Joseph habite : Grande avenue de Neuilly
2. — Jean Caroly, avocat. Rue de Naples, 26. A Ixelles. Bruxelles.
3. — Henry Caroly (le vôtre, probablement), décédé à Bruxelles, le 18 Mai 1864.
Que faire? J'irai, demain matin, de mon mouvement propre, chez M. Prosper Crabbe, agent de change, rue Neuve, 62 bis. Je lui expliquerai mon
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affaire, et je le prierai de nous servir d'intermédiaire avec M. Malassis. (Poulet-Malassis, rue de Mercélis, 35 bis, Ixelles. Bruxelles.)
Vous enverrez à M. Prosper Crabbe le double de l'acte, pour qu'il puisse coUationner.
Quant à exiger, en outre, un reçu de 2.000 fr., cela me paraît un peu sévère, et superflu. — Je crains d'offenser un vieil ami.
Lundi, 17 (vous recevez ma lettre). Mardi, 18. Mercredi, 19. Jeudi, 20 (!!!)
M. Jean Garoly est à Marienbourg ; il ne reviendra que jeudi; et les frères se voyaient fort peu.
Tout à vous.
A MONSIEUR ANGELLE
Lundi, 17.
Mon cher Ancelle,
Je sors de chez M. Prosper Crabbe, 52, rue Neuve. Voici un en-tête de lettre. Je lui ai expliqué la chose. — Un double (duplicata), qu'il recevra de VOUS, et qu'il aura à coUationner. — Plus, 2.000 fr., qu'il livrera en échange du traité, enregistré jadis à Paris.
Adressez donc, en toute sûreté, les 2.000 fr. et ce traité à Crabbe.
C'est M. Crabbe qui vient d'acheter les tableaux de Malassis.
Vite! Vite!
Vous savez que votre Caroly est mort. Nous
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sommes le 17; vous recevrez cette lettre le 18, à 10 h.; vous n'aurez que tout juste Is temps de repondre et d'envoyer V argent. Il va sans dire que c'est Grabbe, et non pas moi, qui vous renverra le traité.
MeLtez, dans une chemise, les lettres de Malassis, avec le traité.
Et maintenant je vais chauffer l'affaire Lemer.
Bonjour à Madame Ancelle.
Tout à vous.
A SAÎNTE-BEUVE
3 Septembre i865.
Que vous seriez bon, et aimable, si vous pouviez prendre cinq minutes sur vos occupations journalières pour m'écrira quelques lignes !
Jesuis revenu ici (à Bruxelles), le i5 Juillet. Pden de neuf de l'affaire Le mer -G ar nier , depuis le 9 Août,jour où j'ai reçu une lettre de Julien Lemer me disant qu'il avait vu trois fois Hippoljte Garnier, et qu'il espérait conclure avant le 12, Garnier devant se mettre en voyage de nouveau, le 12. — Depuis lors, silence absolu. Lemer est un disciple trop zélé de Pythagore. Et puis il ne sait pas ce que sont les nerfs des gens exilés sans nouvelles et sans communications.
L'affaire est-elle manquée, ou bien a-t-elle été remise jusqu'au retour de M. Garnier, et celui-ci
esl-il toujours absent? Impossible de rien deviner de cela.
Mais ce qui m'avancerait beaucoup dans mon travail de conjectures, ce serait de savoir si vous avez été consulté. Dites-le-moi, je vous en prie, je ne vous demande que cela. Si vous avez été consulté, ce sera pour moi une preuve que la question a marché. Cependant, si, me connaissant aussi bien que je me connais, vous voulez me dire quelques injures sur ma faiblesse, mon découragement, dites, dites. Des injures de vous me feront plaisir, et cela me prouvera, au moins, que vous êtes en bonne santé.
Si je pouvais remplir dix pages avec les impressions que j'ai ressenties par le dernier volume que vous m'avez donné, je suis sûr que je vous amuserais. Je l'ai lu lentement, car la lecture en chemin de fer me blesse les yeux, et, dans ce vilain climat, je suis rongé de névralgies. — Je connais maintenant ce M. Delejre, mais vous me l'avez si bien fait comprendre qu'il me semble que j'ai connu d'autres Deleyre. Ce n'est plus un individu, c'est un genre.
Votre dénombrement de l'armée des cafards et des ultras, sous la Restauration, m'a fait rire comme un fou (et je ne ris guère ici). Mais, en général, ce qui m'a le plus frappé dans votre livre, c'est un ton de justice, d'équité ; c'est une espèce de bonne humeur philosophique qui vous permet de voir ce qui est bien, là même où n'est pas votre amour. Jamais je ne pourrai attraper cette qualité.
