V.-M. Hugo
P. S*. Puisque Abel t'a parlé du départ de sa majesté le du.' Decazes, je te révélerai à ce sujet un fait curieux et peu connu. Les journaux ont annon était parti le 10 à quatre heures de i après-midi; la vérité est qu'il est parti avant le jour. Cela tient à ce que Mme la duchesse Decazes avait exigé que son mari se mît en route avant Mm« Crinstot (sœur du duel, qu'elle veut priver des honneurs de l'entrée triomphale à Londres. Mme Crinstot est dans les larmes : c'est elle qui n'a quitté Paris qu'à quatre heures! La discorde s'est introduite, à ce qu'il paraît, dans l'honorable famille, et voilà la guerre allumée.
Je tiens ces détails d'un noblepair, qui les savait de bonne source; tu peux les considérer comme authentiques.
A Adolphe Trebuchet.
Si septembre (8!0
Tous mes amis se plaignent de moi, mon che: Adolphe, je suis, disent-ils, un paresseux, un négligent, un ingrat... Tu sais, toi, que mes loisirs ne répondec pas à mes désirs, et que si j'avais le temps de t'écris chaque fois que j'en ai envie, tu recevrais à Nantes ui. journal quotidien de mes faits et gestes. Cependant, voici venir le moment où nous n'aurons plus besoic d'un froid papier et d'un long intervalle de temps pour nous communiquer nos pensées et nous assurer de l'affection mutuelle qui nous lie.
Hàle, je t'en prie, mon cher ami, ce moment désiré bien ardemment par tes cousins de Paris. Songe que l'ouverture des cours exige que tu sois ici le 1" novembre au plus tard; calcule sur ton amitié pour venir plus tôt. Nous désirons tous tant te voir, t'embrasser!... Prie ton bon père et notre aimable cousine de me pardonner ces sollicitations intéressées, et d'y voir, non de l'égoïsme, mais une bien impatiente et bien viveamitié. Adieu, Adolphe, réponds-moi vite et viens vite. Nous t'embrassons tous cordialement.
Ton cousin et ami.