LETTRE LXVII
G Juillet 1902.
Ma petite chérie.
Rassure -loi; ta lettre est bien arrivée, et l'adresse un peu fantaisiste était parfaitement suffisante, puisque l'adresse réelle est simplement : Jougne, Doubs, sans plus. Ce que c'est que la célébrité !
Maman, Juliette et les deux enfants sont arrivés à bon port Mercredi à G heures'. Elles ont trouvé la maison propre, les choses en place, la table mise et ornée de fleurs, leurs boules prêles ainsi que deux robes de chambre. Maintenant je ne le dirai pas que ceci n'ait
' Klisabeth Leseur et son tuari liaient allés à Jougne aQn dinslaller la maison qu'ils avaient fait construire et d'y recevoir pour la première fois la famille d'Klisabetli. Puis ils étaient revenus à Paris, d'où celte lettre est écrite, faire un séjour de quehjues jours et y accueillir la mère du mari d'Elisabeth Leseur, «jui devait les accompagnei- à Jougne et y passer l'été avec eux. On i)eut d'ailleurs, ;\ ce jiropos, se reporter h Une Ame dans La Vie Spiiutueixe, p, 311 cl suivantes, où l'on trouvera sur cette première arrivée cl ce séjour h Jougne les détails qu'y donne Elisabeth Leseur. .\o(e de VEdUeur, )
pas représenté deux jours de travail considérable. Félix a bien travaillé. Maman et Juliette sont ravies de la maison et du pays; les deux sont vraiment agréables. Ce matin j'ai conduit à la gare Amélie et Maurice, et Samedi prochain nous nous mettrons définitivement en route avec ma belle -mère, ravis de retrouver notre délicieux coin.
Nous avons eu de bien grandes émotions de propriétaires, dont tu aurais ri; l'arrivée des meubles, la pose du fourneau, etc. Je crois que cela va être très bien. Il faudra absolument que vous veniez une fois. Gela fera tant de plaisir à la maisonnée !
Je suis surmenée d'occupations. C'est pourquoi je t'écris en courant. Mais « nous recommencerons ». Embrasse pour moi ta chère maman à laquelle je souhaite une complète guérison, et reçois un gros et tendre baiser de ta vieille amie, presque sœur, qui t'aime profondément.
• E. Leseur.