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A propos de Rodin et des livres qui expriment la haine populaire contre la congrégation, vous avez oublié Le Monde tel qiiil est, par de Custine, qui a précédé les livres d'E. Sue de bien des années. C'est un livre qui m'a paru bien surprenant, je vous assure, un livre que Balzac trouvait trop misanthropique, et auquel il reprochait ce qu'on a reproché plus tard à La Comédie humaine. ie fais allusion à un article inédit de Balzac, retrouvé par Dutacq.
Votre travail sur Lacordaire est lumineux. Il y a, dans vos études, une foule de petites choses très grosses, JG veux dire très suggestives, qui font plaisir à se faire comprendre. Je connais bien les côtés faibles du P. Lacordaire, mais j'aime encore les grands rhéteurs, comme j'aime la peinture et la musique. Soyez tranquille de ce côté-là ; chez moi, comme chez tous les hommes, la sensualité diminuera avec le temps.
J'ai relu l'article Salammbô, et la réplique. Notre excellent ami a décidément raison de défendre gravement son rêve. Vous aviez raison de lui faire sentir, en riant, qu'il est quelquefois peu adi^oit d'être trop grave; mais, peut-être, en certains endroits, avez-vous ri un peu fort.
Voyez comme je m'ennuie, puisque je bavarde à ce point que je vous parle, à vous, de vos livres !
Pardonnez-moi, et aimez-moi.
A MONSIEUR ANGEr,LE
Dimanche, 1er Octobre i865.
Mon cher Ancelle,
Vous recevrez cette lettre demain matin, lundi, à 10 h. Ayez l'obligeance, sans attendre 5 h. du soir, de m'envoyer immédiatement ces 100 fr., par la poste. Je vous en supplie, n'attendez pas au lendemain. Je vous assure que c'est très pressé. Il s'ag-it de petits besoins urgents, de ces petits besoins qui ne veulent pas altendre.
J'ai reçu, ce matin, de nouvelles informations de Paris. Il paraît que mon affaire n'est pas du tout perdue, mais que M. Hippolyte Garnier veut^ et que son frère A.uguste ne veut pas. Heureusement, Hippolyte est le plus fort. Mais il est encore à la campagne. Il s'agit de [\.oqo fr. Seulement, quand l'affaire sera conclue, tout sera mangé d'avance. Il ne restera rien pour payer des dettes en France.
J'erpère qu'il me restera, sur ces 100 fr., de quoi aller à Paris, avant le i5, pour signer ce traité, s'il y a lieu.
Quand vous m'aurez envoyé ces 100 fr., mais seulement après {les 100 fr. étant ce qu'il y a de plus pressé), ayez l'obligeance de demander, dans une mairie (derrière Saint-Sulpice), un extrait de mon acte de naissance, 9 Avril i8a i , et de me l'envoyer ici. On me le réclame à l'Hôtel de Ville.
Je u'ai pas pu faire autrement, n'ayant pas de
LETTRES — i865 463
domicile en France, que de souscrire un billet à l'ordre de Miquel Rouget^ payable chez vous, — un billet de 280 ou 2 go, — le 20 ou le 26 Octobre prochain. Vous serez d'ailleurs parfaitement garanti. — Il me reste no fr. à vous prendre sur Septembre. Il vous en restera : 10. Tout Octobre: 160. Novembre : 160. — Total : 33o. — 4o ^'^• de trop.
Je n'ai pas besoin de vous dire que ce billet m'a été une chose désag-réable. Mais la lettre de Rouget était plus qu'impérieuse, elle était suppliante .
Comme la mienne, aujourd'hui.
Mes respects à ?yladame Ancelle.
A POULET-MALASSIS
Dimanche, l'^r Octobre i865.
Mon cher ami,
Vous seriez bien gentil si vous m'envoyiez une note me disant quel est le prix d'un exemplaire de la Justine, et où cela peut se trouver, tout de suite ; me disant aussi le prix des Aphrodites, du Diable au corps, et quelles sont, selon vous, les caractéristiques morales ou littéraires d'auiTes sa.lo'peries, telles que celles produites par le Mirabeau et le Rétif.
Que diable le sieur Baudelaire veut-il faire de ce paquet d'ordures ? Le sieur Baudelaire a assez de génie pour étudier le crime dans son propre cœur. Celte note est destinée à un grand homme qui croit ne pouvoir l'étudier que chez les autres.
