‹ Lettres à Henry Dix Hutton [microform]Chapitre 30 sur 39 · XXXI. A M. HENRY DIX HUTTON, A DUBLIN · texte numérisé non relu

XXXI. A M. HENRY DIX HUTTON, A DUBLIN

Paris, lejeudij 3 Bichat, 68.

Mon cher disciple,

J'ai remis, hier soir, au docteur Foley la lettre que j'avais trouvée, le matin, incluse dans celle que vous m'écrivîtes samedi. Les deux exemplaires que j'ai récemment envoyés pour M. Ingram et vous ont chacun coûté deux francs de port, en sorte que leur prix total est de dlxneuf francs. Il suffit de m'envoyer cela dans le courant de Décembre, afin de concourir au payement promis à M. Thunot pour la fin du présent mois.

Après avoir lu deux fois le nouvel opuscule ^ de M. Edger,

* "Réflexions Synthétiques." * ** The Positivist Calendar, with a brief exposition of religious

Positivism.

Lettres d'Atiguste Comte

je l'ai finalement jugé supérieur à tout ce qu'on a jusqu'ici tenté sur l'exposition générale du positivisme. Cette appréciation sera spécialement signalée dans ma prochaine circulaire,^ où je ferai dignement ressortir les trois publications par lesquelles les positivistes extérieurs ont noblement distingué l'année qui s'achève. Une telle production chez un disciple qui ne connaît ma doctrine que depuis quatre ans, confirme mon jugement antérieur sur son aptitude profondément synthétique, normalement due à sa nature éminemment sympathique.

Vous avez pleinement raison de regarder le positivisme comme tendant à relever la dignité de l'esprit pratique auquel il subordonnera l'esprit théorique dans l'ensemble de mon traité final. Déjà le récent volume^ doit profondément développer cette réaction chez tous ceux qui pourront le lire avec fruit, c'est à dire parmi les positivistes pourvus de connaissances mathématiques. La science la plus simple, la plus cultivée, et la plus orgueilleuse s'y trouve finalement appréciée à sa juste valeur, consistant surtout à former une suite de programmes à peine ébauchés et radicalement inaccessibles, de manière à laisser toujours insolubles la plupart des questions spéciales que l'antiquita s'était immédiatement posées. Eien n'est plus vrai que la maxime du grand Frédéric, spontanément sentie par tous les éminents praticiens, sur l'inaptitude spontanée de l'esprit humain aux spéculations abstraites. Elles n'ont d'autre destination réelle que de procurer aux conceptions

2 His eighth and last circular printed with the rest in Dr. Eobinet's " Notice sur r œuvre et sur la vie d'A. Comte.'*

^ "Synthèse Subjective," tom. i., contenant le système de logique positive, ou traité de philosophie mathématique.

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