‹ Lettres à Alfred de Musset et à Sainte-BeuveChapitre 17 sur 52 · Mariéton, p. i63-i · texte numérisé non relu

Mariéton, p. i63-i

LA FIN D'UNE LEGENDE \\l\

micr mourait en moi. Mais l'autre, qui naissait, n'a pu que crier et pleurer comme un enfant. J'ai cesse avec toi d'être un libertin sans cœur1...

« Ne me dis pas qu'avec une maîtresse je n'ai peut-être qu'un ou deux ans à vivre. Eh bien! un an, deux ans? Mais avec qui? Où? Voilà pourquoi j'ai des envies de mettre ma blouse de cotonnade bleue, de prendre une bouteille de rhum avec un peu d'opium autour de ma ceinture, et d'aller m' étendre sur le dos sur la route de Fontainebleau. Ce sont les fleurs et toute cette verdure qui m'appellent à la vie. Je les sens qui m'attirent , et ou m'attirent-elles ? Ah ! il y a six mois, les chaleurs du printemps me faisaient le même effet que le vin de Champagne. Elles me conduisaient, au sortir de table, à la première femme venue : que je trouvasse là deux ou trois amis en train de chanter des chansons de cabaret, un cigare et un canapé, tout était dit. Et si je pleurais une heure dans ma chambre en rentrant, j'attribuais cela à l'excitation, à l'ennui, que sais-je? et je m'endormais. J'en étais encore là, quand je t'ai connue2. »

i. Mariélon, p. 168.

Page 1