CHARLKS BAUDELAIRE
J'ai reçu de Paris une lettre singulière. Il paraît que j'ai fait les frères ennemis dans la maison Garnier. C'est à dire qu'Auguste est contre moi, et Hippolyle, pour moi.
En attendant, je manque de tout, et on me fait ici une vilaine mine.
Un agent de police est venu, ce matin, me dire que j'étais depuis bien longtemps à Bruxelles, et qu'il me priait de faire venir de France un extrait de mon acte de naissance.
Est-ce un signe de malveillance, ou simplement un fait résultant de quelque règlement ?
Grâce aux lenteurs de Lemer, quand l'affaire sera conclue, tout sera mangé d'avance.
Tout à vous.
A MONSIEUR JULIEN LEMER
Vendredi, i3 Octobre i8G5.
Mon cher Lemer,
Ma situation diabolique ne peut guère traîner plus longtemps. Je vous prierai donc, avant le retour de M. Garnier^ d'aviser à la vente du livre sur la Belgique, dont je vous enverrai demain, ou après-demain, une analyse, ou une table des matières très détaillée (ainsi qu'une note relative aux nouvelles Fleurs du Mal, et un paquet considérable de poèmes en prose, avec une lettre pour Yriarte ou pour Galonné, à qui vous demanderez de l'argent, de ma part).
Je crains toujours de vous ennuyer, mon cher ami, et ce n'est qu'avec une certaine répug-nance que je vous charge de commissions. L'indiscrétion me fait horreur.
Yriarte m'a, plusieurs fois, donné de l'argent sur dépôt de manuscrits. D'ici à la nn du mois, je vous livrerai cinquante poèmes en prose, complément du Spleen de Paris. (ïl y en a chez Charpentier, et il m'est impossible de savoir si ce les prend ou les repousse.) Or, en supposant que, sur ces derniers cinquante, il y en ait vingt inintelligibles ou répulsifs pour le public d'un journal, il restera toujours bien assez de matière pour pouvoir demander une bonne somme.
Je n'écris que très lentement, parce que l'impossibilité de trouver ici un bon copiste me force à écrire au crayon, avec un papier à décalquer.
Quant à Belgique, je ne vois guère à l'horizon que M. Dentu ou MM. Faure. J'avoue que j'inclinerais plutôt vers ces derniers.
Pour obtenir la plus grosse somme possible, je suis porté d'abord à livrer la chose tout à fait inédile, ensuite à la céder pour un nombre d'exemplaires assez considérable, ou plutôt pour un laps de temps déterminé 1
Inutile, n'est-ce pas, de vous envoyer immédiatement l'exemplaire remanié des Fleurs, avec pièces intercalaires ? Il me manque des documents qui sont à Honfleur, et je n'ai ni le temps, ni l'argent du voyage. — Je vous ai dit, je crois, que la
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lettre retrouvée de Sainte-Beuve est très importante et très extraordinaire.
Les autres lettres sont de Deschamps et de Gustine ; les articles sont de Gautier, d'Aurevilly, Thierry, etc..
Ce qui m'a poussé subitement à vous écrire ce matin, c'est que je viens de voir dans un journal belge que le nouveau tirage de la brochure Deschamps est fait. Le [\, lendemain du jour où votre lettre m'est arrivée, un M. Crabbe partait pour Paris, avec une note pour vous, relative à M. Deschamps et à Casanova. Je crois bien qu'en sa qualité de Belge, M. Crabbe se sera dispensé de faire la commission.
Il y a des Casanova, chez Rosez, 6 vol.,i6 fr. 5o (remise faite); i fr. par volume, pour la contrebande,— à moins qu'un ami, passant par Bruxelles, ne s'en charge.
Total. Deux exemplaires: iGfr. 5o. i6 fr. 5o. 6. 6=45.
J'ignore le prix du Deschamps.
Tout à vous.
A MONSIEUR ANCELLE
i3 Octobre i865.
Vous voyez bien, mon cher Ancelle,que cet acte de naissance est une chose pressée.
Si vous l'avez oublié, envoyez-moi un acte quelconque, constatant mon identité.
Tout à vous.
N'oubliez pas le billet de 280, pour le 26.
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A MONSIEUR ANGELLE
Jeudi, 26 Octobre i865.
Mon cher Ancelle,
Je crois que la puissante et curieuse municipalité de Bruxelles, après m'avoir fatigué de questions indiscrètes, comme cela se fait généralement dans les pays de liberté, se déclare enfin satisfaite; car on m'a envoyé un permis officiel de séjour, dont je voudrais bien, croyez-le, n'user que fort peu de temps.
