Mariûton, p. 1C9. Voir encore pages 175 et
XXX INTRODUCTION
Même lettre plus bas : « J'ai horreur de ma vie passée, mais je n'ai pas peur de ma vie à venir. Si, en m'ouvrant le cœur, le ciel n'a voulu que me préparer un nouveau moyen de souffrances, je subirai les conséquences de ma faiblesse et de ma vanité. Mais ce que j'ai dans l'âme ne mourra pas sans en être sorti1.»
Suite inédite : « Dans ma jeunesse, quand fêtais encore pur et naïf, le vice me paraissait un monde admirable, immense. Je m y suis précipité avec bonheur dès que fat pu. C'est aujourd'hui la même chose. Quelque faible et misérable qu'ait dû te sembler mon amour, fai entrevu un nouveau monde, et cela me suffit.
» Je lis Werther et la Nouvelle Héloïse. Je dévore toutes ces folies sublimes dont je me suis tant moqué. J'irai peut-être trop loin dans ce sens là comme dans l'autre. Qu'est-ce que ça me fait? J'irai toujours. J\e t'offense pas de ma douleur, ange chéri. Si cette lettre te trouve dans un jour de bonheur et d'oubli, pardonne-lamoi, jette-la dans la lagune. Que ton cœur n'en soit pas plus troublé que son flot tranquille, mais qu'une larme y tombe avec elle, une de ces
i. Mariéton, p. 170.