‹ Lettres à l'étrangère (volume 4)Chapitre 37 sur 105 · Phrase du dénouement de la Duchesse de Langeais · texte numérisé non relu

Phrase du dénouement de la Duchesse de Langeais

tout entier, parce qu'alors vous m'aimerez peut-être mieux quelque jour. La passion dont vous me demandez le programme est celle d'une femme pour une femme *.

Mon Dieu, ce que vous m'avez dit de votre santé, de celle de M. de Hanski, m'a fait sauter sur ma chaise. Madame, au nom du sentiment et de raflFection sincère que je vous porte, je vous en supplie, quand vous ou M. de Hanski, ou votre Anna seront malades, écrivez-moi. Ne vous moquez pas de ce que je vais vous dire. A Issoudun, des faits tout récents m'ont prouvé que je possède un bien grand pouvoir magnétique, et que, soit par une somnambule, soit par moi-même, je puis guérir les personnes qui me sont chères. Ainsi donc, ayez recours à moi. Je quitterai tout pour aller à vous. Je me consacrerai avec toute la pieuse chaleur d'un dévouement vrai aux soins que veulent les souffrances, et je pourrai vous donner d'irrécusables preuves de cette puissance inouïe. Ainsi, mettez-moi bien à môme de savoir comment vous allez. Ne me trompez pas et ne riez pas.

Vos romans m'ont affligé. Pourquoi faire d'aussi noires suppositions. Mon Dieu, moi, quand je rêve je ne rêve que le bonheur.

Hier, quelqu'un est venu me dire que le secret de mes voyages était découvert et que j'avais été rejoindre la reine Hortense; l'on en riait beaucoup.

Vous m'avez fait pleurer de rage quand j'ai lu ce que vous me dites de Florence. Retrouverais-je jamais cela! Mon Dieu, que de regrets! Oh! faites-moi voir bien suppliant à M. de Hanski pour les huit jours que je puis passer à Rome. Voyez- vous, ceci est possible. La Saint Pierre est au 23 juin; je puis partir le 13 de Paris pour Ljon, de là me trouver le 13 à Marseille, d'où part un bateau à vapeur qui vous met en quarante-huit heures à Civita-Vecchia. Je pourrai rester de huit à dix jours à Rome sans faire tort à mes affaires, car, somnambules et médecin, tous sont unanimes pour me supplier d'opposer un mois de distraction à un mois de travail. Or, il n'y a rien qui me sorte de mes travaux, hors la musique et les voyages, car aucun intérêt ne m'excite l'âme à Paris. J'y vis comme dans un désert; j'y suis comme dans un couvent. î^ cœur n'y est

Page 1