LETTRE LXIX
2 Juillet 1903.
Ma chère Yvonne,
Après le départ de maman, j'ai été si fatiguée et ensuite j'ai eu tant de choses à remettre au courant que je n'ai pu aller vous voir, ainsi que j'en avais pourtant le vif désir. Maintenant que je suis reposée et que ma vie a repris son cours normal, je voudrais bien vous voir avant de partir pour le 14. Félix d'ailleurs n'a pas oublié sa promesse'. Veuxtu, si tu es libre ce jour-là, que nous la mettions à exécution Mercredi prochain 8 juillet? Nous irions te prendre le matin, déjeunerions aux Réservoirs*, et ferions une bonne visite
' Il s'agissait d'une excursion aux restes de l'abbaye de Port- Royal des Champs qu'Elisabeth et sou amie Yvonne désiraient beaucoup faire, que le mari d'Elisabeth avait promise à toutes deux et qui fut réalisée, comme il est dit à la note quatrième de la Letthe LXX suivante. {Note de l'Editeur.)
■•' Hôtel et restaurant bien connus do Versailles, en bordure du parc, près du bassin de Neptune. Ils sont, en effet, immédialomenl voisins (d'où leur nom) des réservoirs construits sous Louis XIV et où l'eau était amenée de la Seine par la machine élévatoire de Marly, pour servir à l'alimentation des fameux jeux hydrauliques du parc qu'on appelle : u les grandes eaux de Versailles ". {Note de l'Editeur.)
à tes chers parents avant de reprendre le train. Si cela te va, dis-le-moi. C'est le seul jour dont Félix pourrait disposer pour cette petite fugue, avant le 14, et nous serions bien contents de vous voir tous et de faire avec toi cette partie amicale.
J'ai eu par tante des nouvelles de Madame D...^ Veux-tu lui dire, en lui transmettant mon plus respectueux souvenir, que je suis bien contente de la savoir mieux. J'espère que Madame Le G... n'a pas trop souffert des chaudes journées que nous venons de traverser. De Jougne, bonnes nouvelles. Juliette et les enfants vont bien. Ilippolyte partira vers le M pour les retrouver.
En ce moment, je mène une vie moins fatigante, quoique très active. Ce qui me reposé, c'est d'être moins dispersée et de pouvoir me consacrer aux œuvres qui m'intéressent.
Transmets à tes parents notre tout affectueux souvenir et reçois, ma chérie, un bon baiser de ta vieille amie ou plutôt de ta vieille sœur.
K. Leseuh.
' La grand'mère de Mademoiselle Yvonne Le G.... {Noie de l'Éditeur.)