‹ Lettres `a des incroyantsChapitre 63 sur 78 · LETTRE LXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE LXXVI

27 Décembre 1904.

Ma petite Yvonne chérie,

Te dire que j'ai été très profondément remuée par la communication de maman' est, je crois, chose inutile. Tu es si pleinement pour moi une sœur tendrement aimée, la « petite » qui a remplacé près de nous notre Marie, que ton bonheur est une de mes grandes préoccupations et qu'une aussi importante résolution ne pouvait que me causer une émotion toute fraternelle. J'avais demandé à Dieu, en cette grave circonstance*, d'accomplir toutes choses pour ton bonheur et ton plus grand bien; j'espère que mes prières

' L'annonce des fiançailles do .MHi- Yvonne Le G... avec Félix Le Dantoc, rendues officielles le 26 Décembre 1904.

* Mademoiselle Le G... avait confié k Elisabeth Leseuret ù son mari, depuis quehjue temps déjà, la recherche dont elle était l'objet de la part de Félix Le Danlec. C'est ;i celle confidence qu'Klisabelh fait ici allusion. {\ofe de l'iùiileur. )

seront exaucées, et je sais d'avance tout ce que tu trouveras en Monsieur Le Dantec de noblesse de cœur, de bonté et de haute intelligence. Tu peux lui dire que d'avance il est pour nous un frère et que nous l'aimons déjà, puisqu'il a su te comprendre et t'aimer. Nous pouvons le féliciter d'avoir une si charmante petite femme et je me réjouis, ma chérie, de te sentir heureuse, après tant d'épreuves et d'émotions.

Pouvez-vous venir déjeuner avec nous Lundi prochain, 2 Janvier? Transmets celte invitation amicale à Monsieur Le Dantec et, pour ne pas le prendre en traître, préviens-le que sa future belle-sœur adoplive est « un suppôt de l'obscurantisme ». Ce qui, d'ailleurs (du moins, je l'espère), n'en a pas fait une fanatique ou une affreuse réactionnaire.

Ta chère maman doit se réjouir de posséder un iîls sans voir s'éloigner sa fille chérie. Embrasse -la pour nous et dis-lui combien nous l'aimons.

A Lundi, n'est-ce pas, ma petite sœur? Il nous sera doux de vous avoir tous trois. Nous t'envoyons un baiser dans lequel je mets toute ma tendresse pour toi.

Ta vieille sœur,

Elisabeth.

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