L'HON. M. TURCO?TE
Notre député au Parlement local, a reçu, à la clôture de la dernière session, le témoignage le plus flatteur assurément qu'aucun homme politique puisse envier.
Avant de se séparer, les chefs du Gouvernement et de l'opposition cit tenu à féliciter publiquement l’Hon. M. ‘'urcotte sur !a manière habile, digne et impartiale avec laquelle ii s’est acquitte de la charge si difficile de Président de la Chambre.
Quand on songe au nombre et à l’importance des questions soulevées pendant la dernière session, et soumises à la décision de l’orateur ; ‘quand on se rappelle Ia guerre sauvage faite à l'Hon. M. Turcotte depuis au delà de deux ans, ce témoignage des deux chefs politiques, erdossé par les applaudissements unanimes €t enthousiastes de la Chambre, revêt une importance toute particulière. ;
Il est, en effet, reconnu aujourd’hui que l'Hon. M. Turcotte s’est révélé pendant cette
dernière session surtout, un parlementaire profondément versé dans le droit constitutionel et les règles de la Chambre,
Piusieurs de ces décisions ont été publiées dans les grands journaux anglais, avec les éloges les plus flatteurs. Ilest généralement admis, enfin, que notre Assemblée Législative n’a jamais été présidée avec plus d’habilité, de tacte et d'impartialité.
Cette impartialité ne doit surprendre personne, car elle resulte de l’indépendance, bien connue, de notre député local. On a pu 8e récrier contre cette ndépendance, loisqu'elle se trouvait à froisser certains intérets privés, l'ambition de quelques hommes politiques, mais aujourd’hui que tous les adversaires de M M. Turcotte ont obtenu ce qu'ils désiraient, on treuve bon cette indépendance qui porte à rendre justice à tous indistinctement de partie.
Nous félitons à notre tour, l'Honorable M.
Turcotte sur l: témoignage si flatteur dont il a été l’objet C’est la plus belle et la plus digne vergeange qu'il pouvait tirer de ceux que l'ont si brutalement injurié depus deux ans. Ce doit être aussi la plus belle satisfaction, pour un mandataire, que de voir ses services appréciés aussi bien par ses adversaires que par ses amis.
Nous devons également féliciter l'Hon. M.
Chapleau, sur la*graudeur d'âme avec laquelle il a su oublier toute animosité politique pour reconnaître publiquement, le mérite de l'Hon. M. Turcotte. Un pareil acte de justice et de libéralité, ne peut que lui valoir des admirateurs.
Pour lhouneur de la droite, je dois dire qu’il est tout-à fait faux qu’elle ait applaudi aux paroles du chef du cabinet : au contraire, j'ai
nu D) ne
entendu plus d'une protestation, et certes il y avait de quoi protester.
En prenier’lieu, la condnits ‘de M. Turcvtte ne mérite aucun éloge.
Servile pour le gouvernement Joly, il est ‘également ‘servile ‘pour le gouvernemént Chapleau. Valet.du diahle pour les deux: teile “est ‘son rôle ! Fu second lieu, quel à-propos y avait-il pour M. Chäpleau d'offrir des félicitations à cet homme qu’'hier il appelait Judas Iscariote.?
Fraitre à son passé, à son parti, à ses amis, à ses mandataires, à ses solennels engagements, M.‘Purcotte restera cloué au pilori, en dépit.de la bonne volonté du premier-ministre !
Vous regrettez avec moi,,je n’en doute pas, M.:le ministre, que M.
Chapleau ‘ait compromis sa réputation et son: parti en donnant l’aecolade à ce transfuge, et en glorifiänt ainsi. la désertion la plus infamante dont nos ‘anriales politique: fassent mention. Ses idées de «paix, de.con cilation, etc.,» l’ont jeté dans cette ornière, avec sa branche d’olivier de St-Lin. Au moins à St-Lin il la présentait à un gentilhomme!
De M. Taurier à M. Turcotte la chute est profonde !
Mais quand on est parti sur cette pente on descend très vite sans s'en apercevoir.
Hors des principes, des vrais principes conservateurs-catholiques, pas de salut politique !
peus