à Julien Lemer, ainsi que tous ceux, de même nature, que je trouverai chez Malassis et chez ma mère.
Je saurai, sans doute, me procurer à Paris une passe gratuite pour Honfleur, et une passe pour Bruxelles. Lemer me dit que vous lui avez fait une nouvelle visite. Ne le tourmentez pas. Je vois qu'il met du zèle à mon service.
Mes respects à Madame Ancelle.
28, rue de la Montagne ; et non pas : Hôtel du Grand-Miroir.
Les 5o fr., tout de suite.
A MONSIEUR JULIEN LEMER
9 Août i865.
Mon cher ami,
Je n'ai reçu que ce matin, mercredi 9 Août, votre lettre, datée du 7, et timbrée le 8. Vous recevrez celle-ci, demain matin, jeudi 10. Sera-t-il encore temps pour vous de profiter de quelques indications relatives aux Fleurs du Mal que je ne crois pas sans importance ?
Je dois d'abord vous remercier de toute la peine que vous prenez, et surtout de votre lettre de ce matin. Pour vous donner une idée de certaines faiblesses de mon caractère, je vous dirai que, ne voyant rien venir de vous, je m'étais figuré que, désormais, aucun livre de moi n'était vendable, et, conséquemment, qu'il était inutile de finir Le
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Spleen de Paris et La Belgique. Découragement parfait. — Votre lettre m'a fait grand bien, et je me remets au Spleen de Paris qui sera certainement fini à la fin du mois.
Pour ne négliger aucun moyen de me procurer un peu d'argent, nous donnerons, ou je donnerai, les fragments restants à Charpentier, ou à la Revue Française. — Car le besoin d''are:ent se fait cruellement sentir, et je croyais que l'affaire pourrait être résolue en quinze jours. Or, je désire entamer le moins possible la somme que vous tirerez du libraire, — de laquelle somme d'ailleurs il faudra d'abord défalquer 1.200 fr. pour Hetzel et 5oo pour Manet, — avant même de payer mes dettes de Bruxelles.
J'ai négligé d'avertir Hetzel que Vépée Damoclès-Malassis n'existait plus, et qu'il n'avait à craindre aucun procès. Il sera toujours temps de le lui dire, quand Les Fleurs et Le Spleen seront vendus .
Maintenant, j'arrive à votre lettre. Momentanément, je me fiche de la destinée de Pauvre Belgique! (qui s'appellera, je crois, Une Capitale ridicule). II y a seize mois, je disais à M. Dentu que j'allais partir pour la Belgique, et que j'en rapporterais peut être un livre. Il m'a alors proposé de me l'acheter. D'un autre côté, quand j'ai traversé Paris, tout récemment, Massenet de Marancour m'a affirmé que M. Faure le prendrait volontiers. J'ai répondu que j'avais chargé Julien Lemer de mes petites affaires, et que je n'avais pas le droit
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de m'en mêler directement. Avez-vous vu Marancour?
Quand à renoncer à finir ce livre, sous prétexte qu'il est aujourd'hui repoussé, c'est absurde; j'y ai trop travaillé déjà pour ne pas le finir. D'ailleurs, j'ai des rancunes à satisfaire contre cette peuplade immonde. La répugnance de M. Garnier m'a fait rire et m'a fait penser à ce que Alphonse Karr appelle la tyrannie des faibles. La Belgique est inviolable. Je le sais. Mais je m'en moque.
Je crois qu'il sera bon de parler au libraire de l'ordre des publications. Voici, selon moi, comment il faudra procéder :
Avant tout,
I . — Fleurs du Mal. Augmentées de plusieurs pièces, — et de plusieurs articles et lettres, relatifs à la première et à la seconde édition. (Théophile Gautier, Sainte-Beuve, Edouard Thierry (Moniteur)., Asselineau, d'Aurevilly, Custine, Deschamps, etc..) Tout cela mis à la fin, comme a fait Sainte-Beuve ^ouv Joseph Delorme. Tout cela est, en partie, chez ma mère, chez Malassis et chez M. Ancelle. J'en retrouverai certainement beaucoup. Observez que le livre est dédié à Théophile Gautier, et que la préface, à côté de la dédicace, ferait un singulier effet.
Je sais que M. Eugène Grépet n'a aucun droit à exercer sur les extraits qu'on peut faire de son Anthologie, vendue depuis à Hachette.
Les Fleurs du Mal sont la publication la plus pressée, parce que, depuis deux ans surtout, on les
demande partout, et, dans les ventes, elles se vendent même assez cher.
Si le libraire veut, plus tard, en faire une riche édition, grand in-8° ou in-40, il n'aura qu'à racheter à Poupart-Davyl les clichés des fleurons, lettres ornées et culs de lampe, préparés du temps de Malassis. Il ne manque qu'un portrait et un frontispice, dans le même style, dont les dessins sont chez Braquemond.
Donc, d'abord :