Des Études de Mœurs au xix* siècle
2. Ne touchez pas la hache (La duchesse de Langeais) qu'il avait écrit presque en entier à Genève.
LETTRES A L'ÉTRANGÈtlE. m
gracieuses dans votre bouche qu'elle ne le seraient sous ma plume . Dites à Anna que son cheval se recommande à elle et la baise au front. Mille compliments affectueux à mademoiselle Séverine ; prévenez mademoiselle Borel que je ne me suis pas cassé le col, et gardez, je vous en supplie, madame, à vos pieds, mes plus sincères et plus affectueux hommages ; votre noble beauté vous assure de la sincérité, et, quant à l'affection, je voudrais vous la prouver sans qu'il fût besoin pour cela d'aucun malheur.
« N'oublie/ pas demain », est une de vos recommandations, quand je vous disais que je ne croyais pas au lendemain ; mais maintenant, j'y crois, puisque, par hasard, j'ai un avenir et que le libraire me l'a heureusement prouvé. Il est ttès heureux de la vente d'Eugénie Grandet. Il m'a dit le mot solennel : « Cela se vend comme du pain. » Je vous dis cela à vous, qui voulez y voir des gâteaux, tandis que tant de gens souhaitent de me voir faire des brioches. Vous excuserez cette plaisanterie d'atelier, vous qui aimez les artistes !
Dévouement et amitié.
LU
A MADAME IIANSKA, POSTE RESTANTE, A GENÈVE
Paris, samedi onze heures, 15 février 1834.
Mon Éva chérie, à toi cette partie de ma nuit. Depuis mercredi matin de cette semaine j'ai été comme un ballon ; mais en allant et m'àgitârit au milieu de ce Paris, j'y allais et m'agitais avec une idée fixe, l'idée d'être à jamais près de toi.
Ma chère idole, je n'ai jamais eu autant de courage dans ma vie, ou, plutôt, j'ai une vie nouvelle. Je lis ton nom en moi, je te vois ; tout me paraît facile pour arriver à nous revoir. Je ne m'effraie de rien. Mes larmes, mes regrets, ma tristesse d'amour, tout cela tombe sur mon cœur au moment où je monte dans mon lit. Alors, seu avec moi-même, je suis tout chagrin de n'être pas à l'Arc *, de