I. Lettres noiiveUes, t. I^"", p
quand nous attendons si tard à nous offrir. » Entre temps, le croyant disparaissait, remplacé par un mécréant qui brocardait les gens d'Église. En regard du sermon dont nous venons de donner un fragment, plaçons ce simple extrait d^une lettre adressée de Champagne à un M. Dupré^ : « On m'apporta hier une truite d'une si belle taille que depuis trois mois que je suis en ce pays-ci, je n'en ai vu qu'une de même grandeur, dont un curé (accusé de n'avoir pas toujours couché avec son bréviaire) fit présent à son évêque ; et ce poisson-là fut un puissant intercesseur pour le faire absoudre de tous les péchés que la chair lui avoit fait commettre. » Pendant une de ses échappées hors de Paris, 1 Boursault fut jeté, sans qu'il le sût, au milieu des compétitions d'une élection à l'Académie. Sa candidature avait été posée par la présidente S..., à qui, pour la consoler de l'insuccès, il écrivit une de ces lettres mêlées de prose et de vers dont il était coutumier. Elle se terminait d'une façon tout à la fois galante et épigrammatique :
S'il est vrai que sans fard vous soyez mon amie,
D'aucun chagrin pour moi n'ayez le cœur saisi
De ce qu'on ne m'a point choisi