‹ Lettres à Alfred de Musset et à Sainte-BeuveChapitre 52 sur 52 · La princesse Mathilde · texte numérisé non relu

La princesse Mathilde

INohant, iô janvier 18G9.

Cher ami,

C'est moi qui m'en veux de n'avoir pu retourner vous voir. Mais je retourne bientôt a Paris et je serai plus heureuse, on ne volera pas toujours.

J'ai su chez vous que vous alliez aussi bien que possible et votre continuel travail, toujours plus puissant, prouve bien que l'esprit domine le mal.

Vous avez fait trop d'honneur à ma lettre en la publiant1. Je la relis et je trouve ma critique injuste et pédante. J'ai, ce me semble, élargi mon point de vue depuis ce temps-là. Au reste, j'ai fait comme tout le monde et votre livre aura toujours plus de succès, je n'en doute pas.

J'ai retrouvé mon cher monde plein de vaillance; Maurice tournant à l'agriculture avec le coup d'œil dont il est doué pour toutes

1 . Il s'agit de la lettre qu'elle lui avait écrite, le 2 4 septembre i834, sur Volupté: Saint-Beuve, profitant d'une nouvelle édition, venait de la publier, un peu abrégée, à la suite du roman.

choses, ma belle-fille toujours adorable et mes petites-filles archi-adorables.

Nous voici, mon ami, dans les heures calmes du soir en ce qui nous concerne; mais le monde s'agite et nos survivants verront de gros orages : c'est la vie.

Restez longtemps et combattez toujours pour le dégagement de l'intelligence au milieu des luttes quelconques.

A vous toujours.

Paris, décembre 186G.

Mon ami,

Je suis ici depuis quelques jours, et je n'ai pas encore pu disposer d'un jour pour ma satisfaction. Mais jeudi je serai chez moi de midi à cinq heures et si vous étiez libre de venir me voir, vous me rendriez bien heureuse.

A vous de cœur.

Dimanche. Rue Racine, 3, au quatrième.

Paris, décembre 18C6.

Cher ami, Il m'arrive pour samedi un empêchement insurmontable.

Voulez-vous que nous allions chez vous dimanche, ou voulez-vous venir chez moi? Chez moi nous serons moins dérangés. Ditesmoi votre heure; de une à cinq, je serai libre.

A vous de cœur.

Jeudi soir.

Paris, janvier 1867.

J'espérais aller vous voir tantôt, cher ami, ne fut-ce que cinq minutes.

J'ai été encore un peu malade, et j'ai tant peur de ne pouvoir m'en aller à Nohant pour l'anniversaire d'Aurore, que je me sauve demain matin.

Merci de vos deux lignes, votre chère écriture m'a fait grand bien.

Priez le docteur Veyne de me tenir au courant de votre santé ; ce sera une obligation de plus que je lui aurai.

A vous toujours.

Mercredi.

Nohant, 3o décembre 1867.

Cher ami,

Vous allez mieux enfin! J'ai su vos souffrances et j'en ai bien souffert. Je sais aussi votre grand courage et je veux espérer que cette année qui commence sera meilleure.

Ne vous donnez pas la peine de m'écrire, j'ai de vos nouvelles par le brave Harrisse; je veux seulement vous embrasser, et que vous sachiez combien je pense à vous.

Paris, 18 février 1868.

Cher ami,

Quelques mots de vous pour cette personne très intéressante que vous connaissez, je crois, et qui, avec beaucoup de talent, succombera sans votre appui.

Je reçois cette (lettre) au moment du départ et vous écris en courant.

Au revoir bientôt.

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