Je vous remercie du ton de votre excellente lettre. Puisque vous voulez bien vous intéresser à mes affaires, je vous dirai que je n'ai aucun reproche à faire à M. Julien Lemer, et qu'il n'y a nullement de sa faute, si ma dette ici s'est grossie des dépenses forcées de quatre mois. (Hélas! les 4.000 fr. promis y passeront peut-être.) Julien Lemer croyait pouvoir aboutir, au moment où j'ai quitté Paris, le i5 Juillet. Après plusieurs conférrences (dans lesquelles il a deviné qu'Hippolyte Garnier,le plus fort des deux frères, était pour moi, et Auguste, contre moi), il a été obhgé de laisser partir Hippolyte pour la campagne et pour ses voyages annuels, sans avoir obtenu de conclusion (12 Août). On me dit qu'Hippolyte (qui était ici,k à Bruxelles, le 28, mais que j'ai eu le plus grand soin de ne pas voir) a dû rentrer à Paris, le 25. Il y a donc lieu d'espérer que mon affaire va être reprise. Lemer prétend qu'elle sourit beaucoup à
Hippolyte. Mais le livre sur la Belgique est exclu du marché. Après tout, tant mieux. C'est toujours ça de sauvé. On en trafiquera, plus tard.
J'ai deviné, en lisant votre lettre, que, très alarmé de ma situation, vous avez peur d'une de ces demandes de fonds auxquels, naturellement, vous devez résister, et qui m'ont tant appauvri. Non, mon cher ami, je souffre, et je souffrirai encore; mais je crois que je me tirerai d'atFaire tout seul.
Cependant, voilà un reçu préparé d'avance qui implique, de ma part, rintention de ne vous rien prendre, avant le 3i Décembre. Je vous vois, d'ici, sourire, ou froncer le sourcil.
Il n'y a pas moyen de faire autrement. La 5omm^ est minime ; mais, avec 200 ou 3oo fr. que je recevrai peut-être du Monde Illustré, elle servira à graisser le bec de mon insupportable hôtesse, avec qui j'ai eu une entrevue des plusdésagréables, et qui m'ennuie depuis le i5 Juillet. Sachez, de plus, qu'elle surveille mes lettres, et qu'à chaque lettre nouvelle, elle se précipite vers moi, d'un air curieux. Cela devient intolérable. Ces 200 fr. représentent, à 10 fr. près, en plus ou en moins, tout ce que j'ai le droit de vous demander avant Janvier, les 290 fr. de Miquel Piouget étant ajoutés au compte de m.es dépenses. J'ai noté tout cela, très exactement.
J'ajouterai que je désire que, cette fois, vous m'envoyiez cela, poste restante, tant la curiosité de cette femme m'irrite ! J'irai, après-demain matin, samedi, à la poste; mais je ne serai très in-
quiet que si, dimanche matin, il n'y a encore rien.
Ma seconde crise nerveuse sera occasionnée par l'attente de la réponse du Monde Illustré. J'espère qu'enfin la première quinzaine du mois prochain verra finir mes douleurs.
Ma santé, dites- vous? Gomment diable voulezvous qu'elle soit bonne, avec tant de colères et de soucis ? Et la vôtre? Je viens d'apprendre que cet excellent ami Edouard Manet a eu une attaque de choléra. Il est tiré d'affaire.
Ce qui m'irrite plus que tout, plus que îa misère, plus que Victor Hugo qui m'a tantfatigjié, plus que la bêtise dont je suis environné, c'est un certain état soporeux qui me fait douter de mes facultés. Au bout de trois ou quatre heures de travail, je ne suis plus bon à rien. Il y a quelques années, je travaillais quelquefois douze heures, et avec plaisir !
Aussitôt que Lemer aura conclu, je ferai mes préparatifs, et, dix jours après, je serai en France.
Et ma pauvre mère, que doit-elle penser de moi?
Tout à vous, et mes respects à Madame Ancelle.
Et la lettre Gustine?
Mais ne perdez pas de temps à la chercher, cela retarderait votre réponse.
La lettre Gustine ne sera indispensable que quand MM. Garnier demanderont la note des pièces justiûcalives des Fleurs du Mal.
Note : j'ai promis les 200 pour dimanche.
A EDOUARD MAAET
Samedi, 28 Octobre i865.
Mon cher ami, .
Les premières lignes de votre lettre m'ont donné le frisson. Il n'y a pas dix personnes en France, — — non certes, il n'y en a pas dix, — au sujet desquelles j'en pourrai dire autant.
Les lenteurs forcées de Lemer (car je n'ai vraiment rien à lui reprocher) me font en effet beaucoup souffrir.
