T. R. P. GARRIGOU-LAGRANGE
DE l'ordre des frères PRÊCHEURS PROFESSEUR DE THÉOLOGIE AU COLLÈGE ANGÉLIQUE A ROME
Le nouveau livre d'Elisabeth Leseur offert aujourd'hui au public continue, en l'amplifiant, l'apostolat des précédents. En effet les lettres,. si belles de forme et de fond, qui s'y trouvent réunies, présentent ceci de spécialement intéressant qu'elles sont adressées à des personnes étrangères à la foi catholique. Le lecteur aimera à y retrouver, plus accentué encore si possible, cet ensemble de qualités qui a permis la diffusion providentielle des premiers volumes. Mais ce qui frappe certainement le plus dans ces Lettres a des Incroyants, c'est la charité d'Elisabeth Leseur à leur égard. « // y a, dit-elle en pensant
à eux, un regard du cœur plus ou moins intense qui nous fait apercevoir des souffrances ou des besoins à côté desquels d'autres passeront sans les remarquer jamais, et l'expérience de la vie ni'a convaincue que nous ne passons pas un jour sans rencontrer une détresse du corps ou de l'âme, une tristesse ou une pauvreté, et que sûrement nous en négligeons encore trop^, » Souvent les âmes incroyantes ont soif de vérité et ne le savent pas ; elles ignorent la grâce qui les sollicite et qui suscite en elles ces aspirations encore confuses. Celui qui vit profondément de la foi doit être plein de bonté pour ces âmes errantes, comme le Seigneur a été miséricordieux pour lui; il doit se pencher vers elles, y aller doucement, avec un grand amour pour elles, et un amour plus grand encore pour Dieu, puisque c'est vers Lui qu'il veut tourner leurs regards et leur cœur, et que sans Lui nous ne pouvons rien faire.
Cette charité, cette tendresse surnaturelle pour les âmes apparaissent à chaque page de ces lettres. Aussi Elisabeth Leseur reconnaît-
' Lhtthu XL^'I, page 199.