LA FIN D»UNE LÉGENDE XV
qu'elle amène le remords : « J'ai été presque un bourreau pour toi, du moins dans les derniers temps. Je t'ai fait beaucoup souffrir.
Mais Dieu soit loué 1 ce que je pouvais faire de pis encore, je ne l'ai pas fait... i> Enfin, mêlant ensemble amour, amitié, reconnaissance, il la quitte sur cette parole qui dit assez dans quel esprit ils se séparèrent : ce Tu est le fil qui me rattache à Dieu. Pense à la vie qui m'attend*. »
« Pense à la vie qui m'attend I » Prédiction à demi-mot, car Musset se savait faible, se sentait faible au moment même où il se disait fort. De son côté, George s'épanchait avec le fidèle Boucoiran : c< SHl conservera de ramour pour moi, fen doute et je nen doute pas, C esta-dire que ses sens et son caractère le porteront à se distraire avec d'autres femmes, mais son cœur me sera fidèle, je le sais, car personne ne le comprendra mieux que moi et ne saura mieux s'en faire entendre'. y>
Elle ajoutait : « Je doute que nous redevenions amants. » Us le redevinrent pourtant, à plusieurs mois de là, après la lettre folle et sublime que Musset écrivit de Baden. Ar-