Je me vois mangeant en herbe les 4-ooo fr. promis. Et vous savez que j'avais l'intention de prélever d'abord une part pour Hetzel et une part pour vous.
Gela devait se conclure le i5 Juillet, jour démon retour en Belgique. Gela a dû, plus tard, se conclure le 12 Août. Ilippolyte Garnier est parti pour sa maison de campagne et pour ses voyages annuels, avant quela chose fût conclue. Le 3 Octobre, Julien Lemer m'a envoyé une lettre d'explication, de laquelle ii résulte : /° qu'Hippolyte Garnier est parti avant la conclusion de r affaire ; 2° qu'on attendait le retour de Garnier, le 20 Octobre ; 3^ qu'Hippolyte était pour moi, mais qu'Auf/uste était contre moi ; 4" </«<? ^^ ^'^^<^ ^w ^^t Belgique était exclu du marché.
Je vais envoyer à Lemer une table des matières très bien distribuée et très intelligible, et le prier
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de traiter tout de suite, tout de suite, pour le livre Belgique. Si je le fais attendre un peu, c'est que j'ai été repris par mes infâmes névralg-ies. Ce fléau aug-mente avec l'âge. Autrefois, je ne les subissais que dans les bras ou dans les jambes. Actuellement, elles se jettent quelquefois dans la poitrine etdans la tête.
Ce qu'il y a de bizarre dans mon cas (littéraire), c'est que l'on continue à demander mes livres dans les librairies, quoique je ne publie rien, et que je laisse s'écouler des années entre une édition et l'autre. Comme les hommes faits pour les affaires doivent me mépriser !
Et Victor Hugo ! // ne peut pas se passer de moi, dites-vous. Il m'a un peu fait la cour. Mais il fait sa cour à tout le monde et traite de poète le dernier ou premier venu. Mon cher ami, il j a dans votre phrase un peu de la correspondance Steuens, trois espions du genre humain qui font concurrence à la correspondance Havas.
Hugo avait écrit sur le volume : à Charles Baudelaire, jungamus dextras. — Cela, je crois, ne veut pas dire seulement : donnons-nous une mutuelle poignée de mains. Je connais les sous-entendus du latin de Victor Hugo. Cela veut dire aussi : unissons nos mains, pour sauver le genre humain. Mais je me fous du genre humain, et il ne s'en est pas aperçu. Jf^
Vous comprenez, mon cher Manet, que je vous écris secrètement, relativement à beaucoup de choses; — ainsi, si vous vovez Madame Meurice,
il est inutile d'affliger ses convictions. Cette excellente femme, qui aurait eu autrefois plaisir à vivre, est tombée, vous le savez, dans la démocratie, comme un papillon dans la gélatine.
De même, je vous recommanderai, si vous voyez Julien Lemer, de ne lui raconter de ma lettre que ce que vous jugerez bon de lui raconter.
Il paraît que M. B , qui est venu à Bruxel-
les, n'a pas trouvé bon de me venir voir. Il opère une vente de ses lithographies, au mois de Janvier. J'ai une vive envie de quatre ou cinq pièces de Déveria qui sont chez lui. — Achat, échange, cadeau, ce cu'il voudra.
N'oubliez pas de présenter à votre mère et à votre femme mes respects les plus affectueux.
Tout à vous.
A MONSIEUR ANGELLE Dimanche, 29 Octobre. 7 h. du soir.
Mon cher Ancelle,
Avez-vous reçu ma lettre du jeudi 26?
J'ai encore eu, hier et aujourd'hui, deux explications désagréables avec mon hôtesse.
Je suis allé à la poste restante, hier matin. J'y suis allé, aujourd'hui, trois fois, aux trois courriers.
Aucune réponse.
Peut-être êles-vous malade.
Je ne sais que penser et que devenir.
Tout à vous.
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A CHAMrFLEURY
Lundi, i3 Noveaibre i865,
... J'y ai trouvé vos trois grandes qualités, la sensibiiilé, la bonne humeur, et l'esprit de justice. Mais ce qui ne vous sera peut-être pas indifférent, ce volume m'a procuré une sensation très particulière : il a renouvelé en moi la mémoire d'une foule de faits, d'anecdotes, d'amusements, de plaisirs^ e'i d'impressions presque oubliées. Il m'a fait revivre dans un temps déjà ancien. 11 a rafraîchi un tableau un peu terni dans mon esprit. Je vous remercie de tout ce que j'y ai trouvé de personnellement agréable pour moi; mais, franchement, vous m'avez un peu trop loué, et un peu trop cité...