‹ Lettres à Babet. Notice de M. Émile ColombayChapitre 7 sur 36 · Lettres nouvelles, t. I*^'", p. 19 et suiv · texte numérisé non relu

Lettres nouvelles, t. I*^'", p. 19 et suiv

toute votre application à le corriger de celles d'autrui. Et Timprimeur, pour avoir mis tué, où vous n'avez mis que blessé^ ou tout au plus vaincu, en a fait une si grande, qu'il semble (au moins selon moi) que l'empereur Valens, après sa mort, ait été encore plein de vie. C'est dans le volume in-quarto, page 119, ligne 23 ; et voici la période entière : Valens, qui peut vaincre seul, précipite le combat, oii il est tué, auprès d' Andrinople ; les Gots victorieux le brûlent dans un village où il s'étoit retiré. Ne diroit-on pas, monseigneur, que Valens, après avoir été tué, se seroit retiré dans un village? »

L'observation, d'une justesse acérée, dut, à travers toutes les formules de respect dont elle était enveloppée, effleurer quelque peu l'épiderme du futur « aigle de Meaux ». Mais il resta impassible dans la sérénité de sa perfection, et l'empereur Valens continua, dans les éditions qui suivirent, de battre en retraite après sa mort.

Ne pourrait-on pas attribuer à une pointe de rancune l'omission dédaigneuse du nom de Boursault dans la querelle que Bossuet fit au P. Gafîaro, supérieur des théaiins, à l'occasion d'une consultation sur les spectacles donnée par ce dernier à l'auteur d'Esope ? Cette con-

sultation, après une citation de Lycurgue se demandant s^il faut arrachei' toutes les vignes parce quil se trouve des hommes qui boivent trop de leur vin, concluait ainsi : « Faut-il aussi faire cesser la comédie, qui sert aux hommes d'un honnête divertissement, parce qu'il se trouve quelqu^un qui ne peut pas la voir, sans ressentir en soi les passions qu'on y représente ? » Boursault était un croyant, comme le prouvent non seulement les scrupules qu'il avait soumis au P. Caiîaro, son confesseur, au sujet du théâtre, mais encore la semonce qu'il adressa au vieux Desbarreaux « qui ne croyoit en Dieu que lorsqu'il étoit malade ^ «. C'était Desbarreaux qui lui avait reconnu, « le premier, des dispositions à la poésie » et qui lui avait servi de maître. Il l'avouait, mais sa gratitude ne pouvait l'empêcher de blâmer cette succession d'accès d'impiété et d'élans de dévotion, alternant avec l'état de santé et l'état de maladie : « .... Monsieur, lui écrivit-il, permettez-moi de vous dire, après saint Augustin, que les pénitences que l'on fait en cet état sont souvent aussi infirmes que ceux qui les font, et qu'il est extrêmement douteux que Dieu nous accepte

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