‹ Lettres à l'Hon. H.L. Langevin, membre du Cabinet de la Puissance du Canada [microforme]Chapitre 6 sur 6 · QUATRIEME LETTRE · texte numérisé non relu

QUATRIEME LETTRE

*? le ministre,

Je n’exagère pas en vous affirmant que la désaggrégation se fait dans le parti conservateur. Notre inaction en présence des procédés odieux dont le clergé est vic'ime, le compromis dont le cabinet de Québec a donné l'exemple, les déclarations ambigües de conciliation qui ont été trop de fois répétées, causent un mécontentement et un malaise qui s’accertueront d’une manière inévitable, si l’esprit public n’est pas rassuré par une action énergique de votre part. Un parti se désaffectionne else brise très vite. Notre défaite écrasante aux électionsgénéraies de 1874, et la cdégringolade de M. McKenzie en sont des preuves qu’il importe de ne pas perdre de vue.

La province de Québec est la seule vraiment conservatrice et sur Jaquelle il est possible de compter d’une manière relativement certaine.

La prochaine élection sera vivemnt disputée dans toute la Puissance. C’est nous qui, selon.les probabilités, déc:derons du sort de la bataille.

Fortifions notre parti autant que

“possible,et nous tiendronsla balance

du pouvoir'et nous acquerrons une prépondérance précieuse.

Pour atteindre ce résultat il faut faire disparaître sans délai les cau-

ses qui tendraient à créer de la divi-.

sion ou de l'indifférence das nos rangs. |

Donnons au clergé l’assistance à laquelle: il a droit de s’attendre de notre part.

C'est notre plus urgente obligation.

Tenons-nous invinciblement attachés à nos principes. |

Rehaussous, par exemple, le prestige de nos chambres hautes, par la nomination d'hommes distingués et en état d'exercer de l'influence sur l'opinion.

Nous avons des reproches à nous faire sous ce rapport et des fautes à réparer, Îl est certain que la pro-

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vince de Québec aurait dù être r-présentée, au sénat, par un ministre. [1 ne manque pas d'hommes capables de nous faire honneur &t de défendre nos droits. Et, sans faire ici d’allusion aux changements qui auront lieu dans un temps rapproché, vous ne trouverez pas mauvais sans doute que je mentionne le nom de l’hon. sénateur Trudel, comme l’un de cer x qui ont acquis les meilleurs titres à la confiance, par le travail énergique et lPhabileté qu’il déploie, dans lintérêt de notre province, au sénat de ja Puissance.

Ce qui est vrai, quant à l’importance du sénat, l’est également pour le conseil législatif de Québec.

En ce moment le conseil n’aqu’un ministre dans son sein. C’est une anomalie et une erreur.

N'oublions pas que les chambres hautes sont les vrais remparts du conservatisme, et que toute chose de nature à en amoindrir léclat et l'importance tourne contre nous.

Le sénat a été pour beaucoup dans notre succès à Ottawa : c’est

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lni quia porté les premiers et les plus formidables coups au cabinet McKenzie.

Sans le Conseil Législatif, M.

Joly aurait encore la province de Québec en son pouvoir usurpé.

J'entends, comme vous, les criailleries des radicaux. [ls crient contre ce qui les tient en échec. C’est naturel. Gertes,uous leurs avons trop concédé déjà. N'avons nous pas eu grand tort, par exemple, de consentir à remettre aux tribunaux la décision des élections contestées ? Les immenses inconvénients s’en font sentir aujourd’hui. Leur but était d’atteindre l'influence religieuse et ils ont réussi,

Il s’agit de les empichez: aller plus loin. C’est là votre tâche etelle est noble.

Appuyé sur la sympatie du clergé —la plus grande influence morale du Bas- Canada —vous serez en position de tenir haut le drapeau qui vous est confié, et qui porte dans ses plis les destinées de la seule province catholique de la confédération cana.

dienue.

mn De

Les criailleries,les préjugés : vous ne les redoutez pas, vous y êtes habitué : je ne connais pas d’homme public qui en ait subis plus que vus. Lis ne vous ont pas empêché de faire votre large place dans notre monde politique.

Vous avez eu à en souffrir: la position descatholiques dans ce pays est nécessairement grosse de luttes Consiantes et parfois d’inrustice.

Tous nos chefs ont te fardeau à porter, Ces difficultés à vaincre, ces misères à surmonter Avec l’aide de leurs compatriotes ils renversent les obstacles, à un moment donné.

Appuyez-vous sur votre province.

Vous savez que ce sont les Canadiens-français qui, confiants en votre vaillance, ont exigé votre présence dans l’exécutif.

Soyez certain qu’ils ressentent profondément l’injure qui leur a êté faite, par le manque d’égarüs dont le gouvernement impérial a donné la preuve envers vous, dans la distribution des titres honorifiques.

Vous êtes le principal représen-

— 2 — | tant de la province: la province est, l’une des plus importantes de 1aïlk Puissance, et il n’est ni juste, ni des saine politique que nous soyions!

placé, en quoique ce soit, sur un!

pied d’infériorité vis-à-vis aos pro-\ vinces sœurs.

Ce n’est pas que notre population!

tienne aux titres honorifiques plus qu’il ne le faut et par vanité. Elle # sait que ces.distinctions ne donnent M à un homme ni plus de valeur ni!

plus de talent. Mais nous sommes | de loyaux sujets : et quand la mère. À patrie semble nous traiter avec un !

esprit d’oscracisme, nous nous demandons si notre attachement à la ! foi catholique-romaine constitue un «crime» tel, que nous devions être privés des faveurs et de la bienveil- #4 lance de Sa Majesté. 2.

Notre sang vaut le sang le plus 1 pur de n’importe qu’elle race habi- !

tant l’empire britannique !

Agréez, M. le Ministre, etc.

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